Cemetary Beach

Cemetary Beach

Ne jugez pas un livre en fonction de sa couverture. C’est un peu le cas pour Cemetery Beach. Non mais quelle idée de mettre une couverture comme ça? Surtout qu’en regardant la galerie en fin de volume il y avait bien mieux à se mettre sous la dent! Bref. Ouvrons les pages de ce volume.

Michael Blackburn a été fait prisonnier et se retrouve à poil dans une cellule d’interrogatoire. Mais ce n’est pas n’importe qui, Michael. C’est l’éclaireur de la Terre, venu voir comment ça se passe dans cette colonie au-delà des étoiles, fondée il y a presque un siècle. Il va donc s’évader de sa cellule et libérer Grace, la première autochtone qu’il va croiser en prison. Il lui faut bien un guide sur cette planète qui n’a rien à voir avec la Terre. Le but de Michael sera alors de traverser les différentes enceintes de la ville où il se trouve, en passant par un chemin semé d’embûches, de coups de feu et d’explosions.

Quand on a Warren Ellis aux commandes d’un titre, on sait que, quoi qu’il en soit, qu’on aime ou pas l’histoire, elle sera bien écrite. Et c’est le cas. Les situations, toutes folles qu’elles soient, se tiennent et on s’attache aux deux personnages principaux. Il faut dire qu’Ellis ne leur épargne rien. Leurs péripéties s’enchaînent à une vitesse hallucinante, atteignant le lecteur à l’estomac pour qu’il ne puisse pas décoller la rétine des pages. À se demander comment des lecteurs ont pu lire ce volume au format single. L’action avance à un tel rythme que ce doit être un enfer à lire un chapitre après l’autre.

Pour le reste, Ellis reste fidèle à ses écrits engagés, imaginant en filigrane une société sous le joug d’une classe dirigeante quasi immortelle, utilisant les humains lambda comme pièces de rechange. Coupée du monde qui l’a engendrée, cette civilisation devant s’implanter ou mourir sur cette planète isolée a conçu un système de castes, toutes plus abjectes les unes que les autres.

Michael et Grace  traversent ce monde en mode « touristes de l’enfer », là où ils passent, tout n’est que bruit et fureur.

C’est Jason Howard (récemment vue sur Big Girls) qui met images tout ce bruit et cette fureur. Et on peut dire qu’il y met du cœur. La narration explose autant dans le scénario que dans les cases et la mise en pages. C’est un véritable festival de techniques narratives qui nous est proposé. On suit les héros comme si on y était. Par un dessin à la fois simple et fouillé, utilisant un encrage et une colorimétrie faisant la part belle au noir et aux couleurs froides, Howard impose une vraie patte graphique au titre. C’est une véritable maîtrise du dessin qui nous est proposée.

Mené tambour battant, Cemetery Beach est un titre marathon qui ne laisse pas au lecteur la possibilité de se reposer, d’analyser. J’écris cette chronique à chaud, juste après ma lecture, et je me dis qu’il doit y avoir des choses que j’ai loupé, tellement la lecture m’a pris à la gorge. Assurément un titre à relire.


  • Titre : Cemetary Beach
  • Album: 160 pages
  • Editeur : Urbans Comics
  • Collection : Urban Indies
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 9791026821847
  • Prix : 16€

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