Drokk! Voilà bien longtemps que je ne m’étais pas plongé dans du Judge Dredd en V.F. Aaah, ça fait du bien de voir ce bon vieux Joe faire appliquer la loi. Armons-nous de notre lawgiver et penchons-nous un peu sur Origines.

Impossible de vous résumer cet imposant volume sans vous spoiler au moins la première partie de l’histoire. À continuer de lire à vos risques et périls.

Le Hall de Justice de Mega-City One reçoit le plus étrange des paquets, accompagné d’une demande de rançon : “Donnez-nous un milliard de crédits, et vous récupérerez le reste”. Quel reste, me direz-vous? Eh bien, le paquet contient de l’ADN du Juge Fargo en personne. L’homme à l’origine de l’avènement du système actuel de Justice. Et il serait vivant!! C’est à Dredd que revient la tâche de livrer la rançon et de ramener cette icône en ville. Accompagné de six Juge triés sur le volet, il va se rendre dans les Terres Maudites, à la recherche de Fargo, mais également de ses origines.

Ne nous méprenons pas, ce volume porte bien son nom, et ce pour trois raisons.

La première est que nous allons effectivement en savoir plus sur le plus grand de tous les Juges : d’où il vient, comment a-t-il été cloné à partir de Fargo, Rico, son passage à l’Académie, etc… Mais également sur les origines de Fargo et sur l’avènement de la Justice et la grande guerre qui a précédé l’émergence des Méga-Cités. En cela, même si on n’a jamais lu un seul épisode de Dredd, tout son folklore devient compréhensible une fois le volume refermé. Delirium a fait un bon choix en proposant ce Tome en premier pour introduire Dredd aux lecteurs. Et c’est une vraie joie de voir ces épisodes tirés de 2000AD enfin en Français.

La seconde, c’est que le scénario est signé John Wagner, qui n’est rien moins que le créateur de Judge Dredd. Excusez du peu! Qui d’autre que lui pouvait se pencher ainsi sur les origines du premier Juge? Il nous livre une description à la fois humaine et impitoyable de Dredd, abordant des facettes peu habituelles. En effet, Dredd n’est pas montré uniquement comme une machine à rendre la justice, mais également comme un être humain, à la recherche de ses origines. Son aspect protecteur envers ses équipiers, ou envers des “norms” égarés en Terre Maudite, voire envers les mutants, en fait également un humaniste. Eh oui, au risque d’en étonner plus d’un, le personnage est plus complexe qu’il n’y paraît. J’en veux pour preuve la dernière case de l’histoire.

Ce qui nous conduit à la troisième raison, à savoir le dessin, signé Carlos Ezquerra, le créateur de Judge Dredd. Et là, c’est du lourd également! Cette dernière case justement, toute simple, montrant Dredd de profil, son casque toujours vissé sur la tête, le menton en avant, dégage toutes les émotions qu’a pu mettre en exergue le scénario de Wagner. Avec une mise en page classique, Ezquerra réussit à insuffler la vie dans toutes ses planches et à livrer un Dredd toujours fort et imposant, tout en faisant ressortir son côté humain. Si la colorisation est un peu vive, elle n’en amenuise pas la qualité du dessin.

Mention particulière à Kev Walker, dessinateur de l’introduction qui, dans un style très noir et très urbain, arrive à nous livrer une histoire se déroulant à Mega-City, sans quasiment jamais nous montrer la ville.

Il est donc clair que ce volume, servi par ceux-là même qui ont créés Judge Dredd, il y a de cela quarante ans maintenant, est un indispensable. Véritable Year One du héros, il est le point parfait pour commencer à s’intéresser au personnage, ou pour en apprendre plus sur lui.  


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