Goldorak

Goldorak Go !

Si le formidable robot est avant tout une volonté de vendre des jouets par Bandai, il est au final bien plus que ça, véritable épopée intergalactique de 74 épisodes avec une véritable conclusion qui aura certainement su vous tirer des larmes.

74 épisodes, c’est ce qu’il aura fallu à Actarus et son robot pour prendre une place incroyable dans le cœur des français. 3 actes majeurs rondement menés qui auront donné naissance à une bande de fan qui nous ont offert un retour dans cet univers magique dont nous parlerons juste après cette petite introduction.

Pour remettre dans le contexte, deux solutions : soit lire cette petite intro soit basculer et lire le résumé des auteurs, l’un n’empêchant pas l’autre au vu de comment a été pensé l’album. Pour les plus curieux, je vous propose un retour rapide sur les 3 actes qui constituent l’œuvre qu’est Goldorak avant de parler de la BD, je fais traîner le suspense n’est-ce pas !

Goldorak commence donc par un premier acte dans lequel il va se faire une place de choix dans le foyer, que ce soit le vendredi soir lors de ses premières diffusions ou le mercredi pour les rediff, les plus couche-tard auront pu en profiter pendant les longues soirées d’hivers, bref il y en a eu à toute heure et pour tout âge. Un des points forts de cette série et qui a surtout su à mon avis fidéliser le public, du moins ça a fonctionné pour moi, c’est que chaque épisode est indépendant mais forme un tout narratif d’excellente facture. Mes premiers visionnages étaient surtout des épisodes par ci par là avec un schéma identique à tous les épisodes sauf épisode double évidemment, mais en gros chaque épisode nous propose une aventure indépendante clôturée par un duel final, forcément à 7/8 ans la bagarre de robot on l’attend vraiment !

Bref, passons aux choses sérieuses et décortiquons un peu cette série TV !

Premier acte et non des moindres, la découverte du prince caché… Environ 25 épisodes pour la mise en place de l’univers, des héros, des méchants et des enjeux, simple et efficace. Actarus, prince d’Euphor, vit caché sur Terre après avoir du fuir sa planète à la suite de l’invasion de Véga. Tout se passe pour le mieux jusqu’à ce que Véga, avide de conquêtes et basé sur la face cachée de la lune, décide d’envahir la Terre. Action qui va pousser Alcor, un pilote ayant construit lui-même son objet terrestre volant, à défendre la Terre, du moins de tenter. Très vite mis au tapis, Actarus va se révéler et Goldorak va faire son apparition et sa présence va déclencher la suite de la série et une lutte acharnée contre Hydragos et Minos qui nous amènera directement à l’acte deux !

Cet acte deux sera lui, marquant pour la série et notamment pour tous les personnages secondaires qui se verront prendre un peu plus de consistance, notamment avec la création de la patrouille des aigles par le professeur Pycron, quelques intrigues ci et là font monter la tension et le danger autour de nos héros. Le grand Stratéguerre va lui débarquer au plus proche du combat qui va amener un 3eme acte un poil plus faible que les précédents mais une fin inoubliable et parfaitement bien écrite, à la hauteur de ce que Goldorak est.

Malgré le poids des années et quelques défauts manifestes sur la série, c’est toujours un réel plaisir que de tomber ou relancer un épisode ou deux de Goldorak, alors vous vous doutez bien que lorsque l’annonce d’un titre Goldorak au format BD en couleurs avec une équipe créative des plus alléchantes a été annoncé, il n’en fallait pas plus pour me chauffer !

 

Avant de commencer, il faut mettre les choses au clair : Goldorak n’est pas ma génération mais il symbolise pour moi la génération qui a fait ce que je suis.

Si j’ai été biberonné au club Dorothée, c’est surtout grâce à mon oncle que je me suis intéressé à ces « japonaiseries » comme aimaient le dire mes parents.

Mon oncle qui possédait ce Goldorak de 15 cm avec les fulguropoing éjectables et qui rentre parfaitement dans sa soucoupe, ce jouet si extraordinaire à mes yeux, qui lorsque j’ai découvert le dessin animé m’a transporté dans l’imaginaire lointain d’un enfant de 7/8 ans.

Je me rappelle encore mon premier épisode de Goldorak, un soir de repas de famille, la soirée ne pouvait pas mieux se passer, entre Ulysse 31, Albator et Goldorak, j’étais refait !

Le succès du géant de fer a traversé le temps et les âges, tout le monde connaît Goldorak, au moins de nom, les plus courageux seront allés lire les diverses productions pas toujours quali mais qui ont le mérite d’exister, d’autres auront pu regarder la série, mais Goldorak est encore bien présent dans l’imaginaire de tous.

