V Girls – Tome 2

Continuons à mélanger le fantastique, l’histoire et l’espionnage avec le Tome 2 de la série V Girls, L’Armée Cauchemardesque. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé est voulue, assumée et franchement la bienvenue.

Suite aux événements du Tome 1, on en sait un peu plus sur les élémentaires, ces forces destructrices qui prennent possession de jeunes femmes. Hedy Lamar prend les choses en main pour aller aider une jeune starlette qui met le feu aux planches. Enfin, tout du moins aux plateaux de cinéma et au sens propre du terme : Frances Farmer. À l’autre bout du monde, l’élémentaire de la terre se révèle aussi sur un plateau de cinéma. Les quatre éléments sont maintenant réunis et il va falloir faire entrer en jeu les espions pour empêcher Hitler et ses séides du Reich de leur mettre la main dessus.

Jean-Pierre Pécau continue de jouer avec les figures mythiques du Hollywood des années 30 en les utilisant comme personnages pour sa série. Si certaines figures sont évidentes et encore de notoriété publique plus de 80 ans plus tard, il va certainement falloir au lecteur en manque de culture cinématographique de cette période se pencher sérieusement sur son Wikipédia. Pour ma part, j’aime beaucoup cette utilisation détournée de personnages connus, pour leur attribuer des aventures qui, en exagérant à peine, pourraient avoir eu lieu [oui, je sais, les actrices avec des pouvoirs élémentaires, ça n’existe pas!]. C’est la magie d’Hollywood transposée en album B.D : faire se demander si ce qu’on voit, les aventures qu’on suit, a réellement eu lieu… Le cinéma mis à part, Pécau développe encore plus le côté espionnage de sa série, faisant intervenir les différentes agences de plusieurs pays (hormis les U.S.A, d’ailleurs, ce qui est étrange) dans cette course à l’armement. Il revisite également plusieurs faits historiques à sa sauce, en donnant une explication en lien avec son scénario. Même si certains faits sont exagérés, tout tient la route et se lit comme on regarderait un documentaire.

La partie graphique ajoute certainement à cette impression. Jovan Ukropina reste dans la lignée du premier volume avec un dessin à la fois net, fin et efficace. La mise en page s’autorise un peu plus de libertés que dans le premier Tome et permet de donner le rythme à l’histoire sur certaines séquences et de renforcer l’impact d’autres. Le travail d’Hugo Sebastian Facio sur les couleurs est plaisant et bien étalonné, donnant à certaines planches un petit effet “comics” qui leur va bien. Les flash-back, avec leur effet noir et blanc lavé, sont de toute beauté.

L’histoire se densifie, se complexifie sur ce Tome dont le défaut est d’être publié bien après le premier, le lecteur pouvant avoir perdu le fil de l’intrigue. Espérons qu’il ne faudra pas attendre encore un an et demi pour voir le troisième et dernier Tome de la série. Si c’est le cas, je me ferai alors une lecture intégrale pour pouvoir apprécier cette histoire fouillée à sa juste valeur.


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