CiroChroniques Comics : Bonjour, pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?

Ciro Tota : Je m’appelle Ciro Tota, je suis né en Italie il y a bien longtemps. Je suis arrivé en France lorsque j’avais 5 ans. J’ai appris a lire et a écrire grâce à la bande dessinée, dans les petits formats de l’époque, les 13×18 : Zembla, Rodeo, etc. Je suis donc arrivé à la BD pour une raison toute simple : je ne savais ni lire, ni écrire le français, mais je savais dessiner ! Je dessinais tout le temps. Petit à petit je me suis mis a faire des petites bandes dessinées pour moi, puis j’ai décidé d’aller voir les éditions LUG, qui étaient à Lyon, étant donné que je ne vivais pas très loin. J’ai attaqué justement par des petits formats, à savoir Blek le Rock. J’ai ensuite travaillé pour Glenat, puis Delcourt et ensuite Soleil.

C.C : Justement, comment avez-vous fait la transition des petits formats vers le « grand format » ?

Ciro Tota : Eh bien, en fait, c’est plutôt une suite logique. À force de bosser sur des petits formats on aspire à travailler sur de belles éditions. J’ai donc franchi le cap dès que j’en ai eu l’occasion.

 

C.C : En termes de travail est-ce vraiment différent ?

Ciro Tota : Ah non, absolument pas. Rien ne change, car en petit format les cases sont plus grandes et dans les grands formats les cases sont à peu près les mêmes, c’était plus soigné avec un meilleur éditorial.

 

C.C : Vous avez donc repris la série Aquablue après Vatine, du coup y a-t-il eu un temps d’adaptation ?

Ciro Tota : Il y a deux choses qu’il faut savoir en fait. On ma demandé de faire une série parallèle à Aquablue, du coup je n’avais pas la « pression » de remplacer Vatine. Ensuite, on m’a choisi pour deux raisons, la première est que j’avais un style qui se rapproche du sien, et la seconde est qu’on avait le même scénariste à ce moment la.

Après c’est sûr que quand on arrive sur une série on fait des heureux, ceux qui nous suivent, et des mécontents ceux qui aimaient l’artiste que l’on remplace. Là on peut ne rien y faire.

AQUABLUE

C.C : Comment êtes-vous arrivé sur les conquérants de Troy ?

Ciro Tota : Au fil des salons, des rencontres, on commence à se connaître [entre artistes], puis on se propose des choses en fonction de nos disponibilités. En plus, l’univers d’Arleston me plaisait déjà beaucoup, les choses se font tout le temps de manière naturelle.

 

C.C : Le fait d’avoir travaillé sur les petits formats est ce que c’était une bonne école pour vous ?

Ciro Tota : Oh oui ! C’est à mon avis la meilleure école, car on dessine de tout, j’ai fait du western, du super héros, de la jungle. J’ai vraiment fait de tout, ça permet de passer d’un dessin de voiture à celui d’une diligence sans aucun problème, du moins pour moi.

 

C.C : En parlant de super héros ! Je n’allais pas laisser passer Photonik comme ça, surtout avec la sortie de la superbe édition Black & White ! On sait que les premiers Photonik sont sortis en couleur dans les albums Mustang. Est-ce une volonté de votre part de les rééditer sous ce format noir et blanc ?

Ciro Tota : On avait fait plusieurs essais en couleur, mais ça ne marchait pas à cause des dessins qui ont plus de vingt ans, et ces essais ne me convenaient pas. En tant que dessinateur je suis très amoureux du noir et blanc ! Du coup on est parti avec des essais noir et blanc qui nous ont convaincus et ont lancé le projet ! Et le résultat est superbe : sur 600 pages il n’y a pas une seule qui a raté, la qualité d’impression et de papier est vraiment merveilleuse.

photonik noir

C.C : C’est un vrai coup de cœur pour vous donc ?

Ciro Tota : En effet, c’est vraiment ça ! Les gens qui sont venus me voir étaient très gentils et j’ai tout de suite eu confiance en eux. Ce qui était intéressant, c’est que j’ai pu suivre le projet du début à la fin et je ne suis pas du tout mécontent du résultat.

 

C.C : D’ailleurs sur cette série Photonik, on sait que certains épisodes ont été dessinés par Jean-Yves Mitton, Pourquoi ?

Ciro Tota : Lorsqu’on travaille pour une maison d’édition qui édite de grosses séries américaines comme l’araignée, le surfer d’argent, daredevil, iron man, etc, on doit produire un épisode par mois. Même dans les séries américaines il y a du retard, et dans mon cas Mitton me donneait la main justement quand j’avais besoin de souffler. L’avantage de Mitton, c’est qu’il est très rapide, et surtout qu’il était en France le meilleur rapport qualité-rapidité ! Il n’y avait aucun problème pour qu’il me remplace et il avait d’ailleurs carte blanche sur Photonik !

 

C.C : Les épisodes de Photonik de Mitton sont en quelque sorte ses bébés ? Cela ne pose pas de problème au niveau des droits ?

Ciro Tota : Jean-Yve Mitton est extrêmement fier [de son travail sur Photonik] ! Concernant la gestion des droits et dividendes, c’est calculé au nombre de planches sur l’album tout simplement. Il est en fait co-auteur.

C.C : D’accord et ma dernière question : peut-on imaginer voir la fin des aventures de Photonik ?

Ciro Tota : Au pluriel non ! Mais il y aura une nouvelle histoire qui conclura tout cela ! J’y planche actuellement. Pour moi ce sera le point final.

 

Merci beaucoup pour cette entrevue.

Catégories : Interviews

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