Après les poids lourds, Vestron nous propose la sortie d’un titre un peu plus confidentiel avec Kiss/Vampirella. Ça tombe bien : j’adore Vampirella ! Allez, on enfourche nos guitares, on met l’ampli à fond et on va rock n’roller toute la nuit !

Los Angeles, 1974. Le rock n’a plus la côte. Les groupes de la scène rock disparaissent les uns après les autres et se reconvertissent dans la ballade ou le disco. Sauf une tribu d’irréductibles nanas : Witchkraft. Parmi elles, se trouve une bassiste aux dents longues, notre copine Vampirella qui, comme Bernard Lavilliers, aura fait tous les métiers du monde [si tu n’as pas la référence, lecteur, c’est que tu ne connais pas les Fatals Picards]. Vampi ne semble pas trop préoccupée par ces disparitions, jusqu’à ce qu’elle trouve le nom de son groupe sur une liste détenue par un gros démon cornu.

Dans le même temps, Kiss arrive à L.A pour enregistrer son nouvel album : Hotter Than Hell. Et on le sait tous depuis Prédator 2, il fait chaud à L.A. Par le biais de connaissances communes, du hasard, d’intérêts convergents et de la musique rock, la belle aux longues dents et les rockers aux maquillages affolants vont faire cause commune pour sauver le rock.

Le rock, le rock, le rock. On en parle beaucoup et c’est au centre de l’intrigue. C’est un peu normal pour un groupe comme Kiss, me direz-vous. En mélangeant satanisme et musique rock, le scénario de Christopher Sebela semble donner raison aux bien-pensants de la première heure qui ont toujours décrié ce genre musical. Que nenni ! Les rockeurs, ce sont les gentils. Les méchants, ce sont ces salauds de producteurs qui veulent asservir l’humanité, dans tous les sens du terme, avec leur daube sirupeuse [non, je n’incluerai pas de lien vers un exemple, tu en connais certainement autant que moi].

Si Vampi est toujours dans son rôle de chasseur de démons, l’histoire est un cran en dessous de ce qu’on peut faire avec le personnage. Mais oui, je me rends bien compte que, dans ce volume, c’est surtout Kiss qui est mis en avant, question de droits ou de machins comme ça, je pense. Si j’avais un peu peur de la façon dont les membres du groupe allaient être traités, je dois avouer que Sebela leur rend plutôt justice en les intégrant sans aucune difficulté dans cet univers occulte. On n’en fera pas une horde de guerriers de l’Apocalypse, mais ils s’en tirent honorablement face aux démons.

Graphiquement, les dessins d’Annapaolo Martello se situent dans une certaine moyenne. On n’assistera pas à des riffs de pinceau ou des solos de crayon, mais le dessin est très correct et ne souffre d’aucun défaut majeur. La mise en page reste sobre, appliquant les codes d’une mise en pages standard, alternant les formats de cases et quelques splashs. Il y a juste certaines cases qui, on ne sait pas pourquoi, semblent bâclées, et ça se voit. Ceci mis à part, ni la narration, ni la colorisation, ne posent de difficulté particulière.

C’est un peu dommage que ce comics, qui se voudrait underground, souffre d’une approche un peu trop classique dans sa composition. Si Kiss et Vampirella semblent s’équilibrer, en termes de présence à l’image, quelques aberrations scénaristiques viennent chatouiller le fanboy que je suis. Au final, on se retrouve devant un titre honnête, à réserver aux fans, mais qui ne saura pas attirer durablement le lecteur novice.


  • Titre: Kiss Vampirella
  • Album: 128 pages
  • Editeur : Vestron (24 mai 2019)
  • Collection : Kiss
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-10-95656-06-7
  • Prix : 16,95€

    
HISTOIRE
75%
    
DESSIN
70%
    
COLORISATION
70%
    
CARACTÉRISATION
80%
    
AMBIANCE GLOBALE
80%