Ma première approche de l’univers de Devilman remonte à une dizaine d’années maintenant. Je me souviens de la collection de DVD de ma tante et d’un film live nommé Devilman, que mon petit frère adorait regarder en boucle. J’avais quelques souvenirs de ce film avant de regarder Devilman Crybaby, notamment sur le déroulé des événements important, dont certains m’avaient vraiment marqué à l’époque.

Après dix épisodes de Devilman Crybaby, une fois le générique final déroulé, je peux affirmer que je me souvenais en effet de l’histoire globale, mais qu’il m’avait manqué alors quelque chose dans le film de l’époque. L’investissement émotionnel qu’a su apporter Crybaby.

Diffusée en intégralité sur Netflix avec un total de dix épisodes, Devilman Crybaby est une adaptation en animé du manga Devilman de Go Nagai.

Avec un rendu visuel atypique, la série peut rebuter les spectateurs d’animé lambda. Pourtant, le charme a totalement opéré sur moi et la photographie générale m’est apparue tout simplement sublime. Parfois délirante, à la limite du psychédélique, l’ambiance parvient toujours à servir le propos de l’histoire.

En ce qui concerne l’histoire, justement, je ne vous cacherai pas qu’elle n’est pas à mettre entre toutes les mains, mais paradoxalement, tout le monde devrait la connaître quand même.

Si, pour des enfants, c’est clairement déconseillé, toute personne adulte et responsable devrait pouvoir y jeter un œil attentif.

C’est cru, d’une tristesse infinie et fataliste à l’extrême ; mais tellement humain. Il me parait évident qu’une partie du public ne trouvera pas d’intérêt à l’œuvre, elle pourrait même être qualifiée de mauvaise, ou de moche, par certains, à cause du choix esthétique.

Ces détracteurs trouvent pourtant leurs place à l’intérieur même de l’œuvre. La haine et le mépris prennent une place réellement prépondérante de l’histoire. Oui, c’est la plus grande force de Devilman Crybaby, sa capacité à nous investir et nous faire vivre cette histoire comme si c’était la nôtre, peut importe la manière.

Tout comme le manga Devilman original, Crybaby est le « témoin » de notre génération. Une adaptation beaucoup plus parlante pour nous que l’ancien Devilman. J’insiste sur le mot « témoin », car c’est une notion très importante de l’histoire.

J’ai lu Devilman pour préparer cet article et l’histoire est grandement similaire. Les changements s’opèrent surtout dans l’époque décrite et le background.

Dans Devilman, c’était une période d’après seconde guerre mondiale, tant dans la publication que dans l’histoire. La peur du nucléaire régnait sur le monde et jouait pour beaucoup dans le sentiment de peur ambiante, pour peu que l’on se remette dans le contexte.

Crybaby prend le parti-prix de se situer dans notre époque, avec l’utilisation des médias et réseaux sociaux. La crainte réside donc avant tout dans la surinformation et la capacité de tout-un-chacun de s’exprimer sur internet, pour le meilleur ou pour le pire.

Une autre superbe trouvaille est le groupe de caïds dans le manga, remplacé ici par un groupe de jeunes rappeurs, témoins de notre époque meurtrie. Leurs textes sont beaux et pleins de profondeur et font prendre conscience du monde qui les entoure et, par conséquent, du nôtre.

Au final, Devilman Crybaby porte un message fort, sans doute le plus fort qui existe, comme Devilman à son époque. C’est sans compromis et sans faux semblant. C’est d’une justesse troublante et c’est personnellement mon seul désir dans une œuvre. Regardez. Lisez. Réfléchissez. Pleurez s’il le faut.

J’espère du fond du cœur que les messages sauront vous toucher, en faire changer certains, même. Une chose est sûre, nous suivons tous le même chemin et il ne tient qu’à nous de prendre une autre route afin d’éviter ce qui apparaît pourtant comme l’inévitable.

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