Lors de sa sortie, en 1991, Red Rain s’est imposé comme un classique immédiat. Il aura fallu à cette histoire plus de quinze ans pour traverser l’atlantique et être publiée, une première fois, en Français. Avec Batman : Vampire, Urban Comics nous propose une édition intégrale, reprenant non-seulement Red Rain, mais également ses suites Blood Storm et Crimson Mist.

Attention ! Cette chronique comporte de nombreux spoilers.

Située dans l’univers Elseworlds, c’est à dire hors-continuité, cette trilogie voit Batman confronté aux vampires et au vampirisme.

Dans la première partie, Batman se voit opposé à Dracula et ses séides, qui ont jeté leur dévolu sur Gotham. Avec l’aide de Tanya, vampire qui lui apprend que tous les vampires ne sont pas mauvais, il devra accepter leur existence. Plus que ça, il va se retrouver changé malgré lui pour avoir la force nécessaire à vaincre le seigneur des vampires.

La seconde partie confronte Batman à sa nouvelle nature de vampire suite à la morsure infligée par Dracula. Force œuvrant pour le bien, il utilisera ses dons pour nettoyer Gotham des derniers vampires restant, associés au Joker. Batman devra également mener une lutte interne pour ne pas succomber totalement à sa soif de sang humain.

La troisième partie voit un Batman devenu ce qu’il a toujours méprisé, utiliser ses facultés vampiriques pour éradiquer totalement le crime de Gotham. Seuls Gordon et Alfred feront office de dernier rempart face à sa soif de sang.

Pour les parties un et deux, le scénario de Doug Moench s’applique à démontrer l’utilisation que pourrait faire Batman du “don” de vampirisme. Sa nature humaine prédomine systématiquement face à sa part démoniaque. La troisième partie le voit, par contre, totalement sous l’emprise du vampirisme et devenu une véritable entité démoniaque, chassant néanmoins le criminel. Traité comme une maladie, le vampirisme dans ce volume fait inévitablement penser à une forme de démence meurtrière à laquelle le héros doit faire face pour ne pas ressembler à ceux qu’il pourchasse. L’utilisation du Joker et la fin de la seconde partie en sont d’ailleurs le point d’orgue. Ce qui me laisse penser que Crimson Mist, sorti huit ans après Red Rain, ne se pose pas comme un récit indispensable. S’il est jusqu’au-boutiste dans sa démarche, il ne possède pas les qualité du premier opus, que ce soit au niveau moral, scénaristique ou graphique.

D’ailleurs, le dessin de ce[s] volume[s], est assuré par Kelley Jones. Si la première partie est superbe, à mi-chemin entre les graphismes de Mignola et l’art gothique, tout en gardant une identité visuelle propre, le reste n’est pas à l’avenant. Je suis même allé jusqu’à me demander si c’était toujours le même dessinateur dans la dernière partie, tant le graphisme change pour sombrer dans une sorte de style caricatural.

L’encrage, par Malcolm Jones III dans le premier épisode, puis par John Beatty dans les suivants, ne peut pas être la seule explication à ce changement. Du coup, si on se trouve dans une suite logique au niveau scénaristique, assimilable à une descente aux enfers, il est dommage que le dessin ne suive pas le même chemin.

Fan absolu et inconditionnel de Red Rain, cette réédition m’enthousiasmait car elle allait me permettre de relire la seconde partie, mais également découvrir la troisième. Las ! Arrêtez-vous page 196 et profitez de votre lecture, les cent dernières pages pouvant être facilement oubliées.


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