paper-girls-tome-1-41502-270x416De prime abord, Paper Girls n’est pas le genre de titre qui me fasse rêver. En le voyant, je me suis demandé s’il s’agissait d’un hybride de Paperboy et Jem. L’un comme l’autre, c’était un retour vers les années 80. Eh bien, figurez-vous que, loin d’être un mélange de jeu vidéo et de dessin animé, Paper Girls est néanmoins un retour vers les années 80 !

Ce titre nous replonge dans les années Reagan des U.S.A. On suit quatre livreuses de journaux qui, au lendemain d’Halloween, se regroupent pour éviter d’être prises à partie par tous les ados boutonneux et pervers de leur bled paumé. Las ! Elles vont rencontrer trois ninjas fantômes qui vont bouleverser leur existence. Loin d’être déguisés, ces trois êtres vont changer le monde et la perception qu’elles en ont. Elles atterrissent donc dans une sorte de dimension parallèle où semble se dérouler une guerre entre les trois êtres et des chevaliers montés sur des ptérodactyles. La routine habituelle, quoi ! Il va leur falloir survivre dans ce monde étrange et également tenter de comprendre ce qu’il se passe.

paper-girls-6-panel-2Brian K. Vaughan nous livre une histoire qui aurait très bien pu être le point de départ d’un épisode de The Twilight Zone. Ou d’un roman de Stephen King. Ces 4F [quatre Filles] confrontées à l’inconnu, des extra-terrestres ou des monstres, sans savoir le pourquoi du comment, ça rentre pile-poil dans le thème. Le mystère réside d’ailleurs toujours à la fin de ce Tome. On ne sait pas exactement ce qu’il s’est produit, même si plusieurs informations sont distillées tout au long de la lecture. Sur ce point, l’écriture est intelligente, mais on n’en doutait pas, le bonhomme sait ce qu’il fait.

Là où ça me chiffonne un peu, c’est sur la simplification de la caractérisation des personnages principaux. Les 4F sont chacune l’archétype de personnages déjà vus, de la forte en gueule cachant un malaise, à la naïve qui se révèle être la véritable héroïne. J’aurais aimé un peu plus d’innovation. Mais c’est justement le talent de Vaughan qui fait que la pilule passe sans jamais coincer.

18848023-_sx540_-pngLe fait d’avoir également situé l’action dans les années 80 permet de se distancier un peu par rapport à l’action. Que ce soit dans des comics comme 1985 ou la série Stranger Things, on voit avec le recul que cette période semble être propice à tous les fantasmes. Est-ce du à l’age des auteurs et une certaine nostalgie de ces années ?

Au dessin, c’est Cliff Chiang qui s’y colle ! Par un dessin simple (simpliste?) il impose sa vision de l’histoire. Les décors sont minimalistes et mettent en avant les personnages et l’action au centre de chaque case. C’est aussi une façon d’instiller une ambiance par l’utilisation d’une palette de couleurs peu fréquente.

paper-girls-these-guysDans la représentation graphique, on sent une fois de plus un effet Stranger Things, même si le comic est sorti avant. En poussant plus loin, c’est une autre influence qui se dégage, celle de Moebius. Comment ne pas penser à Arzach en voyant ces chevaliers futuristes jugés sur des dinosaures volants ? Là encore, ces influences proviennent tout droit des années 80 et renforcent l’immersion du lecteur.

C’est donc un beau voyage dans le temps que nous propose ce titre. Mais également une histoire de science-fiction et une aventure humaine. Au point que, une fois ce Tome un terminé, il tarde de pouvoir lire la suite. Comme quoi, les a-priori ont parfois tendance à nous bloquer, et si je les avais suivi, c’est une lecture agréable et un bon titre qui m’auraient échappé.


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