Un homme avec un appareil photo se cache dans l’ombre d’un bâtiment, regardant de l’autre côté, où une belle femme se déshabille. Elle enlève son manteau, elle enlève ses bijoux, elle enlève sa robe, et puis elle enlève sa peau… SA PEAU !!!!

C’est clair, le futur est un endroit vraiment bizarre!

En 2075, les internettes ne sont plus [j’en connais plus d’un qui serait au fond du seau !]. Tout le monde a stocké des informations dans le Cloud, jusqu’à ce qu‘il “éclate” et ruine la vie de chacun. Historique de recherche, conversations enregistrées, courriels privés, messages et tweets – tout a été rendu public et a inversé le monde. Maintenant, la vie privée est un luxe pour tout le monde !

TOUT LE MONDE porte des masques et des déguisements au quotidien et si quelqu’un veut découvrir quelqu’un d’autre, ils embauchent un paparazzi comme Patrick Immelmann, alias PI, pour obtenir des informations.

Une jeune femme appelée Taj McGill embauche PI pour enquêter sur elle-même. PI accepte avec réticence, mais les choses deviennent rapidement compliquées quand Taj est assassinée et que PI se rend compte qu’il est tombé dans un complot terroriste massif.

Raveena (la sœur de Taj) et son fidèle chauffeur, l’adolescente Mel (alias Lady Nunchuk), sont chassées par des assassins internationaux, des conglomérats mondiaux et un maniaque de la navette spatiale. Tout ce petit monde doit donc survivre et arrêter le fou.

The Private Eye, de Brian Vaughan et Marcos Martin, est l’histoire néo-net-apocalyptique la plus divertissante qu’il m’ait été donné de lire. Le récit suit une trame classique : l’enquêteuse blasée, la femme fatale, l’opprimé contre les puissants, un mystère qui mène à un plus grand mystère, des complices impertinents ; mais avec une fraîcheur et une légèreté énormément revigorantes. Ce qui aide également, c’est les coups de crayon de Marcos Martin, mis en couleurs par Munsta Vicente, le rendu est génial ! Très vif et dynamique, j’ai adoré !

Bien que le récit se passe 60 ans dans le futur et qu’il soit donc clairement futuriste [logique imparable], ce n’est pas invraisemblable. Les modèles de véhicules sont différents (en particulier la voiture de Mel), mais ils ne sont pas à un million de kilomètres de ce qui existe actuellement, et il y a encore des magasins sur de grandes avenues. Les changements sont là, mais subtils – personne n’a de téléphone intelligent depuis que l’internet n’existe plus, mais les jeux d’ordinateur sont toujours joués sur des écrans de taille normale, pas en ligne. Bizarrement, la presse a remplacé la police et les bibliothèques sont devenues des forteresses, puisque l’information est la nouvelle monnaie.

Le nouvel ordre mondial, où les déguisements sont de rigueur, est en quelque sorte le reflet des avatars des gens lorsque les internettes existaient, et c’est là où Martin se fait plaisir. Imagination en mode « ON », et on voit débarquer des foules de super-héros, de monstres, de personnages de dessins animés et d’animaux. Ceux qui ne portent pas de costumes sont les “bizarres” – c’est un monde rempli de cosplayers!

Vaughan est en pleine forme sur cette série. Ses personnages sont très bien écrits, son intrigue s’enchaîne à un rythme parfait, avec le mystère qui se déroule par petite bribe au fil de la lectureb parfaitement maîtrisé. Son monde futur et sa société sont convaincants, voire même, fascinants. Même les petits détails sont brillants, comme l’hélico Schwartzenegger, le bureau de PI dans le château Marmont, et l’indice que Rand Paul était un ancien président! J’aime beaucoup le grand-père de PI.

Ce titre est sorti initialement, et uniquement, sur le site de www.panelsyndicate.com, qui est géré par Vaughan, Martin et Vicente. Il a été pensé et conçu pour être lu sur les tablettes, car les pages sont au format paysage. L’autre chose, à propos de The Private Eye, c’est que c’est complètement gratuit! Alors attention, on parle de la VO ! Le prix du titre numérique est à l’appréciation du lecteur, chacun y met la pièce qu’il veut, pour remercier le travail des artistes.

En France, nous avons la chance de le voir arriver chez Urban Comics, dans un format «Urban Strip » du plus bel effet. Un bouquin proposant intégralement l’histoire dans un format paysage, comme l’œuvre originale ! Un grand merci à eux, car ce livre est magnifique !

The Private Eye est une histoire absolument géniale et très originale, que les fans de comics et de crime adoreront. La narration de première classe, l’écriture et l’art rendent The Private Eye un indispensable à ne pas manquer!


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