Jugh

Après le relaunch (réussi) de la série Archie, c’est maintenant au tour de son pote Jughead de se retrouver sur l’étalage de notre revendeur de comics préféré. Autopsie d’une série qui va nous parler de plus que des burgers… Mais principalement, de burgers.

La genèse de la série a été plutôt chaotique : prévue en tant que financement participatif sur Kickstarter, ce procédé a soulevé un tollé dans l’industrie du comics, mais également parmi les fans. Il faut dire que le gars Jughead est quasiment aussi connu qu’Archie, Betty et Veronica et a eu sa propre série dès 1949. Du coup, Archie Comics a fait machine arrière et s’en est remis à des moyens de financement plus traditionnels, retardant un peu la sortie de la série.

Ce sur quoi ils ont persisté, par contre, c’est le scénariste de Jughead : Chip Zdarsky [encore lui. Cet homme me poursuit]. Trait d’humour mis à part [sic!], je ne vais pas reprendre ma litanie sur l’auteur que j’adore. L’humour est omniprésent dans l’écriture et ressort aussi en comique de situation sans jamais verser dans le côté Trois Stooges cher aux Américains. L’histoire est légère et, Jughead oblige, est centrée sur la nourriture.

Juh

Le scénario du premier numéro se découpe en trois phases : introduction, délire, revanche ; ayant chacune sa propre ambiance : sérieux, délire, humour. La balance entre les différentes phases et types d’ambiance est bien équilibrée.

La seconde partie, totalement décalée, vous l’aurez compris, pourra en surprendre plus d’un. La scène où Jughead cuisine, dans la troisième partie, est elle complètement d’inspiration manga.

Alors bon, soyons honnête, l’intrigue (le prétexte ?) est légère et ne me semble pas être de nature à changer considérablement la face des comics. Ça parle également beaucoup, mais la lecture est facile et agréable. On ne finit pas le numéro en se demandant “Mais comment Jughead va-t-il résoudre cet épineux problème ?”, mais plutôt “Dans quel délire va-t-on être embarqué le mois prochain ?”. Et je pense qu’il s’agit là du but premier de ce comic.

Le dessin est assuré par Erica Henderson (la dessinatrice de Squirrel Girl chez Marvel) dont le trait est léger et aéré. Néanmoins, j’ai quand même une préférence pour les dessins de Fiona Staples sur Archie, les personnages de Henderson ayant un visage trop angulaire à mon goût et un petit quelque chose qui me chagrine avec leurs yeux. C’est rattrapé par un beau travail de colorisation dans les tons pastels qui convient bien à la série.

Comme d’habitude chez Archie Comics depuis la relance des titres, le numéro se termine par une histoire “classique” du personnage, intéressante pour les puristes mais véhiculant un côté rétro trop appuyé la rendant dispensable.

Jughead (2015-) 001-003

Ce premier numéro ne me convainc donc pas à 100 %, comme ça a pu être le cas avec la relance d’Archie. Je pense que les artistes doivent trouver leur vitesse de croisière, scénariste comme dessinatrice. Malgré l’estime que j’ai pour le travail de Zdarsky, et le rythme qu’il a insufflé à la série, je suis ressorti de la lecture avec un sentiment mitigé. Je n’arrive pas à dire si j’aurais aimé plus de folie ou plus de sérieux.