daredevil-02Soyons réalistes : Netflix a hissé le standard des adaptations télé de comics à un nouveau niveau avec Daredevil. La première saison était une claque visuelle par le traitement adulte, sombre, apporté à l’histoire. On attendait beaucoup de la saison deux qui, encore une fois, devait nous convaincre le temps de treize épisodes.

Et treize épisodes c’est peu. Ou c’est trop.

En effet, la saison développait deux arcs principaux et pas forcément complémentaires avec l’introduction de deux nouveaux personnages et pas des moindres : le Punisher et Elektra.

daredevil-06Le Punisher est le thème central des premiers épisodes et on peut dire que c’est beau et réussi. L’interprétation de Jon Bernthal est poignante, qu’il interprète un maniaque homicide et adepte de la loi du Talion, ou le père de famille brisé par la mort de ses proches. Il arrive à déclencher de l’empathie pour cet homme là, celui qui récite la comptine qu’il lisait à sa petite fille alors même qu’il prépare un piège mortel pour ses ennemis. Il est vrai que le Punisher est sans pitié, mais il n’en reste pas moins toujours un homme, et c’est cet équilibre qui en fait un personnage brillant de cette saison.

Franck Castle développe d’ailleurs une relation sans ambiguïté avec Karen Page, basée sur un respect mutuel. À cette occasion, le personnage fait montre d’une certaine forme de probité et d’un code d’honneur à toute épreuve. Là encore, la mayonnaise prend et impose le Punisher comme un personnage fort, qu’il soit dans les rues, au tribunal, ou en prison.

Plébiscité par les téléspectateurs, Netflix et Marvel ne s’y sont pas trompés vu qu’une série solo est prévue pour le personnage.

daredevil-01Elektra, elle, arrive comme un cheveu sur la soupe pour foutre en l’air la vie de Matt Murdock. On en apprend plus sur leur relation passée et leurs points communs développés au cours de ce laps de temps passés ensemble. Elle est autant attachée à Matt qu’à Daredevil, qui ne sont pas les deux facettes d’une seule personne, mais bel et bien un tout indissociable. De son côté, elle est ce qu’elle veut bien révéler, et les révélations vont bon train tout long de la saison. Que ce soit Elektra, Stick ou la Main, ils sont tous liés les uns aux autres dans une guerre sans fin.

Tueuse dans l’âme, elle oscille entre la folie meurtrière et une certaine forme de loyauté envers Stick et/ou envers Matt. À se demander lequel des deux représente le plus la figure paternelle à ses yeux. En comparaison à Franck Castle, elle en sort finalement comme beaucoup moins honorable.

daredevil-05Parlons un peu de La Main. J’en attendais beaucoup après la saison un. Et j’ai été déçu. Tout le battage mystique est… trop présent. Je sais que dans les comics c’est également le cas, mais nous atteignons là une part du Marvel Universe qui aurait plus sa place dans Docteur Strange que dans une série urbaine comme Daredevil. Un Nobu immortel, des rituels de sang, une guerre éternelle… Trop c’est trop, et l’histoire en perd de son intérêt. L’arrivée de Iron Fist va certainement changer cette vision et, pourquoi pas, s’imbriquer dans ce développement, mais me laisse sceptique.

La série n’oublie pas ce qui a fait le succès de sa première saison et nous permet également de suivre, le temps de quelques épisodes, Wilson Fisk en prison. Caïd un jour, Caïd toujours, il manigance pour diriger les détenus (et les gardiens). Pour ce faire, il n’hésite pas à utiliser Franck Castle pour une alliance contre-nature. Manipulateur et roublard, ce ne sont pas des barreaux qui vont l’empêcher d’œuvrer.

daredevil-03Commençant très fort avec le Punisher, la saison ralentit son rythme à partir de l’épisode quatre pour  se transformer en série policière plutôt que d’action. Si cela permettait de présenter une saison un homogène et intéressante, sur cette saison ce changement de rythme dessert l’histoire. Bon, la partie procès/enquête liée à Castle reste intéressante. Là encore, c’est ce focus sur Elektra/La Main qui m’a déplu. Du moins jusqu’à l’épisode final.

Et là, c’est du lourd ! C’est tout ce que j’aime dans le comic transposé à l’écran. L’osmose entre Daredevil et Elektra est tout bonnement parfaite, que ce soit dans les scènes de combat, leurs déplacements ou même leur entente, on frise la perfection. Et grosse, grosse érection lorsque le Punisher revêt enfin son fameux crane sur la poitrine. « Une froide journée en hiver« , à lui seul, rattrape toutes les imperfections dont a pu souffrir la saison deux !


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