Au milieu d’un monde irradié se trouve le Beffroi, entouré par une ville remplie de diverses créatures vivant entre elles, mais surtout, essayant de survivre alors que l’aristocratie humaine vit et règne d’une main de maître ! Pour maintenir la paix parmi les habitants, la commandante, Sha.

Sha est l’une des dernières de son espèce, connue sous le nom de Medusi. Elle travaille pour une caste qui la déteste, car elle est différente, mais, grâce à ses compétences, elle leur est nécessaire. Quand l’ancien Baron du Beffroi meurt, une nouvelle Baronne est prête à prendre sa place. Alors que le Baron était un homme tolérant qui travaillait pour l’égalité entre les différentes créatures, la nouvelle Baronne n’a pas pris quatre chemins pour ouvertement exprimer son dégoût. Mais lorsque les membres de l’aristocratie meurent les uns après les autres, brutalement assassinés dans la ville, la Baronne oblige Sha à résoudre le crime, sous peine d’être forcée d’abandonner son poste de commandante, elle part alors mener l’enquête pour trouver le tueur, tout en faisant face à ses démons personnels et un passé qu’elle a choisi d‘oublier.

Le Beffroi est une histoire classique de mystère et de meurtre, plutôt passionnante. Simon Spurrier a certainement dû lire pas mal d’histoires de Sherlock Holmes par Sir Arthur Conan Doyle. On se rend vite compte que, d’une page à l’autre, il pousse de façon transparente l’histoire en introduisant, intrigue après intrigue, le fil conducteur de son histoire. Mais il n’en oublie pas le développement des personnages. J’ai d’ailleurs fait rapidement le rapprochement entre Sha et Sherlock, lorsqu’elle examine les scènes de crime et trouve des indices qu’aucun de ses subordonnés ne remarque. Là où Spurrier est malin, c’est qu’il s’assure de garder le lecteur impliqué dans sa pensée, via le processus de dialogue, de la même manière que Holmes exposerait à Watson. Spurrier parvient, tout au long de la lecture, à injecter les pièces du puzzle de manière subtile, jusqu’à l’apogée où Sha… Eh ben, non ! Va lire la suite !

Spurrier réalise une prouesse, à savoir qu’à aucun moment je n’ai réussi à deviner qui était le tueur. J’ai d’ailleurs relu une seconde fois le titre, et là, tous les petits indices laissés tout au long de l’histoire, à droite, à gauche, prennent plus d’importance ! Et on réalise que tout se tient parfaitement ! Du pur génie !

Graphiquement, le style ne m’a pas accroché dès le départ. Cependant, l’ambiance que Jeff Stokely nous offre, notamment grâce à une attention incroyable aux détails, nous permet de bien nous plonger dans l’histoire, et le travail des deux artistes nous absorbe complètement. Ce n’est pas le comic le plus graphique de l’année, mais ça fait bien le boulot, car l’histoire tient bien la route ! C’est un combo efficace.

Comme je vous le disais, ce qui m’a séduit, c’est l’histoire, mais plus que ça, les dialogues sont la vraie star ici et je voulais vous en parler. J’ai vraiment aimé les interactions de Sha et ses compagnons. Les conversations entre chaque personnage, tant dans lors des enquêtes que dans les moments off, sont bien construites et conduisent à une relation crédible. Rien n’est “trop” ou “pas assez”. La juste mesure est là ! Spurrier nous donne assez de temps pour nous familiariser avec chacun des personnages, pour nous faire ressentir leurs émotions et, heureusement, réfléchir à leurs histoires, et surtout à la fin, là où certains écrivains les auraient laissées sans solution.

Globalement, j’ai été agréablement surpris par cette histoire. La construction et la caractérisation de chaque personnage, sont des choses de très travaillées et c’est vraiment agréable. Cependant, le vrai point noir est la conclusion. Je ne vais pas le spoiler, mais je trouve le justificatif très décevant… Mais après tout, si on transpose avec des crimes réels, les justificatifs ne sont parfois pas réellement compréhensibles par nous, sains d’esprit !

Donc, pour moi, le Beffroi est un titre qui mérite facilement une, voire deux lectures, pour en apprécier pleinement tout le plaisir de lecture. Il fonctionne comme un roman, le récit est solide et graphiquement il tient la route ! Je ne pourrais pas le conseillé à un jeune public, car les scènes de meurtres sont relativement graphiques. Il est aussi à noter que le titre aborde des thèmes LGBT qui ne sont quand même pas écrasés en plein milieu de la figure, donc c’est un grand plus d’avoir glissé ça dedans, ça enrichit le titre et le sujet est plutôt bien maîtrisé !

Je vous conseille donc grandement de vous pencher sur ce titre, qui est un très bon moment de lecture ! Je suis sûr que d’autres auront des opinions différentes sur la fin, mais peu importe, je peux vous garantir que vous apprécierez le voyage.


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