4tfVjOc5mD0dnakllL8nxyooxmOPlease allow me to introduce myself, I’m a man of good, and taste.” Et les Stones ont bien raison. Loin d’être un humanoïde à tête de bouc, le diable s’habille en Prada ! La vanne n’est pas de moi : c’est un des dialogues de la série Lucifer. Intrigués ?

Comme – quasiment – tout le monde, j’ai eu l’occasion de voir le premier épisode de la série lorsqu’il a “fuité”. Chose étrange, d’ailleurs, que toutes ces fuites pour certaines séries télé. Le premier épisode, donc a réussi à éveiller ma curiosité et susciter l’envie de voir la suite. Imaginez : le Diable en a marre de jouer le tourmenteur des pêcheurs et décide de prendre des vacances à Los Angeles. La Cité du Vice. Autant dire que ses vacances vont avoir un goût de boulot !

Alors qu’il mène tranquillement sa vie de gérant de club, entouré de femmes et d’alcool [c’est lequel dont l’abus est dangereux pour la santé, déjà?] il va croiser la route de l’inspecteur Chloé Decker. Cette femme va intriguer notre bon Lucifer, car c’est la seule à résister à son pouvoir de persuasion.

Su5Q8SD-998x665La première saison va donc explorer ce don étrange qui permet à Chloé de ne pas finir dans le lit du tentateur. Sans réponse précise sur le pourquoi du comment, Lucifer va donc devoir s’humaniser pour comprendre les interactions sociales. Pour ce faire, il va commencer une psychanalyse afin d’accepter à la fois son humanité naissante, mais également le fait que, malgré sa chute, il reste un ange.

Et c’est là l’un des thèmes les plus importants de la série. Si l’on met de côté les enquêtes policières et le fun que prend Luci à inciter les humains à suivre leurs désirs, il n’en reste pas moins un ange : puissant mais également miséricordieux. Sa relation avec Dieu, qu’il appelle “papa”, mais également avec Amenadiel, son frère l’ayant remplacé en enfer, est clairement familiale. Lucifer jouant le rôle du fils rebelle, désavoué par son père (en apparence), et Amenadiel le petit chouchou qui ne veut pas vivre dans l’ombre de son aîné.

L’autre thème principal est, évidemment, la relation Lucifer/Chloé qui rentre, malgré tout, dans le schéma classique buddy movie homme-femme. Alors, comme d’habitude, ça se tourne autour, ça s’apprécie plus, puis moins ; tout ça pour ménager une certaine tension (sexuelle?) et faire avancer la saison. Ce procédé est classique.

64301_backdrop_scale_1280xautoClassique également, le duo flic/consultant civil. À croire que les séries U.S, sur la forme, ne peuvent pas se renouveler. Pas que le duo ne fonctionne pas ou que les enquêtes soient ennuyeuses, mais c’est vraiment interchangeable avec d’autres séries du même acabit. Même le fil conducteur [ténu, très ténu] n’arrive pas à mettre un coup de fouet au suspense. Et les affaires pouvant impliquer Lucifer en tant que suspect sont rares et n’arrivent pas à tenir plus de deux épisodes. J’ai envie de dire aux auteurs : “Merde ! C’est ce putain de Lucifer enfoiré de Morningstar ! Soyez plus vicieux que ça et emmenez-nous là où on ne l’attend pas !”

C’est d’ailleurs mon plus grand regret sur cette série, le côté trop lisse du personnage. Un Lucifer beaucoup plus complexe, moins gentillet aurait réussi à conduire cette saison encore plus haut. Enfin, Lucifer ! Le Diable ! Allô, quoi [©Nabila].

Concernant le casting, quelques personnages récurrents jouent leur rôle sans pour autant briller. Je pense à Mazekeen (Lesley-Ann Brandt), Linda Martin (Rachael Harris), Amenadiel (D.B Woodside) ou le detective Douche (Kevin Alejandro), enfin, le detective Dan. Douche est le surnom que lui donne Lucifer, qui signifie complètement crétin, au point d’être comparé à un produit de douche vaginale [je n’invente rien].

Lauren German, qui joue le rôle de l’inspecteur Chloé Decker, s’en sort un peu mieux. Peut-être est-ce dû à sa plus grande exposition à l’écran ? Ou alors au fait que j’adore quand elle casse Lucifer ou balance une réplique volcanique du genre “Je suis devenue flic parce que j’adore tirer sur les gens”. On n’entend pas ça dans toutes les séries.

295685Le rôle titre est tenu par Tom Ellis qui, malgré une assez longue carrière derrière lui, ne me disait absolument rien. Et jouer Lucifer est une vraie gageure que tous les acteurs n’arriveraient pas relever. Eh bien Ellis s’en sort haut la main ! Il est à la fois charmeur, tentateur, diabolique et même menaçant, parfois. Si le diable devait exister, il en est l’incarnation parfaite. Alors, oui, il surjoue à mort. Mais c’est ce qu’on attend de voir pour ce personnage. Une interprétation plus sobre, plus inquiétante, aurait de toute façon conduit à l’annulation, voire l’interdiction, de la série. Quand on voit que les catholiques Américains voulaient déjà empêcher la diffusion d’une série “qui glorifie Satan et en fasse une personne aimable de chair et d’os”. Rassurez-vous, vous n’aurez pas peur en la visionnant, ni envie de sacrifier de jeunes vierges. [Ou alors vous êtes complètement malade et ça n’a rien à voir avec la série]

Donc, non, Lucifer n’est pas horrifique. Et ne vous noiera pas non plus sous une débauche d’effets spéciaux. Ces derniers sont rares. Très rares. Et minimalistes aussi. Tout le sel de l’histoire se trouve dans la narration, et les relations interpersonnelles des personnages.

La réalisation est dans les standards, sans grands effets de caméra ni fioritures inutiles. Elle s’avère néanmoins efficace pour rester focalisée sur le sujet.

L’ensemble de la série bénéficie également d’une bande-son d’enfer !

Après avoir attendu de longs mois pour visionner l’épisode 2, j’ai dévoré toute la saison en presque une traite. La Fox a réussi son pari d’adaptation du comics éponyme, et les spectateurs ont suivi, la saison 2 étant sur les rails. Si comme moi vous aimez la personnalité de Lucifer, le jeu de Tom Ellis, abandonnez-vous à ce sourire satanique pour vous demander “Quels sont vos plus grands désirs ?”


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