Bonjour et bienvenue à tous dans les Dossiers de GL ! Aujourd’hui, review un peu spéciale : on va parler du livre de Paul S. Kemp, Les Seigneurs des Sith !

Se déroulant entre l’Épisode 3 et l’Épisode 4 — respectivement 5 ans après l’un et 14 ans avant l’autre —, le livre présente une petite approche de la relation entre Vador et son maître. Cependant, le livre prend le parti de ne pas en faire les « personnages principaux » de l’histoire. En effet, contrairement à ce que laisse entendre le titre et la couverture, le livre va suivre les aventures du Front de Libération de Ryloth — la planète des Twileks — mené par Cham Syndulla. Et je me rends compte, en écrivant cette review, que même la quatrième de couverture peut laisser flotter le doute sur le sujet : après cinq phrases en deux paragraphes, seule la dernière petite phrase explique réellement de quoi retourne une bonne partie de l’intrigue.

Et c’est sans aucun doute le plus gros reproche qui a été fait au livre. J’ai vu ici et là des commentaires négatifs expliquant que le roman était « un exemple type d’une couverture et d’un titre mensongers », ou encore que « les Seigneurs des Sith cités dans le titre n’étaient que des personnages secondaires du roman ». Et il s’avère que, même en étant assez d’accord avec ces critiques (bien que la deuxième citée me paraîsse un poil exagérée), je trouve que la démarche de Paul Kemp est sans doute la meilleure approche possible pour ce genre de récits. En effet, les deux Sith sont surpuissants, et ne sont à aucun moment en danger réel ; qui plus est, l’histoire se déroulant vingt ans avant l’Épisode 6 — qui marque la mort des deux personnages — il était physiquement impossible de créer une tension quelconque quant à leurs péripéties : les Sith étant vivants et en « bonne santé » dans les films et séries qui les présenteront après les événements de ce roman, on ne peut décemment pas croire une seconde qu’ils pourraient mourir ici.

C’est là que l’idée d’utiliser des personnages inconnus jusqu’alors devient très intéressante. Bien que Cham Syndulla soit clairement hors de danger (puisqu’il apparaît dans une forme olympique dans des épisodes de la série Star Wars Rebels se déroulant plus de dix ans après), tous les autres sont menacés. Le Front de Libération de Ryloth tout entier peut pâtir de leur affrontement avec les Sith et leur Empire. On va donc nous présenter des personnages, pas forcément très intéressants au premier abord, mais qui gagneront à être connus dans le reste du récit.

Pour ce qui est de l’histoire, la quatrième de couverture la résume assez simplement : « Sur Ryloth, (…) un mouvement de résistance particulièrement virulent a embrasé la population. Accompagné de son apprenti, Dark Vador, l’empereur Palpatine décide de mater la rébellion personnellement (…). Pour la Résistance, c’est l’occasion de porter un coup fatal à l’Empire. » Je dirais que l’intrigue est découpée en quatre parties, dont deux majeures. Les deux premiers chapitres forment une sorte de prologue, mettant le lecteur directement dans le bain. Les chapitres 3 à 9 (inclus) proposent la mise en place, puis en exécution du plan du Front de Libération. Après quoi, les chapitres 10 à 16 (inclus) présentent la chasse à l’homme mené par les Twi’leks pour achever les seigneurs Sith. Enfin, les deux derniers chapitres terminent en apothéose le récit, dans une tension de plus en plus accrue.

À dire vrai, bien que le livre soit très bon, la troisième partie est assez longue et ennuyante. Comme dit précédemment, les deux premiers chapitres mettent tout de suite le lecteur dans l’action ; la deuxième partie, présentant l’attaque des Twi’leks, est vraiment fluide et bien écrite ; mais la troisième traîne un peu en longueur par moments. D’ailleurs, pendant plus de deux chapitres, il ne se passe presque rien de très « intéressant » (le Front de Libération suit les traces des Sith pour les rattraper, et ces derniers affrontent des Lyleks… pendant quand même pas loin d’une soixantaine de pages). Et c’est dommage, parce que c’est surtout dans cette partie qu’est travaillée la relation entre Vador et son Maître. Le souci, c’est que Kemp profite d’un combat entre les deux Sith et une armée de Lyleks pour approfondir leur lien ; mais comme dit plus tôt, les deux protagonistes n’étant jamais en danger, plus le combat traîne en longueur, plus il devient lassant et inintéressant. Le « massacre » en devient quasiment banal, et j’en étais presque à me dire « Ah ? Encore un de moins… » d’un air blasé.

Heureusement, après cela, Kemp revient en force en redonnant un coup de peps à la fin, avec une technique très simple, mais tellement efficace. Pour expliquer rapidement, tout le récit alterne entre différents personnages : les Sith, Cham et les Twi’leks, un officier de l’Empire donnant des renseignements au Front de Libération, ainsi que le Moff de Ryloth et son équipe. Chaque fois que l’on change de groupe, Kemp saute une ligne pour nous le signaler. Dans les premiers chapitres, on reste avec les mêmes personnages pendant plusieurs pages ; mais à la fin, tout commence à mal tourner, les choses s’accélèrent et la tension monte. Et l’auteur nous présente cette agitation en changeant de point de vue presque à chaque paragraphe : ainsi, alors que l’on attend que l’affrontement explose, on voit finalement le temps se ralentir autour d’un court instant — la situation est sur le point d’exploser, mais on reste bloquer dans cette incertitude. Le final n’en est alors que plus fort. Et je trouve que la fin et le dernier dialogue (que je ne vous révèlerai pas, bien entendu) donne tout son sens au titre du livre.

J’ai donc passé un agréable moment devant ce livre, si ce n’est durant les quelques chapitres un peu plus mous. Et même durant ces derniers, les relations entre tous les personnages sont habilement écrites. Comme je l’ai dit, c’est surtout dans cette partie que le lien entre Vador et Palpatine est approfondi, et bon sang, ce que c’est bon ! Malgré le fait que les combats durent un poil trop longtemps, « voir » les deux Sith se battre côte à côte est purement jouissif. Et le livre m’a fait repenser au fait que, bien que les deux personnages soient très importants dans l’univers Star Wars, il est rare de les voir ensemble. En effet, bien qu’on ait pu les apercevoir tailler le bout de gras au détour d’un comics ou autre, cela permet rarement à leur relation d’avancer, et — surtout — ça ne dure jamais bien longtemps. Les voir discuter pendant de longs moments est alors d’autant plus captivant.

En vérité, le livre est très rapide à lire, pour la bonne raison que toutes les actions vont vite. Le prologue est très rythmé, la mise en place du plan prend quelques chapitres, puis la mise en exécution de l’attaque se déroule très rapidement ; à tel point qu’à certains moments, je me disais « Mais… ? L’attaque est déjà presque finie alors que je n’en suis qu’à la moitié du livre ». Malheureusement, la troisième partie vient un peu ralentir ce rythme effrené, et ne présente pas beaucoup d’actions, tout en prenant autant de temps que la seconde partie. Néanmoins, la dernière partie retrouve son allure et finit parfaitement. Le livre aurait, donc, peut-être gagné à être légèrement plus court (ne serait-ce que d’un ou deux chapitres) ; et c’est, je pense, le seul réel défaut du roman : essayer de tenir en haleine le lecteur quand les événements présentés ne le permettent pas vraiment. Rien de bien grave, à mon goût, cependant ! Je ne peux donc que vous recommander cet ouvrage !

Sur ce, à dans deux semaines pour une nouvelle review !

Catégories : Reviews VF

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