Il est des comics qui inspirent dès la lecture des premières planches. Mon premier contact avec Le Jardin des Souvenirs s’est fait par le biais du magazine de previews de Delcourt, et déjà là, j’ai été intrigué.

Un anonyme s’occupe des anonymes. Plus particulièrement, un homme a décidé de retrouver les identités de toutes les personnes enterrées anonymement sur Hart Island, au large de New York. Pour John Doe, tous ces anonymes méritent qu’on les retrouve, que quelqu’un se batte pour eux et recherche, en plus de leur identité, la justice. Car oui, les indigents de Hart Island ont souvent été victimes de crimes. S’appuyant sur un vaste réseau de personnes redevables, mais bien placées, Doe mène son enquête au gré des rues crasseuses et des quartiers sombres de New York.

Le scénario de Mark Waid lorgne ostensiblement vers le polar noir, le pur, le dur. Son John Doe mène une mission sacrée, sans que jamais l’auteur nous donne ses motivations, si ce n’est l’indice de son nom. En effet, aux États-Unis, John Doe est le nom que l’on donne aux anonymes. Inconnu, sans aucune identité, son héros cherche la vérité pour ses semblables, au cœur d’un New York ressemblant étrangement à Gotham City. Peuplée de malfrats, de ripoux, la ville est un personnage à part entière, comme peut l’être Gotham dans une histoire de Batman. D’ailleurs, Doe a beaucoup de points communs avec lui, dans ses méthodes d’investigation, tout comme dans son jusqu’au-boutisme. Il fait même parfois passer le chevalier noir pour un petit joueur. Faut pas chercher John Doe!

L’autre héros avec lequel on trouve des similitudes, c’est le Shadow. Encore une fois pour le côté “ pulp ”, noir, qui se dégage du récit, mais également pour l’utilisation d’un réseau d’agents, censés ne pas se connaître les uns les autres, et dédiés à leur “ employeur ”.

Les dessins de Paul Azaceta renforcent au fil de la lecture cette impression d’oppression, de ruelles sales et glauques. Le New York dépeint et illustré est plus celui des années 70 que celui post-Juliani que nous connaissons aujourd’hui. En ce sens, la patte graphique de l’artiste se rapproche beaucoup de ce qu’a pu livrer Miller sur Daredevil. Servies par un encrage aux larges aplats de noir et les couleurs, basiques, de Nick Filardi, les planches renforcent encore plus cette impression.

Sans costume sans super-pouvoirs ou gadgets coûteux, le design de John Doe, simple et efficace, le rend plus humain.

Prenant, poignant, vibrant et véritable polar, ce volume est une véritable découverte, un vrai coup de cœur de début d’année, et je ne peux que vous inviter à vous jeter dessus. C’est une véritable expérience d’immersion qui fait qu’on ne lâche pas les pages une seule seconde. Pour ma part, je le classerai dores et déjà dans mon Top 2017.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inline
Inline