Après un Tome 1 de très bonne facture, la série Conquêtes poursuit sa visite des exoplanètes susceptibles d’accueillir l’humanité avec le Tome 2, Deluvenn.

Une partie de l’humanité, constituée principalement de l’Empire Méditerranéen, erre dans l’espace à la recherche d’une planète pouvant les accueillir. Et il y a urgence! Tous les vaisseaux tombent en miettes et ne résistent que grâce au travail acharné de quelques mécanos, tel Idris. Buté, râleur et désabusé, ce colosse barbu ne rêve que de pouvoir terminer son service pour serrer ses enfants dans ses bras. Lorsqu’un officier lui demande de faire sa troisième vacation, il pète les plombs et le démolit. Mis aux arrêts, il continue néanmoins à assurer la maintenance jusqu’à l’arrivée sur Deluvenn, une planète submergée à 95% par des océans.

Les colons s’établissent sur les quelques îles et y découvrent les traces d’une ancienne civilisation. Sous l’eau, c’est la même chose, des ruines indiquent que des humanoïdes amphibiens ont habité la planète. Mais doit-on parler au passé?

Qui plus est, les vaisseaux survolant les mers découvrent des créatures gigantesques, les Léviathans, sortes de pieuvres géantes, qui semblent étroitement liées aux anciennes civilisations de Deluvenn. Il n’en fallait pas plus pour que ces céphalopodes télépathes s’intéressent aux humains.

Nicolas Jarry nous gâte, avec ce récit, par un personnage principal au fort caractère, fort en gueule, fort tout court. Mais qui n’a pas un petit pois dans la tête et qui comprend tout autant ses congénères que les machines. C’est sur lui et, par extension, toute sa petite famille, que va reposer la survie d’une partie de l’humanité sur cette planète inhospitalière. Dans sa caractérisation, Jarry ne fait aucun faux pas. Le personnage est cohérent. Je parle surtout d’Idris, car il est au cœur de l’histoire, mais sa famille ne démérite pas, que ce soit son fils, sa femme (ex-femme!!) ou sa sœur. Si leur caractérisation est un poil en-dessous, ils restent néanmoins des personnages vivants, au sens narratif du terme.

Les dessins de Bertrand Benoît, associés aux couleurs d’Olivier Héban, font largement penser à du Conan, dans sa période faste. Oui, je parle bien des volumes dessinés par John Buscema. D’ailleurs, Idris pourrait facilement tenir la dragée haute au Cimérien. Surtout qu’il affronte rien moins que Cthulhu, euh, des céphalopodes géants.

Vous l’aurez compris, on est dans un graphisme très comics, à l’encrage appuyé et à l’alternance de cases diverses au sein des planches. L’émotion transparait dans les dessins, qui font bien ressentir l’ambiance pesante qui règne sur Deluvenn, tout autant lors des scènes immergées que lors de celles se déroulant sur la terre ferme.

Même constat pour ce Tome 2 que pour le premier : c’est bon, c’est très bon. Si vous aimez les ambiances oscillant entre le gothique et la S.F, avec des personnages “qui en ont”, allez-y sans hésiter!


  • Titre:Conquêtes Tome 2 : Deluvenn
  • Album : 60 Pages
  • Editeur : Soleil (23 janvier 2019)
  • Collection : Anticipation
  • Langue : Français
  • ISBN: 978-2-302-07410-1
  • Prix : 15,55€


    
HISTOIRE
85%
   
DESSIN
90%
    
COLORISATION
85%
    
CARACTÉRISATION
90%
    
AMBIANCE GLOBALE
90%