Il est de bon ton de taper sur Marvel pour ses multiples “reboot” et “events” qui fleurissent en permanence dans le paysage des comics. Le dernier event en date, Secret Wars, n’est pas fini qu’arrivent déjà les All-New All-Different… Mais Secret Wars, outre son titre accrocheur et nostalgique pour tous ceux qui ont suivi l’original, c’est plusieurs mini-séries interdépendantes, mais néanmoins accessibles par elles-mêmes. Et autant on a assisté à des horreurs avec certaines séries (que je ne citerai pas, non, n’insistez pas), autant on a pu toucher une certaine grâce avec d’autres.

SIEGE2015001-Robinson-64e36-e93ed

Parmi celles-ci, une m’a plus marqué que les autres. Il s’agit de Siege, série en quatre numéros, écrite par Kieron Gillen et illustrée par Filipe Andrade et d’autres artistes invités pour de superbes doubles splash-pages.

Sur Battleworld, le monde créé par Fatalis à partir de morceaux épars de Terres de plusieurs réalités, les Domaines du Nord sont protégés des Deadlands, les Terres du Sud, par un mur ceinturant la planète. Ce mur, The Shield en V.O en référence à l’agence de protection planétaire, est le seul rempart contre les forces zombies (Marvel Zombies) et d’Ultron (Age of Ultron). À la tête de ces troupes, Abigail Brand, secondée par Kang le Conquérant, mène la bataille pour assurer la sauvegarde de Battleworld.

Dit comme ça, ça semble un peu fouillis, alors que c’est en fait très simple.

Pour tout avouer, les personnages d’Abigail Brand et de Kang ne faisaient pas partie de mes préférés. Elle, se la jouait un peu trop Nick Fury (le vrai), mais sans le charisme, et lui était un perdant imbuvable mû par un ego insupportable. Bon, pour ceux qui aiment ces personnages, leurs traits de caractère sont conservés, ne vous en faites pas. Mais c’est la façon dont ils sont traités par Gillen qui leur apporte un soupçon d’humanité de plus. Qui en fait des héros attachants alors, qu’à la base, on a envie de leur mettre des claques.

D’ailleurs, Abigail Brand a eu, dans la série, pour mentor Nick Fury qui lui prodiguait ses conseils pour être un bon chef, surtout dans des circonstances aussi difficiles. Et le personnage de Brand y arrive, motivant ses troupes par son charisme et sa pugnacité face à une bataille perdue d’avance.

siege-2

Ce titre me fait penser à un western de Sam Pekinpah. On a l’impression de se trouver devant La Horde Sauvage lors des séquences d’attaque sur le mur ; ou encore d’être témoin du siège de Fort Alamo pour le côté héros retranchés cherchant à survivre. Le scénario suit, forcément, l’avancée de l’histoire principale de Secret Wars, mais a une force qui vous scotche à votre comics.

Les dessins oscillent entre le sale, dans la description de cette unité composée de héros bannis des autres domaines et condamnés au mur, et le superbe dans des doubles splash-pages restituant l’intensité de la bataille et de la conviction de ses protagonistes. Andrade ne livre pas un travail magnifique, dans le sens où son dessin n’est ni net, ni “beau” au sens conventionnel du terme. Néanmoins, l’énergie qu’il y insuffle et la façon dont il l’adapte au propos le rend parfaitement cohérent avec l’histoire.

Alors non, je ne connaissais pas le “Siege” original. Je n’avais jamais particulièrement suivi le travail des auteurs. Et sans avoir lu l’intégralité de Secret Wars 2015, de tout ce que j’ai pu néanmoins en voir, cette série se démarque par son parti-pris nihiliste, inéluctable, mais pas dénué d’espoir. Ce n’est pas la série qui sera la plus médiatisée ou la plus vendue, ce qui a certainement permis de laisser plus de liberté à l’équipe créative et d’aboutir à ce résultat. Ça me donne également de l’espoir, car c’est la preuve que Marvel peut parfois s’affranchir de ses propres diktats, et livrer une œuvre sortant des sentiers battus.

Siege sera publié en France par Panini à partir de Janvier 2016 dans Secret Wars : Marvel Zombies.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inline
Inline