Spider – Tome 2

Spider – Tome 2

Putain! Deux ans! Deux ans entre le Tome 1 et ce Tome 2 de Spider : Wonderland. Je dois avouer que ça a été long, mais que lorsque j’ai vu que Soleil proposait cette suite, je me suis jeté dessus.

On retrouve Charlie, la jeune détective débutante, qui s’est infiltrée dans “la Toile”, le gang qui distribue la Spider. Elle va rapidement gravir les échelons, jusqu’à devenir la protégée (et amante) d’Arachné, le bras droit d’Anansi, chef de la Toile. Le souci, c’est que Charlie commence un peu à oublier qu’elle est flic et devient complètement accro à la Spider. D’ailleurs, comment des araignées peuvent-elles libérer un produit stupéfiant quand on les ingère? Et surtout, surtout, pourquoi est-ce qu’il faut les croquer vivantes??

Cher lecteur arachnophobe, cette dernière phrase devrait t’avoir fait décrocher. Si ce n’est pas le cas, ne va pas plus loin, tu le regretteras…

En effet, Stefano Raffaele nous propose toujours le même dessin sombre, aux frontières de la description malade de l’enfer de Dante. Surtout, il ne nous épargne aucun détail concernant les mutations que cause la Spider sur ses consommateurs. Le pire? C’est que sur certaines pages un peu coquines où Charlie et Arachné s’adonnent aux plaisirs de la chair, il arrive à les rendre sexy malgré ces “effets secondaires”. Le reste du volume est, sinon, dans la droite ligne du premier : écrasant et prenant à souhait, instillant une véritable ambiance à la limite du gothique. Dans sa construction, Raffaele n’hésite d’ailleurs pas à utiliser plusieurs techniques tenant autant de divers styles de narration en B.D que du cinéma. Mention particulière aux dernières cases qui, si elles ont un arrière-goût de série Z, donnent envie d’aller plus loin dans l’histoire.

Au scénario, Christophe Bec et Giles Daoust vont encore un cran au-dessus du Tome1. Si Bec est parfois lourdingue dans ses scenarii, Daoust arrive à bien contrebalancer sa tendance à l’hyperverbalisation en recentrant le récit sur l’action. Du coup, l’intrigue avance assez rapidement et, surtout, on reste scotché à la page en suivant Charlie dans sa descente aux enfers. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de la série : suivre cette jeune flic qui en prend plein la tronche dès le début et qui, pour se racheter, va aller jusqu’à sacrifier sa santé, ses idéaux, mais n’oubliera jamais sa mission. Et si la construction du scénario est résolument d’obédience polar, on glisse de plus en plus vers le fantastique en intégrant à la fois les mutations dues à la Spider, mais également une imagerie vaudou/religieuse vis-à-vis, justement, de cette évolution physique qui atteint les consommateurs.

Si Spider n’est pas un pamphlet contre l’usage de la drogue, il ne donne pas vraiment envie de s’y mettre non plus. L’analogie entre la Spider et les drogues “dures” est facile et évidente, mais ce n’est pas le message principal que j’en ai retenu. J’ai surtout lu un bon polar fantastique, bien écrit et bien dessiné. Dommage que la série s’arrête là.


  • Titre : Spider T2 : Wonderland
  • Album:  56 pages
  • Editeur : Soleil
  • Collection : Fantastique
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 978-2-302-08972-3
  • Prix : 14,95€

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