Plongeons dans le monde de l’autre côté, un monde obscur et sombre. C’est d’ailleurs le titre de la série, Obscurcia. Basculons dans le Chapitre 1.

Alex a peur la nuit. Il rêve, ou plutôt, il cauchemarde. Mais à 12 ans il faut être fort, surtout quand on assume le rôle de protecteur pour sa petite sœur. Sauf qu’un jour… patatras! Croquette se fait percuter par la voiture paternelle. Croquette, c’est le nom du chat. Sauf qu’une fois enterrée, Croquette revient voir Alex [c’est la revanche du chat-zombie] en pleine nuit et l’attire en Obscurcia. Là, elle lui apparaît sous les traits d’une femme plantureuse, lui apprend qu’elle se nomme en fait Laécia et qu’elle doit le protéger.

David Boriau nous livre sa propre interprétation de l’Histoire sans Fin. Le monde fabuleux d’Obscurcia, peuplé de lapins roses en peluche, de montagnes de détritus dévoreuses et de doudous déjantés me fait vraiment penser au film de Wolfgang Petersen. On nage en pleine fantasmagorie, entre rêve et cauchemar. Alex doit suivre son chemin, trouver sa voie pour aller toujours plus loin et retrouver le chemin qui le ramènera dans son monde. Tout ça en évitant les monstres qui lui barrent la route.

Ce premier Tome est avant tout une fuite en avant pour Alex, qui n’a pas le temps de penser à ses problèmes ou à réaliser qu’il vit une aventure impossible. Sa vie étant en danger, la préserver est sa principale préoccupation. Jusqu’à l’arrivée chez Bidibidou où il prend le temps de se poser des questions.

Parlons un peu de Bidibidou, ce doudou chef des doudous qui idéalise les humains, cherchant à leur ressembler. Pour Alex, ou tout jeune adolescent, il représente la pression de conformité, le fait de vouloir ressembler aux autres, à ce qu’on voit dans les magazines. Le petit côté psychologie en moins, cette partie du volume m’a fortement fait penser à L’Étoffe des Légendes, lorsque toute la troupe de jouets arrive dans le village/jeu de société, sous la houlette d’un Maire tout puissant.

Le dessin de Steven Dhondt et la couleur de Yoann Guillo me semblent indissociables. Le dessin est surtout minimaliste, mis à part quelques détails de premier plan, notamment pour les monstres des détritus, les personnages sont représentés sous un trait assez simple. Les fonds de case, eux, sont carrément vides. Ainsi, ça laisse plus de place pour les couleurs.

Si le monde réel apparaît comme froid et moche, dans des tons bleutés, Obscurcia se révèle déborder de couleurs chaudes et vives, même si on est loin du coucher de soleil sur une plage paradisiaque.

Je suis partagé sur ce Tome. Si l’idée de base me semblait fabuleuse, je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’elle soit traitée ainsi. De plus, je n’accroche pas du tout au dessin, ce qui peut s’avérer handicapant pour apprécier pleinement l’histoire. Néanmoins, avec seulement trois Tomes de prévus, je pense que je vais tenter l’expérience jusqu’au bout. Eh oui, je suis fan de l’Histoire sans Fin.


  • Titre : Obscurcia Chapitre 1
  • Broché: 104 pages
  • Editeur : Delcourt (12 septembre 2018)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 978-2-413-00014-3
  • Prix : 15,95€

    
HISTOIRE
80%
   
DESSIN
60%
    
COLORISATION
70%
    
CARACTÉRISATION
80%
    
AMBIANCE GLOBALE
85%
        

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