Au fond du trou, personne ne vous entend crier. Il faut espérer que ce ne soit pas le cas pour les protagonistes de Sunlight, l’un des titres de la première vague de la collection Flesh & Bones [encore?! Allez-vous me dire]

Caro, Kévin et Eva sont trois amis passionnés de plongée extrême. Alors, quand ils tombent sur la carte d’une mine désaffectée totalement inondée, ils n’ont plus qu’une seule idée en tête : se faire une plongée à haut risque. Une fois sur place, ils chutent malencontreusement dans un puits de mine, à quarante mètres de profondeur. Le problème? Personne ne sait où ils sont. Ça va être à eux de trouver comment s’en sortir.

L’histoire peut sembler un classique du scénario d’horreur, mais Christophe Bec ne tombe pas dans ce travers. Pas de monstre ou de magie, juste une plongée dans la tête des protagonistes. L’horreur réside uniquement dans leur situation précaire au fond de ce trou boueux et dans la façon dont ils vont devoir se battre pour en sortir.

Ça, c’est pour l’histoire à proprement dite. Derrière, sous-jacent, est un pamphlet pour le droit des femmes et le droit de choisir sa propre mort. C’est également un coup de gueule. Sans trop vous en révéler [j’espère que ce n’est pas trop tard], Bec livre un témoignage poignant allant bien au-delà de ce que l’on pouvait attendre de cette B.D.

Les dessins de Bernard Khattou illustrent, tout en noirceur, ce drame psychologique en un noir et blanc adapté. À noter la remarquable utilisation des effets de perspective faisant ressentir au lecteur la hauteur du puits de mine et l’impossibilité pour les héros de s’en échapper.

Beau volume que ce Sunlight, qui change un peu du bestiaire habituel de la collection. Sans horreur, sans monstres (autres que certains humains), c’est une belle lecture qui nous est proposée.