Il est des sagas qui sont des monuments dans l’inconscient des lecteurs de comics, des montagnes auxquelles ont veut toujours s’attaquer, mais dont on repousse toujours l’ascension. Crisis on Infinite Earths en fait partie. J’ai pris mon temps pour attaquer le pavé édité chez Urban, mais ça y est, j’en suis venu à bout.

 

Allez, on sait tous de quoi il retourne. En 1985, DC Comics a voulu nettoyer un peu son historique. Faire table rase de ses cinquante ans d’histoire pour repartir de nouvelles bases, afin d’attirer un nouveau lectorat. Un reboot, quoi! Si ça te semble anodin, lecteur de 2019, en ces temps reculés ou n’existait ni internet, ni le téléphone portable, c’était une révolution. Jamais un éditeur n’avait, volontairement, bouleversé l’intégralité de sa ligne éditoriale. À l’heure actuelle, avec un reboot Marvel par an et quand même pas mal de changements permanents dans la totalité des publications, ça doit te sembler courant… Bref! C’était donc le bordel dans le DCU. Les Terres parallèles se multipliaient de façon exponentielle, pour ne pas dire infinie. Des versions différentes de chaque héros existaient et se télescopaient dans tous les sens, allant même jusqu’à des réunions annuelles de la JLA et de la JSA. Pas facile de s’y retrouver…

 

Fi de tout ça! Voici qu’arrive Monitor, une entité multidimensionnelle surpuissante bien décidée à stopper la vague d’anti-matière qui déferle sur le multivers. Ça te rappelle quelque chose? Toi, tu as regardé le crossover de la CW cette année!

Cette vague, donc, après s’en être pris à plusieurs Terres, se rapproche dangereusement de la Terre 1, celle du DCU classique. Tous les héros de toutes les Terres restantes vont s’unir pour empêcher la destruction des quelques Terres qui subsistent. Pour faire bonne mesure, même les super-vilains vont filer un coup de main, après avoir quand même essayé de conquérir le multivers. On ne se refait pas!

 

Autre grande nouveauté prévue pour cette saga : des héros majeurs vont mourir. Eh oui, tout d’abord Supergirl, mais d’autres vont suivre. Ne fais pas l’innocent, lecteur, tu as vu la couverture de la saga. Ces morts vont entraîner le reboot de certaines séries et personnages, introduisant des lignes scénaristiques qui perdureront longtemps, longtemps… Au point que pour certains lecteurs post-crisis les incarnations précédentes de leurs héros seront à jamais des « faux ». Oui, j’ai vécu ça aussi.

 

Crisis on Infinite Earths se termine donc avec un nouvel univers DC, tout beau et presque tout neuf, prêt à accueillir les lecteurs de chez Marvel. Pour ça, DC peut remercier le scénario de Mar Wolfman et les dessins de George Perez, grans spécialiste de la centaine de personnages sur chaque case.

Alors oui, c’est grandiloquent et ce en fait des caisses, les héros ont toujours l’air de prendre la pose. Mais, bon, c’est quand même un morceau d’histoire du comics qu’on se doit d’avoir lu, ne serais-ce que pour voir le look que pouvaient avoir certains héros aux costumes typiquement 80’s.

 

Au final, je suis sorti moitié satisfait, moitié déçu de ma lecture. Je repoussais depuis des années la lecture de ce monument, en en attendant tellement, que je ne pouvais arriver qu’à ce résultat. Je le conseille néanmoins, en prévoyant une certaine dose de patience.

 


  • Titre :Crisis on Infinite Earths
  • Broché: 544 pages
  • Editeur : Urban Comics (8 juillet 2016)
  • Collection : DC Essentiels
  • Langue : Français
  • ISBN-13:9782365778855
  • Prix : 35€

    
HISTOIRE
85%
   
DESSIN
85%
    
COLORISATION
80%
    
CARACTÉRISATION
85%
    
AMBIANCE GLOBALE
85%
   

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