Suite à ma rencontre avec Niro, le sympathique et talentueux dessinateur je me suis attelé à la lecture de sa création farfelue : Friskoz Invaderz from Space. Et qu’en dire? Beeeeeen c’est vachement chouette! Comment, ça ne suffit pas? O.K!

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Friskoz, de son petit nom, est une création de Niro, qui en assure le dessin, scénarisée par Le Double. Jusque là, tout est normal. C’est ensuite que tout va à vau l’eau. Et c’est justement le cas :

Suite à un désastre climatique, les eaux ont envahi la totalité du globe. Seule une ville résiste encore et toujours à l’invasion liquide : Friskoz! Qui de city est devenue Island. L’afflux de réfugiés climatiques incite les autorités à prendre des mesures drastiques, restreignant l’accès à la ville en l’entourant d’une ceinture de mines, et remplaçant peu à peu la police (dirigée par un clone de Clint Eastwood) par une milice, les Patrol Boyz. Dans ce foutoir sans nom, le comic suit les aventures de Nic Loomis, ancien flic et détective privé sur béquilles portant un cône de Lübeck sur la tête.

Et entre mener la vie dure aux Patrol Boyz, rechercher le chat de sa logeuse et arrêter un sniper fou, il va avoir du boulot!

Au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire, les relations entre les personnages évoluent et Le Double nous dépeint une galerie de personnages tous plus cinglés les uns que les autres. Le grand déluge, l’isolation, les restrictions et pénuries tapent petit à petit sur le ciboulot de tous les habitants de Friskoz, jusqu’au cliffhanger final.

En plus de l’histoire carrément jouissive, exploitant à fond tous les travers de l’humanité, Friskoz vaut surtout pour sa galerie de personnages. TOUS les habitants de l’île sont, soit cinglés, soit… pas nets. Du chef de la police carrément tortionnaire, aux Patrol Boyz bêtes et méchants, en passant par la logeuse sadique et menaçante, seuls Loomis et quelques-uns de ses amis semblent être à peu prés normaux. Oui, à peu près car la normalité n’existe pas sur l’île.

En plus de leur caractère particulier, chacun a la gueule de l’emploi. Niro utilise un trait caricatural dans ses dessins qui va comme un gant à l’ambiance et aux caractères de chacun. Se situant entre un Eric Powell et un Robert Crumb, on le verrait bien exporter son talent et sa folie dans MAD. Le volume est également agrémenté de fausses affiches de films et pubs débiles.

Inspiré par les Crados et les films de série B (Z?) des années 80, ceux de Peter Jackson en tête (et je fais là référence à Bad Taste, Les Feebles et Brain Dead), Friskoz est une expérience graphique unique dans le paysage du comics made in France. On en viendrait à regretter que ce ne soit pas en odorama…

 

Vous l’aurez compris, j’ai pris mon pied à la lecture de ce comic subversif et décalé. Et d’ailleurs, le Tome 2 fait actuellement l’objet d’une campagne de financement sur Ulule.  Les contreparties à partir de 8€ vous permettront d’avoir accès à ce Tome 1 en pdf car il est assez dur à trouver. Et ça permettra enfin de répondre à la question qui taraude tous les lecteurs du Tome 1 : « Mais c’est quoi, Krokette »?

 

Quelques images pour illustrer les mots :

Catégories : Reviews VF

1 commentaire

Cara · 17 juin 2015 à 17 h 52 min

Ouh la en effet ça donne bien envie de le lire, à priori ça doit être une pépite, rare dans un monde bien trop sérieux à mon goût!
Merci pour cette chronique^^

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