Boulevard des Monstres

J’ai mis très longtemps à lire Boulevard des Monstres. Pas parce que ça ne me tentait pas, mais parce qu’à cause de cette saloperie de Covid, je n’ai pas eu l’occasion de l’acheter lors d’une séance de dédicace, tout simplement. Mais au final, j’ai craqué pour la version numérique [ce qui me laissera l’occasion de prendre la version papier lors de ma prochaine rencontre avec le dessinateur].

Bienvenue à Monstreville où vivent tous les monstres “classiques” : vampire, zombie, loup garou, momie, squelette, etc.  On suit Gina, la pâtissière zombie, mariée à un vampire. Mais à Halloween, des meurtres surviennent, à commencer par la disparition d’un vampire qui s’est fait rôtir. Gina mène l’enquête dans les recoins de Monstreville avec Jasper Pike, sorte de Sherlock Holmes fantôme. Le meurtre de ce vampire va ranimer l’animosité entre vampires et loups garous. En plus, la pleine lune vient mettre son grain de sel là-dessus!

Excusez du peu, mais cet album est scénarisé par Paul Jenkins, bien connu des amateurs de comics, notamment d’horreur, chez Marvel et lauréat d’un Eisner.

Jenkins nous propose une sorte de Croque Monstres Show regroupant tous les monstres classiques. Avec le même esprit que la série animée, d’ailleurs. On a beau côtoyer des vampires, des loups-garous et consorts, on est loin de l’histoire d’horreur, le scénario étant plutôt orienté jeunesse. En vieux briscard, il nous propose une histoire pleine de faux-semblants et mettant à mal la bêtise. Utiliser des monstres en tant que parabole sur le contrôle des populations par la peur est bien vu. Cette alliance des faibles, des rejetés, qui se soulèvent contre l’oppression capitaliste est également très marxiste dans l’esprit.

Je donne une mention particulière à la traduction pleine de jeux de mots, notamment sur les noms.

 

Le trait de Fred Pham Chuong au dessin est simplifié pour correspondre à un public jeunesse. C’est accentué par la colorisation qui est assez linéaire, et renforce cet effet. On retrouve néanmoins le style énergique qui le caractérise dans les scènes d’action. Avec ce look graphique vu dans de nombreux albums jeunesse de la B.D européenne, on ne peut que s’étonner que cette série ait également été publiée aux États-Unis. Et forcément, tant dans la thématique que dans le dessin, on pensera à Zombillénium, duquel Fred réussit à s’éloigner, graphiquement, d’abord, mais surtout par sa mise en page, beaucoup plus dynamique.

 

Avec l’impression d’être dans l’univers de L’étrange Noël de Mr Jack, les monstres n’étant jamais vraiment méchants, cet album est parfait pour initier les plus jeunes à un univers fantastique.

 

 


 

  • Titre: Nuit couleur larme
  • Broché : 116 pages
  • Éditeur : Les Humanoïdes Associés
  • LangueFrançais
  • ISBN-13 : 9782731690811
  • Prix : 14.99€

 

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