Chroniques Comics : Bonjour, Florent. Vous avez lancé Bliss Comics avec comme but premier de publier le catalogue Valiant en France, après l’abandon de celui-ci par Panini. Un an plus tard, quel recul avez-vous sur cette décision, tant sur le plan personnel que professionnel?

Personnellement, c’est une aventure géniale. Je suis arrivé là-dedans sans expérience, de fait j’en apprends tous les jours, avec chaque livre qui sort. Je grandis avec Bliss, c’est une superbe expérience. Professionnellement, c’est très enrichissant,  car on découvre une relation avec les lecteurs. L’aventure Bliss Comics qui fonctionne bien,  c’est extrêmement gratifiant.

J’ai été avant tout un fan, surtout de l’univers Valiant, avant d’être un éditeur. Du coup, je dois faire la part des choses, et prendre des décisions en tant qu’éditeur et non en tant que fan et là ce n’est pas facile, mais c’est très enrichissant.

C.C : Peut-on dire que Bliss est un succès après son premier anniversaire ? Autant sur le plan financier que sur tes attentes personnelles ?

Ah, ben clairement oui, au niveau de mes attentes personnelles ça les dépasse ! Je suis très, très heureux, mais très heureux de faire ce que je fais, d’avoir franchi le pas. Financièrement, je n’ai pas les chiffres, mais on continue de sortir des livres jusqu’à là fin de l’année et à priori l’an prochain aussi, donc oui je suis vraiment content !

C.C : Numérique ou papier, lequel est le plus intéressant pour vous?

Le papier, sans hésitation ! On a lancé la politique numérique pour remettre à disposition, le plus vite possible, les titres Panini pour les lecteurs. C’était surtout utile au tout début, aujourd’hui on propose déjà presque tous les titres que Panini avait sorti au format papier. Ça a un peu moins d’intérêt, mais au début, ça a été un engagement de notre part de rendre ces titres disponibles, mais clairement, pour nous, notre cœur, il est sur le papier !

C.C : Une question qui revient souvent, c’est : comment font-ils pour proposer des sorties de cette qualité à 10€? Vous avez une politique assez agressive sur le prix des nouveautés, c’est pour vous démarquer de la concurrence ou pour appâter le lecteur?

C’est beaucoup de choses : c’est un peu un appel pour le nouveau lectorat, c’est pour se mettre au diapason avec les autres éditeurs comme Urban, parce qu’on est dans un marché ultra concurrentiel. Il faut être au niveau et être un petit éditeur n’est pas pour nous une excuse pour ne pas faire des efforts et se mettre en concurrence avec les autres. On a choisi, dès le départ, plutôt que de s’adresser uniquement a une niche avec des tirages limités, etc. On rentre directement dans la cour des grands !

C.C : Vous êtes, depuis vos débuts, partenaires du FCBD. Cette manifestation est importante pour vous?

Le FCBD pour moi, en tant que lecteur, c’est un événement que je fais depuis plusieurs années, surtout en V.O et je trouve l’opération formidable. Je trouve que le fait que l’association Cinébdgoodies l’ait lancé en V.F est une vraie opportunité pour les lecteurs. Mais pour moi, ce qui manquait, c’est du vrai contenu inédit, pas des pages de preview, parce que c’est prendre les libraires pour des “imbéciles”. Parce que pour ceux qui ne le savent pas, le FCBD n’est pas  gratuit pour les libraires, du coup, chez Bliss, on a voulu faire du vrai contenu inédit. Comme lors de notre premier FCBD, avec le guide de l’univers Valiant, pour présenter l’univers au lecteur. Cette année on n’a pas fait de guide, mais on a proposé une histoire complète, accessible au nouveau, comme à l’ancien lecteur. On a voulu proposer un numéro de 72 pages au format kiosque. Et c’est un 100% inédit. Nous ne le proposerons pas avant 1 an en librairie.

 

C.C : Vous écumez également les conventions. Cette rencontre avec le lectorat est-elle essentielle pour vous? Et quels sont les retours que vous avez?

En effet c’est enrichissant pour nous, on va en convention pour être vraiment à la rencontre des gens qui nous connaissent ou pas. Du coup, si on ne présente pas l’univers aux curieux, ils peuvent passer à côté. Valiant n’a pas de film, de série télé ou autre. C’est bien moins connu, surtout quand tu n’es pas lecteur de comics régulier. On est là pour faire découvrir et partager notre amour de cet univers, et avec les conventions, on a la chance de pouvoir mettre en avant les artistes que nous invitons. C’est important, car j’ai grandi avec des auteurs de comics et non des personnages de comics. Et proposer aux gens un échange avec leurs auteurs préférés, comme j’aime le faire, je trouve que c’est un vrai plus.

C.C : Vos premières intégrales sont sorties cette année. Il s’agissait d’une demande du lectorat ou d’une volonté de votre part?

À la base, c’est venu de notre propre volonté de rééditer dans de beaux bouquins. Mais très vite, les gens ont demandé les première séries publiées par Panini, et au début, c’était difficile pour nous de proposer des titres d’un univers qui n’existait quasiment pas en France en intégrale. À la base, on n’avait pas prévu d’en sortir autant si vite, car c’est du matériel qui coûte cher, qui demande énormément de travail, parce qu’une intégrale de 600-800 pages à la relecture, à la correction, c’est un vrai cauchemar ! On passe des heures dessus et parfois vient le moment où on ne voit plus les erreurs ! Mais lors du lancement d’Archer et Armstrong, quand on a vu son succès, c’était un véritable plaisir ! C’était la série de mon cœur !

C.C : Votre catalogue s’est largement étoffé en très peu de temps. Quel est votre plus gros succès ? As-tu la possibilité d’éditer des séries du premier univers Valiant ?

On n’a pas encore un recul nécessaire, mais Faith est notre plus grosse mise en place en librairie, reste à voir les résultats [rires]

Pour le premier univers Valiant, j’ai les droits, je peux publier ce que je veux, à l’exception de Turok, Solar, etc… qui sont des perso Golki, mais est ce que je vais le faire ? Non, clairement pas de suite. Pour le moment c’est old school, ça a vieilli, mais y a quand même des choses intéressantes, alors pourquoi pas dans quelques années. À voir…

C.C : Vous aviez évoqué lors d’une interview la possibilité d’élargir votre catalogue à d’autres titres que Valiant, une fois votre place assurée dans le paysage éditorial français. Qu’en est-il?

Oui, on a un projet, qui est en cours et annoncé pour le mois de novembre : Love is Love ! (dont tous les bénéfices seront reversés à des associations LGBT)

C.C : Merci de nous avoir accordé de votre temps.

 

 

 


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