Il y a des héros et des super-héros. Et parfois, il y a un truc qui nous fait tilt quand on le voit. C’est au hasard de mes farfouillages internetiques que je suis tombé sur un French comics pas comme les autres. Bon, pour commencer, Capitaine Anarchy, c’est un bébé issu du financement participatif. En 2014 ! OK, c’était il y a deux ans, mais je n’ai trouvé mon exemplaire que la semaine dernière…captain_i_want_you_002-4e9d4a5

French comics pas comme les autres, d’accord, mais pourquoi, vas-tu me dire, ô lecteur impatient ? Sérieux ? Bon, déjà, le titre « Capitaine Anarchy » ! Tous les super-héros dont le nom commence par Capitaine sont des parangons de vertu. Même le Capitaine Caverne. Alors coller « Anarchy » derrière, écrit à l’anglaise en plus, ça fait tâche. Et le fait qu’il porte un bouclier rend le contraste encore plus saisissant. Le scénario est d’ailleurs à l’avenant : Marcus, geek ventripotent dans toute sa splendeur et champion de jeu vidéo se trouve au Japon pour une compétition lors d’une convention. Malheureusement pour lui, sa compétition se déroule à côté de la centrale nucléaire de Fukushima. Un séisme et un tsunami plus tard, la convention est rasée et notre ami Marcus est transporté par les flots jusqu’au cœur de la centrale où il se fait irradier. Loin de développer de multiples cancers, son corps change [et ce n’est pas sale]. Il est ensuite secouru par un robot et un scientifique Nippon qui va l’étudier.

illus-cap-vs-crs-4e9d4d3Ça, ce n’est que l’origine. Le comics, lui, commence un an plus tard par la première apparition publique du Capitaine Anarchy qui s’en va mettre une peignée à un peloton de CRS réprimant une manif’. Le ton est donné pour les pages qui suivent et les méthodes du bon Capitaine. Et effectivement, elles se rapprochent plus de celles du Punisher que de Captain America. Ça ne lui pose aucun problème de buter les méchants. Bon, ils l’ont cherché, car ils torturaient un pauvre fonctionnaire qui n’avait à leur opposer que… son droit de réserve ! Et c’est ce que nous propose l’histoire de Cédric Latrique, un mélange entre super-héros, anarchie et humour décalé. Franchement, on adhère ou pas.

Côté dessins, Akar le Rouge [non, non, ce n’est pas un pseudo, je pense que c’est son vrai nom…] nous propose un trait assez sympathique, entre comics et comique qui sied bien au personnage central. On sent d’ailleurs une certaine influence manga également, notamment dans les designs de Ety le robot et de Takio. Les cases ont de la profondeur et le découpage est bien pensé. Mention spéciale aux splash pages qui ont le mérite de poser l’action, d’y donner un certain rythme, ralentissant un peu la lecture. Ben oui, il faut dire que les 34 pages sont vite lues. Pour 9€, le ratio temps/prix est limite, mais c’est le prix du soutien à la production hexagonale [astuce : quelques exemplaires à -30 % sont encore disponibles à la librairie Expérience, à Lyon].les_insoumis-4e9d4dd

Capitaine Anarchy est donc un album qui se démarque par son originalité et l’implication de ses auteurs. Un Tome 2 est d’ailleurs sorti en 2015, preuve d’un certain succès. Pas vraiment un pastiche, pas vraiment un pamphlet politique, je pense que Capitaine Anarchy est avant tout un exutoire, une grosse envie de dire « merde » à tous les super-héros bien pensants.