P.T.S.D, 4 lettres, une grosse baffe dans ta face !

 

 

Ça va être vraiment très difficile pour moi de vous parler de ce titre tout en étant à la hauteur de ce que je viens de vivre. Parce que oui clairement cette lecture est une leçon de vie.

Tout comme lors de ma découverte de I Kill Giant, PTSD est un nouveau point de référence, très clairement parce qu’à titre personnel l’écriture de Guillaume Singelin, qui officie aussi au dessin, est parfaitement maîtrisée. Tout est à juste mesure.

Croyez-moi vous ne sortirez pas indifférent de cette lecture.

PTSD, c’est l’histoire de Jun ancien Soldat, qui rentre à la « maison » comme on aime à le croire. Sauf qu’à la maison, pas grand-chose les attend. On a vu des millions de films, de séries sur ce sujet, toujours traité de la même façon, mais là ! Waw ! Jun prend la dure réalité de la vie de plein fouet. Sans abri, elle doit survivre dans une nouvelle guerre, une guerre face à un ennemi qui la connaît mieux que personne. Très vite, on rentre dans le vif du sujet, entre sans abris, gang, contrôle de territoire, drogue, violence et arme à feu, l’espoir existe, il suffit simplement de ne pas s’y fermer, mais Jun y parviendra-t-elle ?

 

Comme je vous le disais, le récit est délivré si naturellement, que dès les premières pages, on se sent happé dans l’univers.On suit Jun, mais de la même manière que si on était à ses côtés. On pourrait presque lui poser la main sur l’épaule pour lui dire, « je comprends, je suis là » ! Parce que oui PTSD, parle de la guerre, du retour de guerre, mais pas que. Tout au long de la lecture j’ai retrouvé des situations qui, pour une raison ou une autre, m’ont rappelé des choses que moi j’ai vécu. Des choses touchantes, drôles, parfois moins, mais toujours positive. Singelin, au travers de Jun, nous expose la solitude, la détresse, mais aussi l’espoir, notamment grâce à Red, mon dieu enfin Mon Guillaume si je puis me permettre. Merci d’avoir mis Red, tu auras eu mes larmes !

 

Mais Red n’est pas le seul personnage ayant un impact dans ce titre. Chaque personnage que l’on croise apporte une base solide à la construction. Plus on avance, plus la consistance est présente et solide. On lit, on lit, on en apprend toujours un peu plus, on voit des petits bouts de nous dans chacun d’entre eux.

 

Guillaume nous livre avec PTSD un gros mélange d’influence, ne l’ayant jamais rencontré j’espère avoir l’occasion d’échanger avec lui, car de nombreuses références de culture populaire, comme le cinéma, les jeux vidéo ou même parfois le manga, me font penser que nous sommes générationnellement proche ! Alors Mr Singelin, si vous passez dans le coin, ai-je eu tort de voir le retour de Jun tel Rambo, sa blessure à l’œil comme Snake ? 

Je pense que de nombreuses autres références m’échappe, et je serai sincèrement curieux d’avoir le cheminement qui a amené à PTSD. Comme beaucoup n’ayant pas connu la guerre je ne peux me permettre de parler là-dessus, cependant c’est généralement un sujet que j’évite, étant relativement « éponge » je sors rarement serein après ce genre de lecture sauf que là, on en ressort vraiment positif !

 

Bref, c’est une claque, je vais aussi vous parler de la partie graphique, car si plus haut je vous parlais d’une peut-être influence manga, elle en ressort sur son trait, avec des persos hauts en couleur, que ce soit dû à leur personnalité ou à la couleur. Et avec des traits très « chibi », les émotions en sont, je trouve, d’autant plus claires ! Les jeux de couleurs amenant à la fois, violence avec des tons sombres, contrastent la page d’après par des couleurs chatoyantes qui m’ont semblé relancer l’espoir et apportent à Jun ce côté bonté non assumée.

Les planches sont superbes. Que dire merveilleux. Il y a des détails partout, rien n’est laissé au hasard. Vous voulez un exemple ? Dans les camps de vétérans, chacun a sa propre veste et chaque veste a le détail de sa division ou son bataillon ( je m’excuse si je me trompe, je n’y connais pas grand-chose.) Mais là où une simple veste kaki aurait très bien pu passer, le fait d’avoir mis ces écussons marque d’autant plus la solitude de Jun, car elle est seule…

Et ce n’est qu’un exemple, à l’heure où j’écris ces lignes, c’est déjà ma 4e lecture de ce titre et la 6e révision de cette chronique. Difficile d’être objectif, et je ne vais plus chercher à l’être, il faut prendre ce livre, un petit café, ou un thé, se poser et juste apprécier. Prendre le temps de tout regarder en détail, de savourer chaque message. Je vais laisser le titre bien en vue et le faire lire à un maximum de personnes, puis je le reprendrai et le relirai comme un petit Malakoff qui nous régale !

 

Vous l’aurez compris, ce titre est un énorme coup de cœur, bien que cette chronique ne reflète pas tout ce que ce titre m’a apporté. J’espère qu’elle vous aura apporté l’envie de le découvrir, et j’espère qu’il vous apportera autant qu’a moi !

 

Merci Guillaume ! (Genre on se connaît trop bien !)

 

Je ne noterai volontairement pas le titre, car ma notation ne serait absolument pas objective.

 


  • Titre: P.T.S.D
  • Album : 208 Pages
  • Editeur : Ankama éditions (1 mars 2019)
  • Collection : Label 619
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1033509530
  • Prix : 19,90€