Kana voit les choses en Big pour nous proposer un manga sur les otakus. Mais si, vous savez, les otakus. Ces bêtes bizarres qui ne vivent que pour leurs mangés/animés/jeux vidéos. Eh bien, tentons l’étude sociologique et plongeons-nous dans ce Tome 1.

Narumi Momose est une otaku pure et dure. Tellement mordue, que ses relations amoureuses ne durent pas, ses petits amis la larguant au fur et à mesure, à cause de son addiction. Du coup, elle ne s’assume pas et décide de cacher cet état de fait.

Hirotaka Nifuji est un otaku pur et dur. Accro aux jeux vidéo, il passe son temps scotché à son téléphone ou sa console. Contrairement à Narumi, il assume pleinement être un otaku.

Par le plus grand des hasards, il s’avère que tous deux travaillent dans la même entreprise. En plus ils se connaissent depuis qu’ils sont gamins, même s’ils se sont perdus de vue. Ces retrouvailles vont être pour eux l’occasion de vivre ensemble leur passion et d’opérer un rapprochement plus concret.

Fujita, le mangaka, nous propose donc de rentrer dans la tête de plusieurs otakus qui se retrouvent à travailler en semble. Il ajoute aux situations cocasses, pas vraiment dues à leur statut, d’ailleurs, une véritable recherche sur la survie de l’otaku en milieu urbain. Si Hirotaka assume son addiction aux jeux vidéo, Narumi est l’archétype parfait de la femme otaku qui doit cacher sa passion. On comprend, de par son comportement, que c’est socialement inacceptable au Japon et que, surtout, ça semble incompatible avec une vie professionnelle. Je regrette néanmoins que l’auteur se soit contenté de nous décrire les interactions des otakus entre eux, sans jamais les confronter à des personnages « normaux ». Il faut dire que, plus qu’une critique ou une étude du phénomène, Fujita se concentre surtout sur la relation entre ses deux héros. C’est dommage, ça aurait apporté plus de profondeur au scénario.

Petite spécificité de ce manga, il semble s’être un recueil de courtes histoires d’une page ou deux que l’on aurait compilé. S’il y a quand même une évolution dans le scénario, il n’y a pas d’histoire à proprement parler.

Au dessin, Fujita nous propose des cases centrées uniquement sur les personnages et au décor quasi-exclusivement vide. Les arrière-plans sont très rares et renforcent l’effet « histoire courte ». Pour le reste c’est plutôt bien dessiné, avec un trait simple en pur style manga.

Sympa, vite lu et vite rangé, c’est ainsi qu’on pourrait décrire Otaku Otaku. Si prendre pour héros des otakus était une bonne idée, le traitement de cette passion dévorante aurait mérité d’être plus développé.


  • Titre : Otaku Otaku Tome 1
  • Album: 128 pages
  • Editeur : Kana (20 avril 2018)
  • Collection : Big Kana
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 9782505072515
  • Prix : 14,50€

    
HISTOIRE
70%
   
DESSIN
85%
    
COLORISATION
--%
    
CARACTÉRISATION
80%
    
AMBIANCE GLOBALE
75%
  

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