Kyle Barnes n’a vraiment pas de bol. Toute sa famille se fait tour à tour posséder par des démons/entités et, même s’il a le pouvoir de les exorciser, ça se passe toujours mal. Ce n’est pas ce Tome 6, Invasion, qui va inverser la tendance.

Il y a un nouveau shérif en ville! Enfin, un nouveau leader des “envahisseurs”, Rowland Tusk, arrive pour remplacer Sydney après sa disparition dans les volumes précédents. Eh oui, la nature a horreur du vide, et les démons aussi. Tusk est un véritable enfoiré, un tueur de sang froid, qui n’hésite pas à s’en prendre à ceux de sa propre race lorsqu’ils le déçoivent. Autant dire que comme il s’est mis en tête de débusquer Kyle et sa smala, ça risque de chauffer sévère pour le proscrit! D’ailleurs, de son côté, Kyle ressemble de plus à plus au leader d’une secte, voire à la réincarnation de Jésus. Ses aptitudes particulières semblent relever du divin, surtout pour toute la congrégation qui s’est réunie autour du révérend Anderson. Des décisions vont devoir être prises pour assurer la sécurité de la communauté et tout le monde va se tourner vers Kyle.

Si dans le volume précédent Kirkman faisait de sa bande de proscrits des super Saiyans, il accentue encore son propos en faisant de Kyle Barnes non plus un super-héros, mais carrément une figure messianique. Bizarrement, ça colle plus avec la série. En effet, Kirkman a toujours utilisé des schémas bibliques dans le développement de son histoire, que ce soit en terme de sauveur ou de démons. Même le nom de la ville, Rome, n’est pas dû au hasard, la chrétienté ayant été persécutée par les Romains pour enfin se développer à partir de cette ville, qui abrite encore aujourd’hui la ville-état du Vatican.

Comme je le disais, le rôle de Kyle évolue vers celui d’un Jésus moderne, seul à même de combattre les envahisseurs démoniaques. Même son père et les autres parias n’arrivent pas à atteindre son niveau de puissance. Ils le renforcent, à la manière des apôtres, et se laissent guider par lui, lui laissent l’initiative des décisions.

Le twist de fin utilisé par Tusk, enfin, Kirkman, en fin de volume renvoie brutalement la communauté dans le monde moderne, faisant se poser la question au lecteur de qui il croirait dans une telle situation.

C’est toujours Azaceta au dessin, avec des couleurs d’Elizabeth Breitweiser, pour mon plus grand malheur. Plus on avance dans la série, plus je trouve le trait d’Azaceta brouillon. On a l’impression qu’il s’agit de dessins réalisés au format A5 et agrandis pour coller au format de la page. Alors oui, c’est sombre pour correspondre au climat du scénario, c’est bien découpé et se lit sans difficultés, sauf que je trouve ça moche. Les placements de couleurs n’arrangent rien, avec des tons pastels-sombres.

Si, scénaristiquement parlant, ce Tome renoue avec le ton de la série, le dessin ne rend pas justice à un scénario redevenu prenant. Néanmoins, Kirkman étant un spécialiste du “un coup c’est bien, un coup c’est décevant”, j’attends de voir ce que donnera le prochain Tome. C’est un peu ma conclusion habituelle sur les chroniques de comics de Kirkman… Quoi qu’il en soit, s’il fait un effort, avec une conclusion comme celle qu’il nous a proposé, il y a moyen d’assister à un moment d’anthologie.


      • Titre: Outcast T6 : Invasion
      • Album: 176 pages
      • Editeur : Delcourt (17 octobre 2018)
      • Collection : Contrebande
      • Langue : Français
      • ISBN :978-2-4130-0707-4
      • Prix : 16,50€

    
HISTOIRE
85%
   
DESSIN
65%
    
COLORISATION
65%
    
CARACTÉRISATION
85%
    
AMBIANCE GLOBALE
85%