la-mastication-du..._page_01-4f694b8On a beau dire, les vampires, c’est jamais démodé. Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de Twilight, on est un peu plus sérieux que ça. Non, aujourd’hui on va parler d’un comics Grec [bon, plus ou moins], et on va voir chez Wetta s’il y a du nouveau sous le soleil, enfin, sous la lune, plutôt.

La Mastication du Vampire dans son Tombeau est la traduction, de The Fang. Passons sur ce titre à rallonge et pas vraiment accrocheur pour nous intéresser à l’œuvre en elle-même.

Nous embarquons à bord d’un bateau à destination du nouveau monde dont l’équipage disparaît au fur et à mesure. Les hommes ont vite fait de se retrouver en face d’un vampire qui n’est autre que Dracula lui-même. Et c’est un navire vide de tout équipage qui débarque le vampire à New York, ville de toutes les opportunités pour une créature de la nuit.

En parallèle, nous suivons la traque orchestrée par Van Helsing et Harker, désireux de venger la mort de Mina et débarrasser le monde de cette engeance maudite.

la-mastication-du..._page_44-4f694cbK.I Zachopoulos nous dépeint une histoire d’horreur. On est, dans l’esprit, très proche du récit original de Bram Stocker. D’ailleurs, ça en est plus une digression/transposition, plutôt qu’une histoire originale. L’avantage étant qu’on rentre immédiatement dans le vif du sujet et qu’il n’est pas nécessaire de présenter les personnages ou les enjeux. Dracula, loin des représentations romantiques à la Entretien avec un vampire, est un monstre brutal se rapprochant plus du prédateur que du dandy. Difficile de ne pas faire la comparaison avec 30 jours de nuit. Malgré un climax final retombant un peu comme un soufflé, l’ambiance est bien présente, mélangeant le glauque au malsain. Les dialogues, quant à eux, reflètent parfaitement l’esprit de l’époque et en gardent une certaine musicalité.

Cette ambiance est d’ailleurs sublimée par les peintures de Christos Martinis, jouant avec les ombres et les textures. la-mastication-du..._page_58-4f694cdSes pleines pages sont de véritables tableaux vous prenant à la gorge [pour un comic sur les vampires, c’est encore mieux]. C’est sombre, graphique et sanglant à la fois.

Pour en revenir à la représentation de Dracula, là encore on est loin d’un bellâtre et clairement dans une revisite du Nosferatu de Murnau. D’ailleurs, le comic dans son ensemble revendique cette parenté, que ce soit dans l’apparence de Dracula ou dans la poésie surannée et le sentiment d’effroi qui s’en dégage.

vampire_tombeau_standard_weSans révolutionner le genre, La Mastication du vampire dans son tombeau se classe dans la catégorie horreur du récit de vampire. Malgré quelques coquilles, il se lit agréablement et arrive même à s’immiscer dans la psychologie du vampire lorsque celui-ci se retrouve face à une Foire aux monstres et une représentation de lui-même. Les quelques planches de cette partie ont réussi à me prendre aux tripes et à ne plus considérer le vampire uniquement comme une bête, mais comme un personnage du récit, doté de sentiments. Ça, en grande partie, grâce aux sublimes planches qui permettraient de lire cette histoire comme un film muet.


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