Bonjour et bienvenue à tous dans les Dossiers de GL ! Cette semaine, nous allons — comme prévu — poursuivre la question de ce qu’est l’adaptation et chercher à voir depuis quand elle existe.

Venons-en donc à la loi. L’adaptation a décidée de garder l’idée d’une loi qui diviserait un peu les super-héros. Cependant, les lois n’ont rien à voir : dans les comics, la loi place tous les super-héros américains sous le commandement du gouvernement ; les forçant aussi, par la même occasion, à révéler leurs identités secrètes. Dans l’adaptation, la loi place les Avengers (composés alors de six à sept membres seulement) sous le commandement des Nations-Unies, dans le but de pouvoir aider cent dix-sept pays différents. Aucune autre contrainte ne leur est imposée. La loi est donc tout de même radicalement différente. Qui plus est, l’argument que Captain America avance est qu’il ne veut pas répondre à des responsables politiques, afin de pouvoir décider où et quand frapper. Or, dans l’univers cinématographique Marvel (MCU), on a pu voir que jusqu’à la fin d’ Avengers 2 : L’Ère d’Ultron, les Avengers étaient sous les ordres du S.H.I.E.L.D. ; et que ce n’est qu’à la fin dudit film qu’ils deviennent indépendants (En effet, à la fin de l’épisode 19 de la saison 2 d’Agents of S.H.I.E.L.D. — qui sert de prologue au film Avengers 2 : L’Ère d’Ultron — on peut voir le directeur Coulson dire à Maria Hill : « Time to bring in the Avengers. » — « Il est temps de faire venir les Avengers », en français. On comprend alors que les Avengers répondaient à l’appel du S.H.I.E.L.D. lorsqu’ils attaquent la Sokovie au début de leur second film). Ce qui veut dire que le Captain ne veut pas être sous les ordres des Nations-Unies, alors que ça ne le dérangeait pas d’être sous les ordres d’une société secrète d’espionnage américaine pendant les trois ans qui se sont déroulés entre Avengers et Avenger 2. Son argument perd donc tout son sens. Et comme il s’agit du seul argument qu’il avance, la « dispute » entre les héros n’a pas vraiment lieu d’être.

Ce qui nous amène à l’un des points les plus importants : dans l’adaptation, le combat entre les deux camps ne vient pas de la loi. Dans le comics, c’est bel et bien la loi qui range certains héros du côté des États-Unis, et les autres du côté des « rebelles ». Dans le film, ce qui va créer la querelle, c’est l’association du Captain à un ennemi recherché par les Nations-Unies : Bucky Barnes. Et alors qu’ils pourraient en parler entre eux (ils sont tout de même amis, à la base ; et font tous partie des Avengers), ils décident de ne rien se dire, parce qu’ils ne savent pas si les « Accords » permettront au reste de l’équipe de les aider. Le message du film en devient complètement immature : les super-héros préfèrent se battre les uns contre les autres, plutôt que de s’asseoir pour discuter ; tout ça pour la seule raison qu’ils ne savent pas s’ils pourront s’entraider légalement. Il n’est même pas question de risquer de se faire trahir, dénoncer, ou arrêter par leurs anciens camarades : ils risquent juste de ne pas pouvoir recevoir d’aide de leur part. Et plutôt que de risquer de ne pas se faire aider, ils préfèrent se battre à mort entre eux : à partir de ce moment-là, le scénario est totalement incohérent. Et tout ceci pour quelles raisons ? Avoir voulu garder des parties de l’histoire d’origine, tout en cherchant à la modifier. En effet, les réalisateurs et les scénaristes ont voulu retenir l’idée que la loi est au centre de la « guerre civile », tout en modifiant la loi (et en la rendant bien moins complexe à accepter), et en ne faisant pas de la loi la principale raison de la division des Avengers. Le problème, c’est qu’en ne retenant qu’une infime partie du propos originel, en faisant fi de la logique et du message que cela engendre, le scénario devient improbable et incohérent.

Partant de ce postulat, réunir des équipes sur un scénario branlant n’est forcément pas très aisé. De ce fait, la réunion desdites équipes se passe de manière totalement saugrenue. Là où dans le comics, les personnages choisissaient leur camp selon leurs positions face au débat qui faisait rage ; dans l’adaptation, les personnages apparaissent sans réelles raisons. Du côté de Captain America, ce dernier et ses deux amis sont ensemble pour protéger Bucky (jusque là, tout va bien). Mais Hawkeye rejoint son équipe sans aucun raison (surtout qu’il n’a jamais réellement montré avoir de lien particulier avec Steve Rogers jusque là, dans tout le MCU) ; la Sorcière Rouge les rejoint uniquement parce que Hawkeye le lui demande et lui dit qu’il faut qu’elle arrête de se morfondre et qu’elle passe à l’action pour changer ; enfin, ils récupèrent Ant-Man sans réellement le prévenir de ce qu’il se passe (Hawkeye l’a bourré de café, et lui a dit qu’ils affronteraient « un escadron de tueur » — comme il le dit à 1h28— , et Scott Lang est même surpris de voir Captain America et la Sorcière Rouge quand il arrive pour se battre. Autant dire qu’hormis les trois amis, les autres sont là pour des raisons plus qu’obscures. Et du côté d’Iron Man, on retrouve Black Widow, la Vision, et War Machine, qui sont les membres des Avengers ayant signé les « Accords de Sokovie » ; Black Panther qui ne veut que tuer Bucky Barnes, qu’il croit responsable de la mort de son père (comme dit auparavant), et qui ne fait donc pas vraiment partie de l’équipe ; enfin, Spider-Man, le jeune super-héros recruté par Tony Stark, qui bien que fan de Captain America, le combat parce qu’Iron Man lui a dit que Steve Rogers « [avait] tort, [mais, qu’il pensait] avoir raison et que c’est pour ça [qu’il était] dangereux », comme il le dit à 1h37. Autant dire que les deux équipes de super-héros se forment dans l’incompréhension la plus totale.

