Rencontres Maléfiques – Tome 1

Rencontres Maléfiques – Tome 1

Le maaaaaaaaaal est sur nous! Beuwère, beuwère… Toi qui entre ici, abandonne toute espérance. Avec une intro Hammer-style [les films, pas MC] et le nom de Mignola sur la couverture, tu dois t’attendre à une resucée d’Hellboy et consorts. Que nenni. Avec Rencontres Maléfiques, Mike Mignola nous propose des aventures qui le sortent un peu de sa zone de confort.

Car oui, il n’y a pas que du méchant monstre d’horreur dans ce volume. Sous-titré Les mésaventures du Professeur J.T Meinhardt et de son assistant Monsieur Knox, nous allons suivre les deux héros dans plusieurs histoires courtes. La première, scénarisée par Mignola, nous propose une relecture du Bal des Vampires, avec un soupçon de Dracula.

Il y a pire comme références, mais la trame du scénario suit pas à pas le schéma d’un mélange de ces deux œuvres. Pour le coup, on aurait pu s’attendre à un peu plus d’inspiration de la part de l’auteur… À son habituel univers horrifique, Mignola ajoute une touche de parodie et de second degré qui rend le récit plus léger, entrant de plain pied dans le registre de la comédie d’horreur. Bon, c’est pas Scary Movie non plus.

Les histoires suivantes sont scénarisées par le dessinateur Warwick Johnson-Cadwell, qui assure donc histoire et dessins. Ça a l’avantage d’assurer, déjà, une cohésion graphique à tout le volume.

La grosse différence entre Johnson-Cadwell et Mignola réside dans le traitement des personnages. On se retrouve avec des personnages traités de façon plus naïve [pas bébête, j’insiste] sur la suite du volume. J-C, par cette touche de naïveté, rend ses scenarii encore plus irréels, encore plus perchés. Meinhardt et Knox semblent constamment dans la lune et on se demande comment ils font pour survivre à leurs rencontres avec les vampires, loup-garous et consorts. Cette opposition entre la thématique et les deux personnages principaux amplifie le côté absurde des histoires.

Au dessin, la naïveté transparait toujours dans les planches de J-C. S’il adapte son style à un univers gothique, il ne s’en éloigne pas vraiment pour autant. Je pense qu’un gros travail a été effectué sur la colorisation, dans des tons plutôt pastel, qui adoucit l’ensemble. Pour le reste, on adhère ou pas au trait de l’artiste, qui se contente d’une mise en pages classique et honnête, servant son propos.

Volume un peu étrange, ce Rencontres Maléfiques. J’aime bien, mais je n’aime pas en même temps. On est sur un mélange de genres assez sympathique sur le concept, mais qui ne prend qu’à moitié. Le côté naïf des personnages est attachant, mais il me manque un petit quelque chose pour les faire devenir cultes. Peut-être aurait-il fallu pousser l’absurdité un peu plus loin? Quoi qu’il en soit, on passe néanmoins un bon moment à la lecture de ce titre.


 

  • Titre : Rencontres Maléfiques
  • Broché : 176 pages
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Contrebande
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 978-2-413-01022-7
  • Prix : 15,95€

HISTOIRE
65%
DESSIN
60%
COLORISATION
70%
CARACTÉRISATION
70%
AMBIANCE GLOBALE
65%

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