Star Wars – La Haute République: La Lumière des Jedi

        Star Wars – La Haute République: La Lumière des Jedi

Bonjour et bienvenue à tous ! Aujourd’hui, nous allons faire un tour dans une galaxie lointaine, très lointaine, en revenant sur le roman de Charles Soules, Star Wars – La Haute République – La Lumière des Jedi, paru en France chez Pocket le 25 mars dernier !

         Censé donner le coup d’envoi d’une nouvelle ère qui devrait s’approfondir peu à peu dans les années à venir, l’ouvrage de Soule est donc la pierre angulaire de cette nouvelle période, celle de la Haute République ! Se déroulant  près de deux cents ans avant les événements de Star Wars – La Menace Fantôme, on se retrouve alors à une époque où la Bordure Extérieure de la galaxie n’est pas encore totalement explorée et dans laquelle le voyage en hyperespace n’est pas tout à fait au point (il faut passer par des voies hyperspatiales encore assez peu nombreuses). Alors que la République s’apprête à mettre en place une station spatiale nommée Le Flambeau Stellaire afin d’améliorer ses relations avec les peuples de la Bordure Extérieure, tout en leur offrant plusieurs avantages (des communications améliorées entre les mondes, une découverte des bienfaits culturels de la République, un terrain neutre pour résoudre les conflits, un temple Jedi de proximité, un marché commercial, un centre hospitalier, etc.), un événement tragique va malheureusement survenir.

         Peu de temps avant l’ouverture de la fameuse station, un vaisseau va exploser en plein milieu d’une voie hyperspatiale, entraînant alors une catastrophe en chaîne : tous les débris du vaisseau vont sortir d’hyperespace à différents lieux et moments, fonçant droit sur des systèmes habités et ravageant tout sur leurs passages. La République et les Jedi vont alors tout mettre en œuvre pour assurer la protection des peuples de la Bordure Extérieure et retrouver les débris du vaisseau avant qu’il ne soit trop tard. Cependant, leur enquête va les mener face à une nouvelle menace : les Nihil.

         Charles Soule réussit très bien à nous plonger dans ce nouvel univers et le tome parvient à nous présenter de nouveaux protagonistes, de nouveaux lieux, de nouvelles menaces et une nouvelle situation galactique. En cela, l’ouvrage nous donne vraiment envie de nous plonger dans cette nouvelle ère pour en découvrir encore plus sur cette époque où la paix va bientôt prendre fin. Toutefois, le roman n’est clairement pas sans défaut.

Tout d’abord, je vais passer rapidement sur le défaut inhérent à l’univers de Star Wars : on a encore et toujours l’impression d’être dans une galaxie bien minuscule. Comme c’est bien souvent le cas dans la saga, les auteurs et scénaristes ne peuvent pas s’empêcher de lier des événements et des personnages entre eux, ou de nous présenter encore et toujours les mêmes espèces et les mêmes planètes, donnant l’impression que l’immensité de la galaxie est finalement un peu surfaite. Et ce tome ne déroge pas à la règle. Tous les personnages sont de races connues des amateurs de cet univers, on a donc droit à des Jedi humains, twi’lek, wookie, ithorien, trandoshan, et à des méchants principaux qui sont un humain, un dowutin, une twi’lek et un weequay. Dommage de ne pas avoir pris le risque de créer une nouvelle espèce, quitte à dire qu’elle s’est éteinte avant la Menace Fantôme (ou qu’elle est très peu nombreuse, comme celle de Yoda). De même, bien que le tome nous présente plusieurs nouveaux lieux, les personnages ne peuvent pas s’empêcher de mentionner Mon Calamari sans que ça n’ait de réel intérêt ou bien de passer faire un tour par Naboo à un moment. Pire, ils y vont pour chercher deux nouveaux personnages qui s’avèrent être les ancêtres de Lor San Tekka (le personnage qui apparaissait au début de Star Wars VII et dans la série de comics Poe Dameron). Et force est de constater que ce n’était pas nécessaire, hormis pour faire un clin d’œil putassier (les personnages auraient clairement pu être de nouveaux protagonistes que ça n’aurait rien changé à l’intrigue).

