Fer de lance de Feu Milady Graphic, Locke and Key nous revient chez HiComics, l’occasion pour moi de tenter ce titre après tant de louanges, vantées ci et là !

Aujourd’hui, plus qu’une simple chronique, on va jouer au jeu de la chronique interview !

Avec Cyrille et moi-même !

Tout d’abord un petit résumé du pitch :

Dans un accès de violence brutale, apparemment aléatoire, deux adolescents assassinent M. Locke et brisent la vie de sa femme et de leurs trois enfants, Ty, Kinsey et Bode. La mère de famille réussit à sauver sa progéniture en abattant l’un des assaillants, tandis que l’autre, tabassé par le fils ainé, va directement à la case prison.

Dévastés, les quatre se rendent dans la foulée dans la ville de Lovecraft, Massachusetts, pour vivre à Key House, la maison familiale. Chacun est brisé à sa manière, l’un par la culpabilité, l’autre par le choc post-traumatique, l’un par le chagrin et la solitude, l’autre par la perte du père.

Malheureusement, ce n’est que le début…

En entrant dans Key House, les choses prennent immédiatement la direction de l’étrange. Il s’avère que leur nouvelle maison n’est pas ordinaire …

Fabien : Donc comme je le disais nous allons faire une chronique question-réponses, et on va commencer avec la question de base, pourquoi as-tu été vers ce titre ? Et qu’en attendais-tu ?

Cyrille : Premièrement, j’ai d’abord été attiré par la notoriété entourant cette série, que je n’avais non plus jamais eu l’occasion de lire. Je m’attendais un peu à une sorte de Dial H for H.E.R.O, où chaque porte donnerait un pouvoir à chacun des protagonistes à chaque fois qu’il la franchirait. Ce n’est pas ça, mais alors pas du tout! C’est mieux !!!

Toi qui es un fervent lecteur d’indé, nul doute que tu avais potassé le pitch plus que moi avant la lecture. Le scénario est signé Joe Hill, écrivain de romans. Penses-tu qu’un romancier peut apporter un plus à un comic, ou, au contraire, l’exercice s’avère-t-il périlleux?

Fabien : Effectivement, ayant la série dans ma liste à lire depuis un bail, j’avais fait mes devoirs ! Cependant, j’avais du mal à saisir le succès avec ce pitch plutôt « classique », et c’est là que ta question est intéressante, Joe Hill comme d’autres, Neil Gaiman ou Mike Carey pour ne citer qu’eux, ont mis leurs plumes au service des comics, et c’est justement ça qui fait la différence. L’exemple le plus frappant pour cette série est typiquement la caractérisation et la construction des personnages. Elles sont efficaces et ne prennent pas des pages entières, centrées uniquement sur tel ou tel personnage. C’est simple, efficace et surtout mis en place tout du long du récit avec quelques infos dispersées dans les cases et ce n’est qu’un exemple. Son approche de l’histoire arrive à impliquer le lecteur, car on s’identifie facilement aux personnages. Il a vraiment su transposer son écriture romancière au format roman graphique, car c’est clairement un roman graphique plus qu’un comics au sens où on le connaît. Mais attention ! C’est aussi un exercice périlleux. Je vais prendre comme exemple le récent run sur Black Panther de Ta-Nehisi Coates, sur lequel je suis complètement passé à côté, car son écriture ne m’a pas du tout impliqué dans le récit.

Justement l’écriture des personnages, on voit que chaque personnage est représentatif d’un sentiment, les as-tu vus évoluer naturellement lors du récit ou as-tu plutôt eu l’impression qu’on te les écrasait à la figure ?

Cyrille : Pour tout dire, si je prends chaque personnage un à un, ils ont chacun leur propre caractérisation, très poussée. Les deux ainés traversent une sorte de dépression, mêlée à la culpabilité de leur propre impuissance face au décès de leur père, la mère qui a viré alcoolique et le dernier, Bode, qui, bizarrement, s’en sort plutôt pas mal.

Du coup, cette famille brisée par une tragédie semble « pitoyable » mais, miraculeusement, surmonte les difficultés. Au final, la caractérisation des personnages est plutôt logique, tout comme leur évolution au cours du récit.

Le personnage avec lequel j’ai eu le plus de mal est, clairement, Bode. En effet, je n’arrive vraiment pas à sentir de l’empathie pour ce gamin qui se réfugie dans la mort pour dépasser le décès de son père et la morosité qui l’entoure [et si vous n’avez pas lu Locke & Key, vous ne comprendrez rien à cette phrase].

Outre les personnages humains, il est deux autres figures imposantes dans ce récit : Key House, d’une part, et la jeune fille du puits, de l’autre. Comment les as-tu perçus dans le récit ? Sont-ils indissociables ou alors totalement opposés ?

