spidey-octo-01L’avantage des éditions, rééditions et ré-rééditions de Panini, c’est qu’on peut facilement trouver un comics qu’on n’avait pas acheté au moment de sa sortie, et pour pas cher en plus. C’est le cas pour ce Spider-Man – Docteur Octopus : Année Un, trouvé sous le label Marvel Collector.

Comme tout bon récit estampillé Année Un qui se respecte, ce volume nous narre les origines du Docteur Octopus.

spidey-octo-03Otto Octavius est un enfant surdoué, mais sujet à l’embonpoint et porteur de lunettes. Nous n’éviterons donc pas le lieu commun du génie infantile incompris victime de violences scolaires. Couvé par une mère surprotectrice, sa vie familiale n’est guère meilleure, la faute à un père violent, toujours prompt à dégainer sa ceinture. La vie avançant, Otto réussit ses études, mais même à l’université il est chahuté par les autres étudiants, tout comme un certain Peter Parker que nous connaissons bien. Tout change pour lui lorsque son génie est enfin reconnu et que le gouvernement l’autorise à travailler sur du matériel radioactif.

spidey-octo-02Atteint d’un complexe de supériorité et dédaigneux envers ses collègues, Otto met au point des tentacules qu’il contrôle grâce à son influx nerveux. Du moins jusqu’à ce qu’un accident les lie à son anatomie. Doté de quatre membres supplémentaires, il perd définitivement la raison et devient obsédé par la radioactivité. Jusqu’à ce qu’il rencontre un certain Spider-Man.

Zeb Wells nous livre une histoire intelligemment construite, faisant la part belle à l’homme derrière le super-vilain. Les traumatismes de l’enfance subis par Otto dirigent ainsi sa vie, tout au long de son passage vers l’age adulte. La relation qu’il dépeint avec son père violent et sa mère surprotectrice reste classique dans ce genre d’exercice et se rapproche du complexe d’œdipe, entraînant son refus de toute relation charnelle avec une femme. Tout comme le syndrome du génie incompris et paranoïaque qui se croit jalousé par ses pairs. Ou du moins ses professeurs, qui se retrouvent finalement inférieurs à lui.

spidey-octo-05Là où le scénario prend une autre dimension, c’est lorsque Wells plonge plus profondément dans la psyché de son (anti-) héros pour en sortir ses obsessions. Obsession du contrôle, d’abord, due certainement à ce complexe de supériorité cité plus haut. Mais également cette obsession pour la radioactivité qui se transformera en obsession pour Spider-Man, son “frère” au sang radioactif. C’est à un duel de cerveaux plus qu’à une bataille sur le plan physique à laquelle nous assistons entre ces deux hommes. Et d’ailleurs, si Spider-Man avait été moins intelligent, Octavius se serait certainement beaucoup moins focalisé sur lui. C’est la compétition intellectuelle qui le motive.

spidey-octo-04Aux dessins, Kaare Andrews ne démérite pas et nous livre des planches faisant un usage immodéré du noir et des ombrages. Cela permet d’induire une certaine dramaturgie au volume, de faire régner une ambiance oppressante par moment. Les moments les plus forts émotionnellement pour Octavius sont ainsi sublimés et permettent une immersion totale dans l’histoire. Si les scènes de combat ne sont pas inoubliables, malgré des personnages centraux qui crèvent la case, celles qui se concentrent sur l’homme sont prenantes. Les détails des dessins, l’encrage profond et la colorisation de José Villarrubia donnent un résultat tout simplement bluffant.

Sorti en même temps que le film Spider-Man 2 de Sam Raimi, ce comic présente forcément beaucoup de similitudes avec la pellicule, tant dans l’histoire que dans le design du personnage : on reconnaît Alfred Molina sans aucun problème. Même si le film était bon, c’est dans ses différences que le comic prend son essor pour nous livrer un récit poignant et vraiment intéressant.

Une très bonne surprise, donc, que ce volume.

 


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