Il est l’heure de passer une nouvelle série sur le grill, avec le Tome 1 de Iron Hammer against The Witch. Alors oui, toi lecteur qui parle anglais, tu auras compris que ça parle de sorcières, mais non, ce n’est pas un ersatz de Thor, version manga.

 

L’inquisition de l’Église Catholite fait rage dans le royaume de Spagne, plus particulièrement dans la ville de Sévolle. Tous les chrédiens sont prêts à soumettre à la question la moindre jeune fille qui dérogerait aux sacro-saintes écritures et ça, c’est pas cool! Car il faut savoir que les véritables sorcières, ça existe! Pour preuve, Domino Achucarro est là pour sauver l’une des jeunes filles mentionnées plus haut. Trop tard, hélas. Sous la torture et les viols répétés des prêtres inquisiteurs, la pauvre gamine en est morte. Morte??! Mais comment se fait-il qu’elle se dresse au milieu de ses bourreaux pour être conduite au bûcher? Le Marteau contre les sorcières [le voilà enfin], l’écrit de San Pedro Cebrigon Delvalle l’affirme : il est la seule arme contre les sorcières! C’est lui qui dicte aux inquisiteurs les moyens de les faire avouer. Mais si ce livre avait été écrit par le diable en personne, serait-il à l’origine de la résurrection de la petite?

 

Inquisition, démons, sorcières, maléfices, mais surtout tromperie sur la marchandise, le scénario de Murata Shinya regorge de références bibliques. Bon, il regorge surtout de références à l’Inquisition Espagnole (1478-1834 – oui, je sais, ça fait peur). Plus précisément, le scénariste se réfère aux années “fastes” [sic!] de l’Inquisition, sous la direction de Torquemada (entre 1480 et 1500, environ). En se basant sur la ferveur religieuse qui secouait l’Espagne en cette période, il a pris le parti de la transformer en une perversion diabolique machiavélique qui permet de créer de plus en plus de sorcières. Comme s’il y avait besoin de ça. Ses descriptions des tortures sont affreuses et on se prend de pitié pour les victimes.

Le scénario suit donc une “gentille” sorcière en mission pour la Papesse, qui apporte son aide à la chrédienté dans le seul but de détruire cette religion. Shinya prend alors le parti de détourner toutes les connaissances du lecteur en utilisant les codes d’un récit horrifico/médiéval. Et ça marche! À contrario, les personnages, sorcières et Papesse en tête, sont peu crédibles, car un peu trop manichéens.

 

Les dessins de Hiyama Daisuke sont pour beaucoup dans l’ambiance de cette série. Ses descriptions d’engins de torture, et de leur mode d’emploi, son effarantes de réalisme. Comme il le dit en préambule, il a effectué beaucoup de recherches et ça se voit.

Mis à part les moments de torture qui frappent le lecteur, son trait s’avère agréable, maîtrisé, tout en rondeurs. Les cadrages et découpage des pages sont harmonieux et bien choisis, même si on constate rapidement qu’il a une prédilection pour la contre-plongée. Là où dans différents mangas ce n’est qu’une excuse pour du fan service, on s’aperçoit que c’est un angle avec lequel il est à l’aise et qui permet d’appuyer le propos.

 

Seinen pour public averti, Iron Hammer a l’avantage de mettre les Européens face à une partie de leur histoire dont on n’a pas à être fiers. Plus que ça, c’est également une histoire qui pourra ravir les lecteurs un peu plus mûrs, à la recherche d’un scénario un peu plus fouillé et de dessins plaisants.

 


  • Titre :Iron Hammer against The Witch – Tome 1
  • Album: 192 pages
  • Editeur : Delcourt/Tonkam (7 novembre 2018)
  • Collection : Seinen
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 978-2-413-01238-2
  • Prix : 7,99€

    
HISTOIRE
85%
   
DESSIN
85%
    
CARACTÉRISATION
80%
    
AMBIANCE GLOBALE
90%

Catégories : Reviews Mangas

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