“Et si les héros de littérature ne ressemblaient pas à la vision romancée que nous en avons?”

Avec un tel postulat, Legendary Love ne pouvait que susciter la curiosité…

Saki est une lycéenne qui n’a pas connu son père, vivant uniquement avec sa mère. Dans l’éducation qu’elle a prodigué à sa fille, elle a inclus beaucoup, énormément, d’éléments provenant de son roman préféré (qu’elle a en multiples exemplaires) : Hoshin Engi. Qui plus est, Saki possède une force herculéenne qui la met un peu en retrait par rapport aux autres ados et l’empêche d’avoir un petit ami.

Mais un jour, Saki va tomber sur un vieux parchemin de Hoshin Engi et va se retrouver transportée à la place de la jeune fille du roman et rencontrer Shiga.

Hoshin Engi est un manga [c’est l’histoire du chat qui se mord la queue] inspiré d’un roman Chinois du 16e siècle, Fengshen Yanyi (L’Investiture des Dieux). Il raconte la lutte entre les dynasties Shang et Zhou. De nombreux personnages interviennent tout au long du récit, dont la plupart dotés de pouvoirs extraordinaires.

Legendary Love se concentre sur le personnage de Jiang Ziya (renommé Shiga Taikobo dans la série), un érudit qui avait l’habitude de pêcher avec une canne sans appât.

Si pour son scénario Keiko Sakano se revendique du roman Chinois original, il faut bien être conscient que son inspiration provient plutôt de la série de manga Hoshin. Pour la dimension culturelle et historique, c’est donc à revoir.

L’autre souci, c’est que L’Investiture des Dieux, pour les pauvres petits Occidentaux que nous sommes, ce n’est pas très parlant [à moins d’être féru de littérature Chinoise ou très instruit]. Après, quand on lit un manga, on ne s’attend pas à une adaptation de chez Disney non plus, mais ça a son importance. En effet, certaines subtilités peuvent ainsi nous échapper et, du coup, on y perd en références culturelles.

Ceci mis à part, la mangaka nous livre une histoire bien tournée, que ce premier volume sert surtout à mettre en place, même si l’intrigue avance assez rapidement. On n’en apprend pas beaucoup sur le pourquoi de l’arrivée de Saki dans cet univers, même si on devine une connexion avec son père inconnu et sa mère obsédée par cette histoire. Taikobo, lui, est bien ancré dans son rôle de jem’enfoutiste, alors que Saki voit en lui un héros.  C’est sur cette opposition entre les attentes de la jeune fille et le caractère du “héros” que repose le ressort comique de la série.

Côté dessins, c’est clair, lisible et dynamique à la fois. Les arrière-plans sont vides, mais on s’y fait. Ça permet de ne pas surcharger les pages et d’utiliser un découpage utilisant toutes formes de cases et de mise en page. Les personnages ont également des traits suffisamment marqués pour ne pas les confondre.

Je n’ai pas été entièrement convaincu par ce Tome 1, l’histoire me semblant un peu abstraite et surtout loin de ma vision d’un Conte. Néanmoins, ceci mis à part, ce manga possède de réelles qualités, ne serait-ce que par son storytelling et sa partie graphique. Le Tome 2 (sur 4) devrait rectifier le tir en nous plaçant en terrain déjà exploré pour apprécier la suite.


  • Titre : Legendary Love – Tome 1
  • Tankobon broché: 192 pages
  • Editeur : Soleil (2 mai 2018)
  • Collection : SOL.SHOJO
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2302070569
  • ISBN-13: 978-2302070561
  • Prix : 7,99€

    
HISTOIRE
70%
   
DESSIN
85%
    
CARACTÉRISATION
70%
    
AMBIANCE GLOBALE
70%


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