La série des « Sept » fonctionne comme une série télé, décomposée en saisons. Avec Sept Macchabées, nous arrivons au 21éme Tome de la série, soit le 7ème de la troisième saison. Oui, cette série nous fait aussi réviser la table de sept, et nos classique rock par la même occasion !

Au début du vingtième siècle, avant que le monde entier ne se mette des bourre-pifs pour la première fois, les Britanniques et les Germaniques se tirent la bourre pour savoir qui est le plus fort. Afin d’asseoir leur domination sur le monde, il ne leur reste plus qu’une conquête à accomplir, celle de l’Antarctique. Pour finir premiers, les Britanniques vont utiliser la technique inventée par Frankenstein pour donner la vie à sa créature. En secret, ils réunissent une expédition composée de sept explorateurs récemment décédés, réunissant les compétences nécessaires pour accomplir l’exploit. Les sept macchabées du titre vont se lancer dans l’aventure.

Encore des morts-vivants… Décidément, le thème devient universel et est cuisiné à toutes les sauces. Bon, soyons honnêtes, nous ne sommes pas ici dans la bête histoire de zombies. Les hommes revenus à la vie gardent toute leur lucidité, leurs facultés et le caractère qu’ils avaient dans leur première vie. Henri Meunier a une approche réaliste des faits, quasi médicale. Non seulement ses personnages sont affinés dans leur caractérisation psychologique, mais en plus il prend en compte les effets physiques de leur résurrection. Pas évident pour un scénariste de faire interagir sept personnages de façon cohérente, tout en ménageant sa place à chacun. Et pourtant, Meunier y parvient sans mal, sans jamais caricaturer leurs réactions. Si on rajoute à cela les quelques petits twists qu’il a disséminés tout au long du récit, hommage à Mary Shelley en tête, tout en s’appuyant sur des faits et des personnages historiques, on se rapproche du sans-faute.

Les dessins de Étienne Le Roux, colorisés par Thierry Leprévost, sont à la hauteur de l’histoire. On passe sans difficulté d’une ambiance gothique à la campagne anglaise, de l’immensité de l’océan à l’aridité des plaines glacées de l’Antarctique. Paradoxalement, c’est d’ailleurs dans la mise en images de l’Antarctique que les pages sont les plus belles. La description de la désolation du continent, tout comme la mise en couleurs des différentes teintes de blanc, instillent une atmosphère unique à l’album.

À ne surtout pas confondre avec une banale histoire de morts-vivants, Sept Macchabées est avant tout une aventure humaine, où ces hommes vont aller jusqu’au bout d’eux-mêmes, dans cette deuxième vie qui leur est offerte. Sous-jacents, se posent aussi les questions d’éthique et de morale que le procédé employé peut soulever. Cet album prouve, une fois de plus, que la série des Sept est de grande qualité et mérite sa place dans votre bibliothèque.


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