         Pour ce qui est du style d’écriture de Soule, il est assez agréable à lire, mais je trouve personnellement que l’auteur a tendance à s’attarder sur des passages qui n’en méritent pas tant (quitte à presque se répéter par moments d’un paragraphe à l’autre), et à ne pas assez prendre son temps quand il le faudrait. Ce qui illustre le plus ce souci à mes yeux, ce sont clairement les personnages. Soule essaie de nous présenter une galaxie vivante et un Ordre Jedi en pleine expansion. De ce fait, l’auteur fait intervenir un nombre astronomique de personnages, même si la plupart n’ont pas un rôle bien grand à jouer. Ainsi, les trois premiers chapitres du roman nous présentent à tour de rôle plusieurs personnages, tous bien définis, mais qui ne serviront plus à rien dans le reste du livre et qu’on ne reverra même plus. A contrario, à partir du chapitre 4, l’auteur commence à énumérer rapidement et brièvement les différents Jedi de l’Ordre (et acolytes de la République) qui font tous un petit truc de leur côté, mais qui n’auront pas tous la même importance dans le reste du récit. Cela donne une impression de grand groupe très bien mise en avant, mais a aussi tendance à perdre le lecteur par la suite : les personnages principaux sont si rapidement présentés qu’il faut parfois un temps d’adaptation pour se rappeler qui est qui quand on les recroise.

         Au final, le récit va surtout s’intéresser à quatre protagonistes (Avar, Elzar, Loden et Bell) et quatre antagonistes (les quatre chefs des Nihil). Mais plutôt que de centrer l’histoire sur leurs actions, Soule prend le temps de nous présenter une infinité de personnages secondaires et tertiaires, et nous fait vivre leurs actions à travers leurs yeux aussi, donnant une impression de surplus de personnages inutiles. Et l’intrigue en pâti un peu, malheureusement, car hormis pour les huit personnages que j’ai cités plus haut, les autres sont tellement vite abordés qu’on n’a pas le temps de s’attacher à eux, et tous les malheurs qui leur arrivent passent clairement au-dessus de nous (et ce, même quand il s’agit de personnages qui meurent).

         Au final, mon avis est assez mitigé sur ce roman qui semble à cheval entre deux idées : l’envie de nous raconter une nouvelle histoire et le besoin de nous faire découvrir une nouvelle ère qui s’étendra sous divers médias par la suite. L’intrigue de Charles Soule est vraiment sympathique, mais elle est beaucoup trop longue pour ce qu’elle raconte vraiment : sur près de cinq cents pages, on a finalement quatre histoires différentes qui s’entrecroisent, et le sentiment qui m’envahit à la fin de ce tome, c’est qu’il ne s’est finalement pas passé grand-chose d’important. Soule nous a permis de découvrir les nouveaux méchants de cette ère, les nouveaux protagonistes qu’on retrouvera dans les différents romans, comics, séries, etc., mais un peu au détriment de sa propre histoire, qui n’avance pas, justement pour permettre de mettre en avant des personnages qui seront approfondis plus tard et ailleurs. Je reste donc vraiment sur ma faim quand bien même je n’ai pas passé un mauvais moment à lire ce roman. En d’autres termes, à la fin de cette lecture, j’ai l’impression d’avoir vu le pilote d’une série : on m’a présenté plein de nouveaux personnages, plein de lieux, plein d’intrigues secondaires, j’ai passé un très bon moment, mais ce n’est finalement qu’un commencement, une œuvre inachevée, une toute petite partie d’un tout plus grand et dont je ne suis pas près de voir la fin.

         Sur ce, à la semaine prochaine pour une nouvelle review !


 

  • Titre : Star Wars – La Haute République: La Lumière des Jedi
  • Album : 512 pages
  • Éditeur : Pocket
  • Collection : Star Wars – La Haute République
  • LangueFrançais
  • ISBN-13 : 978-2266317894
  • Prix : 9.50€

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