Après un Tome un qui m’avait positivement transporté, je me suis précipité sur le Tome 2 de The Wicked + The Divine comme un bédouin sur une oasis dans le désert. Mettant de côté mes [nombreuses] lectures en retard, j’ai attaqué sans attendre.

Lucifer est morte et Laura en est inconsolable. Enfin, presque, car elle pense que ses pouvoirs divins se manifestent et qu’elle est la douzième divinité. Du coup, elle continue à grenouiller autour du Panthéon, qui l’a acceptée bien qu’elle soit toujours humaine, et a un sacré paquet de followers sur Twitter. Mais dans sa recherche du pouvoir divin, elle n’en a pas abandonné l’enquête sur la mort de Lucifer, et en cherchant les motivations des tueurs, elle découvre qu’il serait possible d’absorber le pouvoir des divinités en les tuant : le Gambit de Prométhée. Entre course au pouvoir et enquête, Laura, toujours en relation avec Cassandra, la journaliste, explorera plus en profondeur les relations qui existent au sein du Panthéon, de la lueur de la scène à l’obscurité des bas-fonds.

C’est toujours la même équipe créative qui s’occupe de ce nouveau volume, à savoir Gillen, McKelvie, Wilson et Cowles.

Cette fois-ci, Gillen pousse un peu plus loin l’exploration des origines des divinités en se focalisant énormément sur Ananké, son histoire et ses motivations. Membre du Panthéon, mais néanmoins à part, elle semble tirer les ficelles. On suit également beaucoup Baphomet, dans le rôle du bad boy manquant de confiance en soi et recherché pour le meurtre d’un policier. De nouvelles relations se nouent d’ailleurs entre Laura et lui. Et c’est ces relations avec la “ divinité ”, à savoir la représentation des idoles, qui est explorée dans ce volume. Relation de quasi-dévotion, mais aussi de mimétisme. En cela, Laura est le parfait exemple de ce que les anglophones appellent un “ wannabe ”, celle qui veut être “ à la place de ”.

Les dessins de McKelvie sont toujours aussi précis, aussi léchés. On assiste sur ce volume à des expérimentations dans le découpage des planches, des sens de lecture par forcément linéaires ou des jeux de piste. Il en ressort une expérience de lecture un peu déroutante parfois, mais vraiment originale. Et je dois avouer que sa représentation picturale d’Inanna, façon Prince, est tout simplement magnifique.

Magnifique également, la mise en couleurs de Wilson. C’est éclatant. Un vrai festival de couleurs qui vous accroche la rétine et vous explose le cerveau. Si ce n’était pas aussi beau, on pourrait croire que c’est illicite. Ou alors c’est dû au (long) trip qu’expérimente Laura dans la plus pure tradition des représentations hippies des années 70.

Toujours aussi beau graphiquement, ce second Tome fait avancer grandement l’histoire et nous en apprend plus sur les motivations des membres du Panthéon, mais aussi sur leurs côtés humains qui, justement, se démarquent de leur divinité. Je nuancerais mon propos en précisant que, même si le scénario est touffu et donne beaucoup de réponses, avec tout autant de questions supplémentaires, la lecture m’a moins enthousiasmé que le Tome un. Attaché immédiatement au personnage de Lucifer, je pense que c’est son absence qui me manque. Pourtant, dans un tout autre registre, Inanna et Baphomet arrivent, à eux deux, à la remplacer efficacement.

À lire d’une traite jusqu’à la fin et sa révélation explosive, le Tome deux de WickDiv vous renverra obligatoirement à la lecture du premier, car vous vous apercevrez que vous avez raté des choses. Et c’est là aussi la force de cette série qui, en plus d’une partie graphique époustouflante, propose un scénario à tiroirs, plus complexe qu’on peut le supposer de prime abord.


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