De prime abord, Tales From the French Comics numéro 1 n’est pas pour les enfants. C’est évident. La couverture annonce la couleur avec du nichon et de la dentelle. Mais ce n’est pas non plus la bête B.D de cul qu’on aurait pu croire.

Jeanne est une bonne à tout faire. Pas pour s’occuper du ménage de votre maison, hein! Pas de nettoyé, balayé, casa toujou’ pimpant avec elle. Ce serait plutôt le style Victor, nettoyeur. Percluse de vices, elle profite de la vie et de toutes les tentations passant à sa portée. Normal pour une ancienne nonne, elle serait bien heureuse que ses maîtres la laissent, libre de faire l’amour et d’aller à la messe. Mais comme il n’y a pas que le cul dans la vie [oui, il y a quand même quelques pages où elle se ballade à poil] il va bien falloir reprendre le boulot.

La couverture n’est pas mensongère et l’intérieur nous offre ce que promet le visuel : un pulp à l’ancienne qui ne s’embarrasse pas de fioritures. En 30 petites pages, Jérémy Bouquin [auteur de Le Privé] arrive à nous servir une histoire glauque et sans chichis. Que ce soit avec le personnage principal nonne défroquée, alcoolo, camée, hyper violente et lesbienne, servant d’exécutrice des basses œuvres à un évêque queutard, limite mafioso. C’est surtout l’Église qui en prend pour son grade dans ce comic. En effet, on sent la critique de ce que la croyance a fait de la religion, par le biais des poncifs [et pas pontifes] habituels : le rejet du suicide ou les pulsions sexuelles des serviteurs de Dieu, entre autres. Le truc qui me gêne dans ce comic, ce n’est pas la thématique : je pars du principe qu’aucun sujet n’est tabou. Non, c’est la fin, abrupte. La dernière case donne l’impression qu’il manque un bout d’histoire au numéro, mais également que ce long développement amène une suite. Jérémy nous construit peut-être une des histoires à tiroir dont il a le secret ? Ce doit être le cas, le numéro 2 étant manquant dans la collection, pour passer directement au numéro 3, débutant apparemment une nouvelle histoire.

Maurice Antesse s’occupe de la partie graphique. Le dessin est bien ancré dans le style recherché, un peu crade, mélange de crayonnés et d’encrage approximatif, faisant bien ressortir le côté sombre des personnages. Selon l’ambiance, les protagonistes, le trait change, devenant plus lissé dans l’antichambre de l’évêque, pour redevenir « sale » lors de la présentation des perversions du personnage. On note toutefois un certain immobilisme dans certaines des poses des personnages, notamment l’évêque [c’est moi ou on dirait Pascal Pelletier, le boss de Galaxie Comics?] dont l’âge ne transparaît pas dans le dessin. Mis à part ce petit bémol, l’effet « comics des années 50/60 » fonctionne à la perfection.

Après m’avoir fait de l’œil depuis quelques mois, je ne regrette pas d’avoir pu mettre la main sur ce comic. Mon avis restera toutefois mitigé, car je m’attendais à quelque chose d’un peu plus enlevé. Sans être ni un chef d’œuvre, ni une daube, il a le mérite de proposer quelque chose de différent, ou du moins, d’intemporel.


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