Continuons donc la liste des différences entre les deux médias. Dans le comics, les différentes équipes qui s’affrontent sont composées d’un nombre incroyable de super-héros, mais aussi de super-vilains. En effet, le groupe pro-recensement fini par recruter les Thunderbolts, un groupe de super-vilains composé de Venom, Lady Deathstrike, Le Tireur, Le Maître des Corvées, Le Vautour et le Bouffon vert. D’ailleurs, le personnage de Spider-man est tiraillé entre les deux équipes, car ses idées le pousseraient à rejoindre Captain America, mais après qu’Iron Man lui ait expliqué la situation de son point de vue, Peter Parker le rejoint. Cependant, quand ce dernier engage le groupe de vilains (dont beaucoup sont des ennemis personnels de l’homme araignée), il quitte le groupe pro-recensement et va rejoindre l’équipe de rebelles. La guerre entre les nombreux héros (comme en témoigne la figure suivante), se déroule dans plusieurs partie de la ville, dans une prison, puis au beau milieu de New-York où une armée d’Atlantes, menée par Namor, se joint au combat. Il y a des morts et des blessés, la ville est dévastée. Mais quand des civils prennent part aux combats pour empêcher Steve Rogers de blesser Tony Stark, ce dernier comprend qu’ils mettent la ville à sac (en mettant tout le monde en danger), et que le combat ne rime plus à rien. Il décide d’arrêter les hostilités et de se rendre pour en finir. Le combat se termine, Iron Man créé l’Initiative : un projet ayant pour but d’attribuer une équipe de super-héros à chaque état des États-Unis. Captain America, en allant à son procès, se fait tirer dessus à bout portant et meurt.

Liste des personnages non exhaustive trié par camp dans le comics Civil War.
Tiré de la page Wikipédia, disponible ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Civil_War_(comics)

On comprend donc que le comics nous montre une véritable guerre civile, au beau milieu de New York, et entraînant d’énormes dégâts sur la ville. On y voit des décès, ce qui entraîne encore plus de tensions entre les deux groupes (la mort violente de Goliath des mains du clone de Thor formera une scission chez les Quatre Fantastiques, Jane et Johnny rejoignant l’équipe de Captain America, quand Red Richards restera fidèle à Tony Stark, et que La Chose se retirera du conflit). Il s’agit belle et bien d’un vrai conflit, qui aura eu des conséquences incroyablement graves et qui aura complètement dégénéré. Au final, le combat aura tout de même pris fin, et Steve Rogers se rendra pour mettre fin aux conflits, devenu incongrus. Le message que nous laisse le comic-book, c’est que les super-héros se sont rendus compte des dégâts qu’ils peuvent causer et que leurs combats ne mèneront à rien de bien s’ils ne s’unissent pas. Qui plus est, la mort tragique du Captain America après la fin des hostilités arrivent comme la conséquence ultime de toute cette histoire.

Passons maintenant à l’adaptation cinématographique. Le combat fait « rage » dans un aéroport vide, où les combattants (s’élevant au nombre de douze) s’affrontent, tout en plaisantant — Black Widow et Hawkeye s’amuse, le sourire aux lèvres : « On sera toujours amis, hein ? », dit-elle. Ce à quoi il répond : « Frappe toujours, on verra bien. ». Black Widow décide de changer de camp et de trahir Tony Stark sans aucune réelle raison, si ce n’est qu’elle dit « avoir accepté de le retrouver, mais pas de le capturer » (ce qui, du coup, n’a pas vraiment de sens, puisqu’elle se bat depuis le début contre son camp). Après quoi, alors que Captain America et Bucky s’échappent à bord d’un Quinjet (le nom des avions des Avengers), James Rhodes se fait toucher et fait une chute de plusieurs centaines de mètres. La scène est assez longue, Tony Stark crie son nom, mais personne ne réussit à le rattraper, et il s’écrase violemment dans un champ. Stark le rejoint au sol, ouvre son masque, et on peut voir que Rhodes saigne du nez. On pense au pire, mais non : il est vivant ! On apprend par la suite que sa colonne vertébrale est en miette et qu’il restera sans doute paralysé ; mais c’est sans compter la technologie de Tony Stark qui finira par remettre sur pied son ami avant même la fin du film.

Après la bataille, l’équipe de Captain America se retrouve enfermée dans une prison secrète. Tandis que son équipe et son moral sont au plus mal, Tony Stark reçoit des informations confirmant le fait que Bucky est innocent et qu’il a été manipulé. Il décide donc d’aller aider Captain America tout en laissant les coéquipiers de ce dernier croupir en prison. En rejoignant Steve et Bucky, Tony Stark apprend que c’est le Soldat de l’Hiver (Bucky Barnes) qui a tué ses parents en étant manipulé. Mais qu’importe son état, Iron Man s’énerve et se bat contre Captain et Bucky. Il perd après un long combat. Les deux amis s’enfuient, Tony Stark apprend que Steve Rogers va libérer ses coéquipiers emprisonnés et le laisse faire. Fin.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! On se retrouve dans deux semaines pour la conclusion de ce sujet lié à l’exemple de Civil War !

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