La guerre c’est mal.

Mais parfois nécessaire. Du coup, ce n’est pas si mal de se battre pour la paix. C’est cette dichotomie qui est le fil conducteur de Wonder Woman,le film. Car oui, nous n’avons pas affaire à un simple film de super-héros, mais plutôt, et surtout, à un film de guerre.

Wonder Woman, le film, s’intéresse surtout, dans sa seconde partie tout du moins, aux affres de la première guerre mondiale. L’imagerie utilisée est certes celle du super-héros, principalement à cause du costume coloré de l’héroïne, mais ne nous y trompons pas, Diana est une guerrière. Et je la comparerais plus volontiers à Léonidas qu’à Superman. Elle sait, en théorie, ce que signifie accomplir son devoir et fera tout ce qui est nécessaire pour aller au bout. Si je devais le comparer à un film identique, celui qui me vient à l’esprit est Captain America, avec lequel il partage quelques similitudes.

Mais Diana n’est pas dépeinte comme un être sans cœur, bien au contraire. Toute entière dévouée à la cause de la protection de l’Humanité contre Arès, elle a pourtant en elle l’innocence d’un enfant. D’une personne n’ayant jamais été confrontée à la malfaisance et n’en ayant qu’une connaissance théorique. En ça, le film se rapproche grandement de Terre Un, où Diana, Thémyscira et même Hyppolita sont dépeintes de façon similaire. Les séquences se déroulant sur l’île sont d’ailleurs toutes lumineuses et bénéficient d’une photographie renforçant l’image du paradis sur Terre.

À l’inverse, la photographie sur les champs de bataille est beaucoup plus sombre. Lorsque Diana se retrouve dans les tranchées, à contempler les horreurs de la guerre, on sent que pour elle il s’agit d’une injustice. Elle émerge alors, tel un étendard vivant, lumineuse dans son costume, pour prendre la défense des opprimés. C’est aussi là qu’elle se révèle au monde en tant que Wonder Woman pour la première fois. Et ça dépote grave ! Pour le coup on bascule dans Inglorious Basterds quand la demoiselle botte des culs Allemands.

Film de guerre aussi dans les relations qui s’établissent entre Diana et les autres membres du commando de Steve Trevor. Elle n’est pas traitée comme une femme d’il y a un siècle, mais bien comme un camarade de bataille. Ce qui nous amène au propos féministe tant vanté par les autres critiques… Dont je ne parlerai pas, car on est en 2017 et la place de la femme dans la société n’est clairement pas la même qu’au début du vingtième siècle. De plus, le sujet a déjà été traité, pour le coup comme un sujet de fond, dans la série Peggy Carter, Agent du S.H.I.E.L.D.

En parlant de série télé, Wonder Woman est respectueuse de ce qui a été proposé dans la série avec Lynda Carter, toujours dans la mémoire du public. Dans le traitement de Diana prince d’abord, présentée comme la secrétaire de Trevor, vêtue d’un tailleur strict et d’une paire de lunettes [avec un clin d’œil à Superman bien vu]. Si l’on y regarde de plus près, Wonder Woman, dans son aspect humaniste, se rapproche aussi beaucoup de celle incarnée dans la série. La différence principale vient, dans le film, de son obsession pour Hadès, héritage de la période New 52 des comics.

Si l’identité d’Hadès, maître du déguisement, est bien cachée tout au long de l’histoire, je dois avouer avoir été plutôt déçu par le combat final. Il y a un truc qui cloche, Wondy n’hésitant pas à trucider le Général Ludendorff, mais hésitant à tuer le Docteur Poison, voire Hadès dans sa véritable incarnation. Je ne sais pas vous, mais pour moi c’est le point noir du film. Peut-être n’atteint-il pas la dimension épique à laquelle je m’attendais.

Ceci mis à part, le film est un véritable enchantement. Bien amené, bien réalisé et bien joué. Gal Gadot donne vie à Wonder Woman encore plus que dans Batman v Superman, s’appropriant complètement le personnage. Ça laisse présager du meilleur pour la suite du DCU au cinéma.


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