Après vous avoir parlé de Moriarty, on va aujourd’hui vous parler de M.O.R.I.A.R.T.Y. ça se prononce pareil, mais ça ne s’écrit pas pareil! Surtout, ce n’est pas un manga, mais une B.D pur jus.

Londres, fin du 19ème siècle. Sherlock Holmes est un détective/érudit bien installé, ayant déjà de belles affaires à son actif. Dans un cercle de jeu, il va démasquer un joueur de poker qui, soir après soir, plume tous les membres de la haute société Londonienne. En quatre minutes, il fait la preuve qu’il ne s’agit pas d’un homme, mais d’un automate très perfectionné. Immédiatement, les soupçons du détective se portent sur son ennemi juré : Moriarty! Le seul problème, c’est qu’il est mort.

Fred Duval et Jean-Pierre Pécaud nous dressent un portrait de Sherlock Holmes taillé pour notre époque. Plus proche de l’interprétation de Robert Downey Jr dans le film de Guy Ritchie que du héros imaginé par Sir Arthur Conan Doyle, leur Sherlock ne dédaigne pas se salir les mains dans de bonnes bastons. Les auteurs rajoutent même un petit côté JamesBondien à son enquête qui est du plus bel effet.

Mais là où ils se surpassent, c’est en mélangeant les histoires, les personnages réels ou imaginaires, ainsi que des “classiques” de Holmes. J’en veux pour preuve : Winston Churchill, les Frères Wright, le chien des Baskerville, Jeckyll & Hyde, et j’en ai certainement raté d’autres. Ces petits rajouts font que l’histoire nous recèle toujours une surprise au détour d’une page.

Au dessin, c’est Stevan Subi qui s’y colle. Comme on dit, ne jugez pas un livre à sa couverture (signée Nicolas Siner), l’intérieur n’a rien à voir. Comment dire? Au début j’ai trouvé ça mal dessiné, mal colorisé, bref, une cata. Au fur et à mesure que l’histoire avance, on s’y fait et on tombe finalement sur le personnage de Mycroft Holmes qui dégage une aura titanesque. Puis Subi arrive à rendre vivantes les séquences de combat [le Holmes JamesBondien, c’est là] et nous propose de superbes paysages dès que Holmes prend les commandes de l’aérostat et dans les Baskerville. On en ressortira avec une impression mitigée de demi-succès graphique.

Avec une histoire qui tient la route et une partie graphique en demi-teinte, M.O.R.I.A.R.T.Y ne s’annonce pas comme la claque graphique et cyberpunk promise par la couverture. Néanmoins, le scénario ravira les amateurs d’aventure à l’ancienne, tout en ayant un ton résolument moderne.


  • Titre :M.O.R.I.A.R.T.Y – T1 : Empire Mécanique
  • Broché: 64 pages
  • Editeur : Delcourt (29 août 2018)
  • Collection : Neopolis
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 978-2-7560-7190-9
  • Prix : 15,50€

    
HISTOIRE
75%
   
DESSIN
65%
    
COLORISATION
50%
    
CARACTÉRISATION
85%
    
AMBIANCE GLOBALE
80%
        

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