Les Reines de Sang. Constance d’Antioche, la Princesse Rebelle Tome 2

Parmi les Reines de Sang qui ont émaillées l’Histoire de France, je dois avouer que Constance d’Antioche n’est pas celle dont le destin m’aurait paru le plus à même de se singulariser par une adaptation en B.D. Pourtant, La Princesse Rebelle, Tome 2 de la série qui lui est consacrée, m’a laissé pantois, alors que je n’en attendais pas grand-chose.

1949. Le roi d’Antioche et, accessoirement, mari de Constance trouve la mort dans une bataille contre Nur-Ad Din. Constance se retrouve donc seule à la tête du royaume, secondée par Aimery de Limoges, Patriarche latin, et un conseil de barons. Mais la ville est assiégée par les armées de Nur-Ad Din et ne doit son salut qu’à l’intervention de Baudouin III, roi de Jérusalem. Parmi ses chevaliers se trouve Renaud de Châtillon, qui ne laisse pas la jeune veuve indifférente.

 

Jean-Pierre Pécau prend forcément quelques libertés avec l’Histoire, empruntant certains raccourcis narratifs qui, s’ils doivent hérisser le poil des historiens, permettent de rythmer la narration de façon efficace. Il nous propose alors une histoire épique, pleine de complots, manigances, trahisons, batailles et aussi un peu d’amour. On a vraiment l’impression de lire une pure histoire de fiction, tellement les faits semblent s’enchaîner de façon quasi naturelle. Constance apparaît vraiment comme une femme forte, sachant ce qu’elle veut et prête à tous les sacrifices pour la sauvegarde de son royaume. On sent bien, d’ailleurs, qu’après le passage de flambeau à son fils aîné, plus rien ne semble la retenir en ce monde… Renaud, lui, est plus ambivalent, son caractère alternant entre la grandeur d’âme et la vilénie, parfois. La seule chose pour laquelle aucun doute ne semble permis, c’est son amour pour Constance.

 

La partie graphique, là encore, me faisait un peu peur avant de commencer la lecture. Il faut dire que j’ai dû être traumatisé par les B.D historiques de mon enfance, où le respect strict de l’Histoire était prépondérant, par rapport à la qualité du dessin. Gabriele Parma arrive  gommer cet aspect historique, un peu comme un bon réalisateur réussit à sublimer ses scènes par l’utilisation du bon angle de vue. Du coup, le dessin est fouillé sans jamais tomber dans des travers de sur-représentation. C’est clair, fluide, tout en gardant l’aspect franco-belge auquel on peut s’attendre. Ce n’est pas Pestilence. Le trait reste fin et les personnages réalistes. D’ailleurs, la mise en couleurs de Dimitri Fogolin aide à centrer l’œil sur chaque case tout en illuminant les planches.

 

Je n’en attendais rien et j’en retire beaucoup. Culture et B.D font bon ménage dans ce titre qui ne boude pas les scènes d’action, ni les ingrédients qui font un bon scénario. Le fait qu’il s’agisse d’une histoire vraie rajoute encore aux qualités du titre. À lire sans aucune appréhension.

 


 

  • Titre: Les Reines de Sang. Constance d’Antioche, la Princesse Rebelle Tome 2
  • Album : 56 pages
  • Editeur : Delcourt 
  • Collection : Histoire & Histoires – Long Métrage
  • Langue : Français
  • ISBN : 978-2-413-01364-8
  • Prix : 14,95€

 

    
HISTOIRE
85%
   
DESSIN
80%
    
COLORISATION
80%
    
CARACTÉRISATION
85%
    
AMBIANCE GLOBALE
90%