Fabien : C’est exactement ça, Key House et la jeune fille du puits sont indissociables, bien que je t’avoue, au début, avoir pensé qu’il n’y avait aucun lien. Je pensais que la malédiction sur la jeune fille était rattachée au puits, mais il s’avère que Key House a encore bien des secrets à nous dévoiler. À mon avis, ce que nous voyons dans ce Tome 1 n’est que le début d’un énorme potentiel. Imagine si, en fait, ces portes permettent de se déplacer partout où on veut : tu ouvres ta porte du salon, tu te retrouves dans une banque ; la porte de la salle de bain, dans un musée. On peut vite imaginer que le meurtre du début, qui parait « hasardeux » ne l’est pas tant que ça en fait ! La jeune fille du puits est, elle aussi la clé [quel jeu de mots dis-moi !], car elle en sait beaucoup plus que l’intrigue et les dialogues le laissent entendre.

Ces portes justement, pense-tu qu’elles réagissent en fonction des clés uniquement ou en fonction du porteur des clés, et penses-tu qu’on puisse se sur diriger sur un truc complètement fantastique ?

Cyrille : Si je me réfère uniquement à l’intrigue de ce premier Tome, mais plus particulièrement à la fin [SPOIL] avec la découverte d’une nouvelle clé suite à la disparition de la clé de la mort et du passe-partout, je pense que la clé réside dans les clés ! Chaque clé a sa propre propriété et ouvre une porte en particulier, à l’exception du passe-partout dont se sert la jeune fille du puits pour s’échapper et se transformer en garçon.

D’ailleurs cette transformation et le fait qu’elle/il cherche à se rapprocher de Ty et Kinsey me laisse penser que le meurtre du début de volume n’est absolument pas aléatoire. [FIN DU SPOIL]

Je me demande quelles sont les motivations de la jeune fille du puits et qui elle est vraiment ? Apparemment, elle semble liée à la famille Locke et avoir des comptes à régler. Aurais-tu une théorie sur son identité et/ou sa nature ?

Fabien : Elle semble effectivement liée à la famille Locke, je pense même que le lien est avec le père, cependant on en apprendra plus sur leurs liens sans doute dans les prochains Tomes, vu que le monsieur n’est plus de l’histoire. Je pense à quelque chose comme un club de magie noire, ou un truc du genre; avec une incantation qui aurait mal tourné, genre sacrifice ou un truc du genre !

En tout cas, lors de ma première lecture, je n’ai pas vraiment trouvé ça exceptionnel. Cependant, suite à cet échange il s’avère que certains points m’avaient un peu échappé, je vais donc aller voir la suite et je continuerai très certainement la série !

Ce Tome 1 t’a plu ? Comptes-tu aller voir la suite ou l’as-tu déjà lu ?

Cyrille : En ce qui me concerne, ça a été une véritable révélation! Même si je n’ai pas eu ce que j’attendais, j’en ai eu beaucoup plus. Étant un lecteur compulsif, ce volume m’a largement rappelé les lectures d’horreur que je dévorais il y a plusieurs années, Stephen King et Graham Masterton en tête. Joe Hill a su instiller une ambiance, un développement scénaristique, qui vont crescendo et qui, pour ma part, m’ont pris à la gorge. Je n’ai pas lu la suite, mais c’est sûr que je ne vais pas me jeter sur la V.O ou sur une autre édition et je vais attendre religieusement le Tome 2 chez nos amis de Hi Comics. C’est une série à lire absolument!

Nous n’avons pas abordé la partie graphique de ce volume, tant le scénario est dense. Penses-tu que les dessins de Gabriel Rodriguez soient à la hauteur de l’histoire ? Son style est-il adéquat pour raconter cette histoire ?

Fabien : En effet, dans l’exaltation de notre discussion on en oublierait presque la partie graphique. Je t’avoue avoir eu un peu de mal sur les premières pages, le dessin me dérangeait un peu, mais au bout d’une dizaine de pages j’ai complètement passé ça. Sans être transcendé, Gabriel Rodriguez nous livre une ambiance qui renforce ce sentiment « horrifique », c’est très graphique et j’apprécie les mimiques de visages de chacun des personnages. Au final, le mariage fonctionne, bien que ça ne soit pas mon style référence, il apporte du poids au récit de Joe Hill et c’est largement suffisant.


  • Titre : Locke & key – Tome 1
  • Broché: 168 pages
  • Editeur : Hi Comics (22 mars 2013)
  • Collection : COMICS
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 978-2811210328

FabB :

    
HISTOIRE
85%
   
DESSIN
75%
    
COLORISATION
75%
    
CARACTÉRISATION
90%
    
AMBIANCE GLOBALE
90%

Cyrille : 

    
HISTOIRE
95%
   
DESSIN
80%
    
COLORISATION
80%
    
CARACTÉRISATION
90%
    
AMBIANCE GLOBALE
95%


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