Marvel’s Jessica Jones, la seconde série Netflix sous l’égide la Maison des Idées, avait fort à faire pour tenir la comparaison avec son prédécesseur, Daredevil. L’Homme sans Peur crevait en effet l’écran et se voyait reconduit pour une seconde saison en 2016. Mais qu’en est-il de notre brunette ?

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Jessica Jones, c’est avant tout une personne. Une détective privée opérant à New York et dont la plupart des enquêtes se résument à prendre en photo des hommes, le pantalon sur les chevilles, alors qu’ils sont en galante compagnie. Mais Jessica cache plusieurs secrets derrière une façade de névrotique alcoolique et je-m’en-foutiste. Si on résume chronologiquement, c’est une orpheline adoptée par une star de la télé qui s’est découvert des pouvoirs pour finir sous l’emprise d’un manipulateur mental qu’elle a réussi à fuir et qu’elle tente d’oublier. Ouf ! Revoyons la scène au ralenti…

Enfant, Jessica a perdu ses parents dans un accident de voiture dont elle se sent responsable. Suite à l’accident, la mère d’une jeune star de la télé décide de l’adopter pour redorer l’image de sa fille, Patsy Walker. Cette même fille qui est brutalisée par sa mère. Jessica découvre alors qu’elle est très forte et intervient pour protéger sa “sœur”. En grandissant, ses pouvoirs s’affinent et elle découvre également qu’elle peut, non pas voler, mais effectuer des sauts contrôlés. Poussée par Patsy, elle décide de combattre le crime. Ce faisant, elle est découverte par Killgrave, connu dans les comics sous le nom de l’Homme Pourpre. Ce dernier étant doté d’un pouvoir de contrôle mental, il craque pour Jessica, la forçant à faire ses quatre volontés, jusqu’à ce qu’elle réussisse à se libérer de son emprise. Le croyant mort, elle laisse alors sa vie de super-héroïne derrière elle pour se lancer dans une carrière de détective privé. Jusqu’à ce que Killgrave refasse surface…

 

Soyons clair sur la série : ce n’est pas pour tous les âges. C’est même clairement orienté adulte. Le ton est sombre, lugubre et malsain. En plus des meurtres et des tortures assez graphiques que Killgrave inflige à ses victimes, on parle également clairement de viols à répétition, ce qui est assez rare à la télé U.S. L’ambiance, tout comme le rythme du récit, est glauque, gluante. Imaginez un mélange de James Ellroy et de Sin City avançant à un rythme poussif. Ce côté polar rétro est également accentué par la musique du générique.

La saison suit d’ailleurs le même rythme que ce générique, jazzy, s’envolant ensuite vers des riffs de guitare électrique pour retomber comme un soufflet. Honnêtement, je me suis ennuyé au moins jusqu’au huitième épisode tellement c’est lent. Par contre, l’action évolue ensuite sans (trop de) temps mort, chaque élément se mettant en place rapidement au fil des épisodes restant, pour arriver à un dénouement convenu, mais à l’image de la série. C’est clair, c’est pas Agents of S.H.I.E.L.D ! On assiste également à deux combats épiques dans cette fin de saison, et je dois dire qu’ils sont assez jouissifs.

jessica-jones-kristen-ritter-4e20d81Les personnages, à commencer par Jessica Jones, suivent une certaine logique dans leur traitement. Comme je le disais plus haut, elle est alcoolique et névrosée. Mais au vu de son passif, on peut parfaitement le comprendre. Bien que je ne me souvienne pas que cet aspect était aussi poussé dans la série “Alias” dont est tirée la série télé. Krysten Ritter s’en sort plutôt bien dans le registre, mais elle est complètement écrasée par Mike Colter (Luke Cage) qui crève l’écran. Du coup, j’ai hâte de voir la série qui va lui être consacrée.

L’autre personnage intéressant c’est Patsy Walker (Hellcat!!) jouée par Rachael Taylor, la petite blondinette qui ne paye pas de mine mais qui a les tripes pour affronter des gens dotés de pouvoirs.

Quant à Killgrave, si je trouvais au début à David Tennant le charisme d’une huître grabataire, il a su, au fil des épisodes, mettre en exergue la psychose de son personnage, dévoré par une folie dévastatrice le rattachant à Jessica.

Jessica Jones a donc des qualités, mais n’est pas exempte de défauts. Son rythme additionné à la façon dont les sujets sont traités m’en ont rendu le visionnage difficile, même si l a fin permet de mettre un peu tout ça de côté. Mais je suis un grand garçon et j’ai regardé en connaissance de cause. Non, la principale chose qui m’a gêné, c’est la façon dont les pouvoirs de Jessica sont traités. Elle est censée être très forte, mais elle a parfois du mal à combattre un homme normal. À côté de ça elle tord des barres de métal ! Elle est censée être rapide, mais elle se traîne comme une tortue. Elle est censée pouvoir plus ou moins “voler”, mais elle s’enfuit par les escaliers. Et la seule fois où elle fait un “saut contrôlé” elle se rétame à l’atterrissage. Je sais que nous sommes dans l’imaginaire, mais un peu plus de cohérence aurait été appréciable.

À contrario, d’autres choses m’ont plu, outre les personnages secondaires comme Malcolm (Eka Darville) et ceux cités plus haut. J’ai aimé les défauts des personnages ! Personne n’est parfait. L’héroïne est alcoolo, l’acolyte est un junkie, l’avocate ne recule devant rien, un autre est un queutard… Et le méchant, Killgrave, il a le pouvoir de forcer les gens à faire ce qu’il veut. Et je reste persuadé que la plupart des gens agiraient exactement comme lui !! Est-ce que ça fait d’eux des gens mauvais ? Cette réflexion sur la condition, les désirs humains, est pour moi l’essence même de cette série.

Alors que faut-il retenir de Jessica Jones ? Bonne ou mauvaise série ? Je n’arrive pas à trancher et je me suis demandé, au cours du visionnage si je regarderais une éventuelle saison deux. Or il s’avère qu’une seconde saison a été annoncée par Netflix. Du coup, il me reste encore un peu de temps pour digérer cette noirceur et prendre ma décision.


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