Je poursuis en votre compagnie mon exploration du genre manga, avec cette semaine un titre Delcourt/Tonkam, Empress of Flame. Et pas de doute, c’est bien du manga, la couverture nous proposant une demoiselle aux cheveux roses avec une grosse épée. D’ailleurs, le foisonnement d’épées dans le manga serait-il un symbole phallique faisant écho aux nombreuses petites culottes? Vous avez deux heures et ce sera un devoir noté…

Le prologue nous raconte l’histoire du Brave, qui vainquit le Roi du Mal et libéra ainsi le monde entier. Petit air d’héroïc fantasy, pour le coup. Le Brave décide de prendre l’identité de Blade et de s’inscrire à l’Académie Rosewood, dont le but est de former les futurs héros destinés à protéger le genre humain. Comme un garçon ordinaire. Parmi les élèves de l’Académie, Arnest se trouve être la meilleure. Bien plus que ça, elle prend même parfois les rênes de l’entrainement en plus de l’ascendant sur les professeurs. Mais plus qu’un bourreau de travail, Arnest est l’héritière d’une épée maudite, possédée par le démon Asmodus. Contrôler l’épée et son démon se fait donc au prix d’un grand effort. Seul Blade réussira à bouleverser cet équilibre précaire, mais à quel prix?

Ce one-shot est inspiré des light novels éponymes écrites par Shin Araki dont six volumes ont déjà été publiés au Japon. C’est d’ailleurs également l’auteur des romans qui signe le scénario de cette adaptation, en adoptant toutefois un point de vue différent. Au niveau des influences, vous prenez un peu de Harry Potter, beaucoup de l’archétype du héros de fantasy, cuisiné à la sauce lycée Japonais, comme en en voit dans beaucoup de mangas et d’animes, en saupoudrant d’une pincée de mythologie. Décomposée en six chapitres, l’histoire avance très vite, sans laisser le temps d’installer les personnages autrement que dans un modèle simplifié. Cela permet pourtant d’insuffler au volume un rythme soutenu, entrecoupé de moments « fan service » et d’intermèdes « comiques », qui semblent être la signature des mangas en général.

Contrairement à d’autres artistes qui déforment les personnages lors de ces moments-là, Takashi Minakuchi reste constant dans son dessin. Si son trait n’a rien d’exceptionnel, il en reste plaisant à regarder et il semble se faire plaisir à dessiner la dimension d’Asmodus, ce qui apporte une touche visuelle plus sombre. La mise en page est soutenue, collant bien au rythme de l’histoire [même si j’ai toujours du mal à lire à l’envers]. Ses personnages sont beaux, avec des visages très similaires entre hommes et femmes et il évite les poses improbables, ce qui rend l’ensemble plus tangible. Bon, et il se fait aussi plaisir à dessiner l’héroïne à poil.

En conclusion, un volume agréable à lire, sans prise de tête ni background hallucinant à ingérer. Se référant à d’autres supports, il peut donner l’envie d’en savoir plus sur la série.


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