Vous vous doutez bien que c’est avec une certaine impatience que j’attendais ce titre ! Impatience oui, mais confiance également, parce que on ne va pas se mentir, les adaptations ne sont pas toujours réussies, et lorsque l’on s’attaque à des grosses œuvres, il faut soit en avoir rien à faire et sortir un truc pour sortir un truc soit être un ultra méga fan, sans tergiverser je vous lâche les noms de l’équipe qui œuvre sur ce titre, à l’écriture, Xavier Dorison accompagné de Denis Bajram qui va également y mettre son coup de crayon avec Alexis Sentenac et Brice Cossu avec qui nous avions pu échanger lors d’un podcast de l’atelier BD, une équipe de choc, d’amoureux et de fans de Goldorak et pour en être sûr il va vous falloir approximativement 3 pages !

Je vous préviens immédiatement si vous êtes arrivé jusque-là, cette chronique ne sera absolument pas objective mais je vais tâcher de réfréner mes pulsions d’enfant le temps d’un moment.

Clairement je ne vais pas vous mentir, c’est un énorme coup de cœur, c’est la madeleine chaude qui sort du four au goûter quand tu es chez tes grands parents.

Ce titre, sans rentrer dans les détails, se passe plusieurs années après la fin de la série mais là où la chose est extrêmement bien faite, ceux qui ne sont pas à jour, ont droit à un résumé, simple, efficace qui remet tout en contexte et qui se targue même de réussir à embarquer les néophytes sans aucun problème, j’ai réussi à le faire lire à une personne qui ne connaissait que vaguement le nom de Goldorak.

C’est donc là que démarre notre histoire, après toutes ses années de paix, que l’on retrouve nos héros sous le coup d’une nouvelle menace venant de l’espace mais sans Goldorak pour les protéger, très vite l’armée va essayer tant bien que mal de défendre la Terre et surtout le Japon, mais l’ultimatum arrive… Que va-t-il se passer ? Où est le mystérieux robot et la patrouille des aigles qui ont toujours protéger tout le monde ? Bien des mystères qui trouveront réponse dans ce tome en one shot, pour une aventure épique et touchante qui saura se conclure sans tomber dans la facilité ou la bonne morale, les personnages sont bien exploités, le respect de l’œuvre de base est vraiment présent et ça transpire l’amour de l’univers. Extrêmement bien rythmé, il n’y a que peu de répit durant l’histoire mais toujours sans tomber dans le “sur-rythme” qui nous ferait décrocher au moindre temps mort.

Graphiquement que dire… Sublime ? non, Extraordinaire ? Non plus, le mélange à 6 mains se voit mais se marie à la perfection. La partie vaisseau et robot est à tomber, ça fourmille de détails, on ressent l’usure des robots, on imagine les bruits et les rouages, tout revient en tête comme une douce madeleine de Proust, la nostalgie ? Non, plus que ça, les souvenirs qui se ravivent et que l’on embellit encore plus, les personnages à la croisée du manga, du franco-belge et du comics sont juste parfaits !

Parfait oui, mais pas que, sublimé par les couleurs de Yoann Guillo, il arrive grâce à son jeu de couleurs à faire le liant parfait aux trois styles présents dans le titre pour en faire une unité en harmonie parfaite avec l’univers. Un plaisir visuel qui met en valeur chacun des traits présents sur le titre, que ce soit sur un vaisseau ou sur un perso, de l’astéro-hache au bijou, le boulot est monstrueux et l’ensemble est juste merveilleux.

Vous l’aurez compris l’équipe au complet a donné tout ce qu’ils avaient pour rendre hommage à ce titre. Il reflète le côté fun et dynamique pour un titre qui au final n’est pas si fun, avec même un ton plutôt sombre, ils réussissent à trouver l’équilibre parfait, pour ne pas en faire un titre sombre et mystérieux pour un public adulte parce que Goldorak ce n’est pas juste un gros robot de grand, le titre s’adresse à tout le monde petits et grands, fans de Goldorak ou juste curieux, friands de SF ou de robots, chacun y trouvera son compte.

Je pourrais en parler des heures entières, vous décortiquer chaque page tellement tout est respecté à la case prêt, mais je gâcherais le plaisir que j’ai eu moi à la découverte, ce plaisir de retrouver l’émerveillement et la découverte d’un Goldorak comme la première fois, ce robot qui pourfend le ciel aussi vite que la lumière. Fulguro-Point dans ma face en 2021 j’ai à nouveau eu 7/8, mon enfance est revenue le temps de 160 pages, et pour ça, Messieurs, un énorme merci.

 

Quelques photos de l’expo en cours sur paris :

 

Je vous partage également un avis qui est diamétralement opposé au moins mais propose un avis très objectif.


 

  • Titre: Goldorak
  • Broché : 168 pages
  • Éditeur : Kana Classics
  • LangueFrançais
  • ISBN-13 : 9782505078463
  • Prix : 24,90

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