Que ce soit à la télé, au ciné ou en comics, on nous a assez rabattu les oreilles avec des histoires de vampires pour être certains qu’ils sont imprégnés dans l’inconscient collectif pour un bail. Qu’est-ce qu’une nouvelle série sur le sujet pourrait apporter? A voir, avec un titre comme Redneck, ou l’histoire bien comme il faut d’une famille de vampires de l’ouest des États-Unis.

La famille Bowman s’est installée à Sulphur Springs, dans l’Est du Texas, autant dire le trou du cul du monde. Ils vivent tranquillement entre leurs vaches et leur grilladerie, sans jamais se faire remarquer. Malgré tout, la famille Landry, dont le dernier membre est le pasteur du coin, leur voue une haine féroce. Il faut dire que leur inimitié remonte à loin et que les Landry sont les seuls à savoir que les Bowman sont des vampires. Même si ce sont des vampires rangés qui ne se nourrissent que de sang de vache, au grand dam du grand-père Bowman, d’ailleurs. Le seul hic, c’est qu’un soir ça va mal tourner après une virée en ville et que le plus jeune des Bowman, Slap, va être retrouvé pendu en plein soleil suite à l’attaque du révérend Landry. Les deux côtés vont péter les plombs et la guerre est déclarée à Sulphur Springs.

Les Redneck, c’est les culs-terreux. Les bouseux. Les habitants de l’Amérique profonde, attachés à un style de vie où la loi du far-west n’arrive pas qu’au cinéma. Généralement ils règlent leurs affaires entre eux. Du coup, ça rend crédible le scénario de Donny Cates où une famille de vampires a réussi à se faire oublier en faisant profil bas. Malheureusement, si les habitants du coin décident, en bons rednecks, de se farcir les vampires, ils ont oublié que les dits vampires ont la dent dure et que ce sont, eux-aussi, des rednecks. Alors non, ça ne fait pas dans la dentelle, et ça tire dans tous les sens, ce qui est étrange, d’ailleurs : les vampires sont plus prompts à régler leurs différends à coups de fusil qu’à coups de quenottes.

Les planches de Lisandro Estherren sont chargées de dessins où les personnages ont un design simple, légèrement caricatural, mais effrayant lorsqu’ils passent en mode “tuerie de masse”. Que ce soient les humains où les vampires, d’ailleurs. L’encrage est marqué (normal, la plupart des séquences se déroulant de nuit) et les couleurs de Dee Cunniffe donnent un air irréel à certaines scènes. Pour le reste, l’agencement des planches est dynamique et prolonge les twists scénaristiques de Cates.

Un bon petit comics de série Z que ce Tome 1 de Redneck. La lecture en est agréable et on a l’impression de se retrouver plongé au cœur de l’Amérique de Tobe Hooper [forcément, dans Massacre à la Tronçonneuse]. Même si j’aurais aimé un peu plus de folie ou de pétage de plombs, le titre tient ses promesses et mérite le détour.


  • Titre : Redneck – Tome 1
  • Album: 144 pages
  • Editeur : Delcourt (4 avril 2018)
  • Collection : DEL.CONTREBANDE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2413007024
  • ISBN-13: 978-2413007029

    
HISTOIRE
75%
   
DESSIN
80%
    
COLORISATION
80%
    
CARACTÉRISATION
80%
    
AMBIANCE GLOBALE
85%


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