L’avantage de grenouiller dans tous les salons, c’est qu’on peut tomber sur des comics dont on n’avait pas forcément entendu parler. Si vous suivez la page Facebook de Chroniques Comics, vous savez déjà que c’est lors du salon SoBD 2015 que j’ai trouvé Stringer.

Un Stringer, qu’est-ce que c’est? Rien à voir avec un fétichiste des sous-vêtements féminins. Il s’agit d’un reporter free-lance officiant principalement la nuit et traquant les infos/images chocs. Et ce comics nous fait suivre l’un de ces vautours, euh, professionnels.

Se mêlent dans cette histoire la recherche de l‘info-choc, effectivement, mais également une critique acerbe de ce mode de recherche de l’information. Ou son apologie. A vous de décider. Car le scénario ne tranche pas vraiment, du moins dans ce premier numéro. On suit un stringer dans ses virées nocturnes, sur fond d’attaques de groupuscules extrémistes et de recherche d’une femme mystérieuse. Stringer_S02P13dC’est noir.
Si le scénario de Yvon ne s’attarde pas trop sur la psychologie du protagoniste principal, certains protagonistes secondaires semblent un peu plus développés. Même si tous les personnages de ce comics soulèvent plus de questions qu’ils n’apportent de réponse.

Au dessin, la première chose qui marque est la mise en page du comics, qui se lit à l’horizontale, les planches étant découpées en strips. Comme me l’a indiqué le dessinateur, c’est pour respecter le format de publication original sur internet. Si c’est légèrement dérangeant au début, l’immersion dans le titre le fait vite oublier.

 

Les dessins de Névil sont simples et sombres à la fois, restituant plutôt bien l’ambiance urbaine du comics. C’est d’ailleurs dans les décors urbains, plus que dans les personnages eux-mêmes, que le dessinateur excelle. Les visages ne sont pas forcément réussis et le “héros”, Lucas, est le sosie de Vincent Cassel, ce qui renforce l’effet filmographique du titre.
J’accorderais une mention spéciale à la mise en couleurs, froide et sobre, qui contribue énormément à l’ambiance.

Acheté et lu dans un but de découverte d’une production Française alternative, Stringer se révèle être beaucoup plus intéressant qu’il ne m’avait semblé de prime abord. L’histoire est bien menée, et le fait de ne pas trop la développer rend le titre accrocheur. Le dessin porte la narration avec brio et on arrive rapidement à la fin du numéro sans s’être ennuyé et impatient de lire la suite. D’ailleurs cette suite est déjà sortie et disponible à la vente sur le site Azote Comics pour un numéro 2. Et le numéro 3 est en cours de production.

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