Un épisode inédit de Photonik… En lisant ces lignes, le (vieux) lecteur que je suis a eu l’impression de retrouver l’excitation d’aller chez son buraliste tous les mois chercher son Spidey, voire son Mustang.

Pour recadrer, Photonik fait partie de la première vague de Sup’Héros à la Française initiée par les Éditions Lug en 1980 lors de la parution du numéro 54 du magazine Mustang. Parmi ces nouveaux héros figuraient également Ozark et le groupe composé par Mikros, Saltarella et Big Crab.

PHOTONIK

Photonik, créé par Ciro Tota, est l’histoire d’un pauvre bossu, laborantin de son état, qui gagne des pouvoirs basés sur la lumière et un corps de compétition, suite à l’explosion d’un appareil scientifique. Accompagné du Dr Ziegel, un télépathe relativement âgé, pendant du Professeur Xavier des X-Men, et de Tom Pouce, un jeune garçon un peu acrobate (Robin?), il va combattre toutes sortes d’ennemis, à commencer par le Minotaure, un extra-terrestre.

Les Éditions Black & White ont eu la bonne idée de republier l’intégrale des aventures de Photonik sous la forme de deux volumes luxueux entièrement en noir et blanc. Cet volume, lui, est également publié en noir et blanc, mais au format comics français avec couverture cartonnée rigide. Il existe d’ailleurs deux versions de la couverture, un croquis par Tota, et le même croquis mis en couleur par Laurent Lefeuvre (celle que j’ai choisi).

Cette histoire inédite avait été dessinée pour être publiée en 1987 et être le cinquante-deuxième épisode des aventures de l’homme lumière. Soit, il y a 28 ans. Et une chose m’a frappée, c’est que depuis tout ce temps le trait de Tota n’a pas vieilli. Même le découpage ne souffre pas de décalage temporel. Cet épisode aurait tout aussi bien pu être dessiné en 2015 pour présenter une histoire se déroulant dans les années 80. Peu attiré par l’exploitation en noir et blanc de la série, je dois cependant avouer que le résultat est saisissant. Le trait est fin, clair, et sublimé par ces planches épurées.

Le scénario est dans la veine des précédents arcs de Photonik avec des thèmes chers à l’auteur et récurrents, comme l’acceptation sociale, le développement urbain incontrôlé et la sauvegarde de la nature. Le nouvel ennemi introduit dans cet épisode, le Shaman, le fameux Dernier des Sagamores donnant son titre à l’épisode, n’est d’ailleurs pas un vilain au sens classique, mais plus un homme prêt à tout pour faire entendre ses idées. La thématique reste d’actualité, surtout en ces temps troublés.

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La fin de ce numéro appelle une suite, et les éditions Black & White ont déjà annoncé un Tome 3 de l’intégrale de Photonik, qui contiendra cette histoire, avec des dessins retouchés. Ce comics de très bonne facture et en édition “collector” souffre néanmoins d’un prix un peu élevé à mon goût (7€ + 3,50€ de frais de port). La cible est clairement les fans de Photonik, et pour eux, dont je suis, il s’agit d’un indispensable, en attendant une hypothétique relance de la série à un rythme régulier.

Catégories : Reviews VF

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