Lovely Friend (Zone) – Tome 1 et Tome 2

Lovely Friend (Zone)

 

Lovely Friendzone

Il est l'heure de s'intéresser à un petit manga tout mignon, Lovely Friend (Zone) Tome 1. Ça sent bon les amours adolescentes et l'histoire à l'eau de rose pour midinettes avec tous ces cœurs sur la couverture.

Hacchi est amoureuse de Mizuno, l'une des stars de l'équipe de foot du lycée. Et du vrai foot, qui se joue à 11 avec un ballon rond, ça n'avance à rien, mais ça semblait utile de le préciser.

Hacchi, donc, a un gros crush. Et gros coup de bol, l'une de ses copines sort avec un des potes de Mizuno. Les 4 se retrouvent donc et les présentations sont faites. Pour ne pas se faire démasquer, Hacchi décide de rester naturelle et c'est ce qui séduit Mizuno, une fille qui se comporte de façon spontanée et pas bizarroïde comme tous les membres de ce genre à part qu'il ne comprend pas. En plus, Hacchi s'y connaît en foot [bon, elle connaît Cristiano Ronaldo], ce qui renforce encore la connexion entre les deux. Sauf que si Hacchi voit son béguin se concrétiser de plus en plus en fréquentant Mizuno, lui l'a confinée dans la « friend zone ».

Disons d'abord ce que cette série n'est pas : un manga de foot. Aoi Mamoru nous propose un shojo pur et dur, centré sur les sentiments de Hacchi, pour ce premier volume, du moins. En effet, cette jeune fille qui se voit propulsée en friend zone par le garçon qu'elle aime est touchante. Toujours un peu niaise, certes, c'est un shojo, elle accepte néanmoins ce sort pour être plus proche de Mizuno qu'elle ne l'a jamais été. Mizuno, lui, est toujours un peu ambigu dans sa relation, semblant osciller entre les sentiments sans qu'on ne sache jamais ce qu'il pense vraiment. En ça, la mangaka réussit à maintenir le suspense sur l'évolution de leur relation... Non, je déconne ! On sait tous qu'ils vont finir ensemble. La seule question est de savoir au bout de combien de volumes et quelles sont les épreuves qu'ils vont devoir traverser. Comme dans beaucoup d'histoires, ce n'est pas la destination qui importe, mais le voyage.

Les dessins de la mangaka sont légèrement différents de la production habituelle. Un peu moins lisses et proprets que le standard, c'est surtout sur les visages et l'utilisation des dégradés que Mamoru se démarque. Ses personnages ont le visage plutôt rond avec un menton saillant et alternent entre les yeux bridés et de grands yeux ronds. Ce sont d'ailleurs surtout les yeux de Hacchi qui sont frappants : ils lui prennent la moitié du visage avec des cils qui arrivent sur le front d'une part et au milieu des joues de l'autre. Du coup, on comprend vraiment très bien ses expressions. Niveau mise en page, on est sur du classique, permettant une lecture assez lente de l'histoire, collant bien à l'ambiance proposée par la mangaka.

Si le lecteur [ou la lectrice, qui est plutôt la cible de cette série] est ado/préado, il trouvera ce qu'il est venu chercher : une histoire de premier amour contrarié par cette foutue friend zone. C'est joli, c'est mignon et ça fait le job. Même si on connaît déjà la fin, c'est suffisamment bien amené, en empruntant des chemins finalement pas si courants dans le manga, pour qu'on ait envie de lire la suite.

Déjà le Tome 2 pour Lovely Friend (Zone). Et la question que tout le monde se pose après la révélation de la fin du Tome 1 : Hacchi et Mizuno vont-ils sortir ensemble? La réponse dans Voici/Closer/Gala. Ou en lisant la chronique.

Donc, Hacchi a déclarée à un Mizuno somnolant sur son épaule qu’elle l’aimait. Après une période de doute suivant cette révélation, elle assume finalement ses sentiments : en public! Elle va faire sa déclaration devant tout son lycée. Et tout le reste du Tome va se concentrer sur la réponse que Mizuno veut donner mais qu’Hacchi n’est pas prête à entendre. Les deux héros vont donc jouer au jeu du je t’aime moi non plus, naviguant sur la mince ligne de l’amitié entre une garçon et une fille.

Mamoru Aoi, la mangaka, utilise cette ligne, cette mini-démarcation avec une dextérité effarante. En effet, si le résumé peut s’avérer succinct, tout l’intérêt du manga réside dans cette relation ambiguë entre les protagonistes. Les deux sentiments, amour et amitié, étant profonds et pouvant parfois se confondre, on en vient à se demander si Hacchi sait bien lequel de ces sentiments elle ressent. Aoi, par des situations simples [bon, souvent très japonaises dans leur contexte socio-culturel], mais universelles, arrive à la fois à installer le doute et la certitude dans la tête de ses personnages. Et à accrocher le lecteur. On y croit et ça peut même faire réfléchir sur nos propres amitiés garçon-fille passées! Elle est forte.

Du coup, plongé dans la lecture de cette histoire, on en viendrait à oublier le dessin. Du moins, on pardonne plus facilement les défauts du dessin. On a toujours les mentons pointus et les yeux trop, mais alors trop, grands sur les personnages. Plus quelques soucis de perspective dans l’interaction de ces personnages avec les décors. Le tout est heureusement rattrapé par une mise en page claire et précise, faisant la part belle aux cases silencieuses, sur lesquelles on peut s’attarder pour absorber l’impact des sentiments qu’elles renvoient.

Car Lovely Friend (Zone) parle de ça. De sentiments et de la meilleure façon de les appréhender, les gérer. Alors oui, c’est du Shojo. Du « manga pour filles ». Mais c’est tellement bien écrit, que ça transcende les genres. Pour ma part, j’ai hâte d’être au Tome 3 en juillet prochain.


  • Titre : Lovely Friend (Zone) Tome 1 / Tome 2
  • Album: 192 pages
  • Editeur : Kana
  • Langue : Français
  • ISBN-13: Multiple
  • Prix : 6,85€

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