Tout bon récit d’horreur se doit d’avoir une suite. Chez Flesh & Bones, ils l’ont bien compris et nous proposent donc Bikini Atoll 2! Vous le savez, j’aime beaucoup cette collection et, si l’on s’en réfère à loi des suites de Scream… bon, je ne me souviens plus bien, mais je crois que ça disait qu’il fallait que la séquelle soit PLUS que l’original. Allez, direction les îles Bikini.

 

On commence là où s’est arrêté le Tome 1. Lysette est coincée sur l’île avec Alan depuis maintenant un mois. Elle gère la situation comme elle peut après les événements du premier Tome. Heureusement pour eux, un bateau passe à proximité et ils se croient sauvés. Malheureusement pour eux, il s’agit du tournage d’une pub, et le réalisateur et ses starlettes en ont pour 10 jours de tournage sur l’île, qu’ils pensaient déserte. Devant un réalisateur borné et son troupeau de bimbos, Lysette n’a pas d’autre choix que d’accepter de rester jusqu’à la fin du tournage. Après tout, il n’y a plus aucun risque. Hein…?

 

Christophe Bec maîtrise son suspense. Le Tome est long à démarrer, l’action prend du temps à se mettre en place pour arriver par là où on ne l’attend pas. Si vous avez lu le premier Tome, vous savez que les irradiations des essais nucléaires sur l’atoll des îles Bikini avaient créées deux monstres : un humain [sorte de croisement du Toxic Avenger] et un requin monstrueux. Vu que le second a bouffé le premier, on se dit que le danger vient de la mer. Oui, mais non. Ce n’est pas pour rien que Bec nous propose tout un laïus historiquement intéressant sur le sort des habitants des lieux, déportés sur les îles Marshall. Surtout, il nous explique comment et pourquoi ils se sont radicalisés. Cette déshumanisation de ces anciens habitants s’avère donc un twist plausible aux événements qui vont se dérouler sur l’île. Et comment on va se retrouver face à des corps irradiés et de la barbaque découpée.

 

Et l’atelier boucherie, c’est Bernard Khattou qui s’en charge! Alors oui, il s’y entend pour nous montrer des corps brûlés par l’irradiation, des meurtres et de la torture. Sa description des lieux abandonnés sur l’île permet de se mettre dans l’ambiance du récit d’horreur. Mais le côté paradisiaque des Bikini pète également à nos yeux ébahis, généralement grâce aux splash pages qu’on avait aussi dans le premier Tome. C’est tout? Je n’oublie rien? Ah, si! Les mannequins devant tourner dans la fameuse pub. Et dans les dessins de femmes en tenue de bain échancrée, Khattou excelle. Ses personnages féminins sont tous plus beaux les uns que les autres et on ne sait plus où donner de l’œil [sans sexisme, aucun, hein]. Le tout est proposé dans un noir et blanc très propre qui magnifie le trait.

 

Bikini Atoll n’était pas prévu pour avoir de suite [à moins que les auteurs nous l’aient caché]. Au départ, l’histoire de ce qui est devenu le Tome 1 était un one-shot. Mais ce second volume s’intègre parfaitement dans une continuité intelligente de l’histoire, si l’on fait abstraction du Deus ex Machina de l’arrivée du bateau. Mais je dois avouer que ce volume a un é-nor-me défaut : il s’arrête net en nous faisant attendre une suite. Et ça, c’est inadmissible. Il va m’être impossible d’attendre la publication du Tome 3 et j’en appelle aux éditions Glénat pour lancer dare-dare la publication.

 


  • Titre :Bikini Atoll Tome 2
  • Broché: 128 pages
  • Editeur : Glénat (20 juin2018)
  • Collection : Flesh & Bones
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 978-2-413-01078-4
  • Prix : 9,99€

    
HISTOIRE
85%
   
DESSIN
90%
    
COLORISATION
--%
    
CARACTÉRISATION
80%
    
AMBIANCE GLOBALE
85%